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"Ça ne servira à rien" : pourquoi Moscou et Kiev se livrent une "guerre des trêves" avant le 9 mai

Moscou propose une trêve autour du 9 mai, jour hautement symbolique pour le pouvoir russe. Mais pour Kiev, cette pause temporaire ressemble surtout à une opération de communication, sans garanties sérieuses ni perspective réelle de négociations durables.

Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine

Crédit : Montage RTL/AFP

"Je ne fais pas confiance aux Russes" : en Ukraine, un cessez-le-feu se profile à l'occasion des commémorations de la victoire de la Seconde Guerre mondiale

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Stéphane Siohan & Eléonore Aparicio

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C'est une trêve qui ne laisse entrevoir aucune issue. Moscou a proposé un cessez-le-feu temporaire autour des commémorations du 9 mai, date symbolique célébrant la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie.
La Russie célèbre cette victoire avec un grand défilé militaire sur la place Rouge, en présence de Vladimir Poutine. Un rendez-vous hautement symbolique pour le pouvoir russe.
Dans ce contexte, le Kremlin redoute d’éventuelles attaques de drones ukrainiens, qui viendraient perturber ces commémorations et mettraient en lumière les failles de la sécurité russe. L'initiative russe manque de crédibilité selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui estime qu’elle relève davantage d’une opération politique que d’une réelle volonté de paix.

Ils sont persuadés que ce jour-là, nos drones vont leur tomber dessus.

Katia, une habitante de Kiev

Un sentiment partagé par les Ukrainiens. Sergei, manager à la télévision publique de Kiev, ne se fait aucune illusion. "Je ne fais pas confiance aux Russes, ils ont prouvé à maintes reprises qu'ils étaient des menteurs. Mais même si ça marche, ça ne servira à rien. C'est juste quelque chose de formel. Et après ? Ça ne me procure aucune joie", confie-t-il sur RTL.

"Les Russes ont proposé cette histoire de cessez-le-feu le 9 mai parce qu'ils sont persuadés que ce jour-là, nos drones vont leur tomber dessus, que nos drones vont arriver à Moscou", estime Katia, une habitante de Kiev, sur RTL.

"En fait, c'est un peu une opération psychologique, un jeu. Du coup, eux, ils veulent un cessez-le-feu le 8 et 9 mai. Et nous, on leur dit, ben non, ce sera le 5 et le 6. Maintenant, c'est nous qui dictons aux Russes les règles du jeu", ajoute-t-elle.

53 drones ukrainiens abattus au-dessus de son territoire

Après la proposition russe d'une trêve, l'Ukraine a annoncé un cessez-le-feu, mardi 5 mai. Cessez-le-feu qui est resté sans réponse. Selon le ministre des affaires étrangères ukrainien, les attaques russes "se sont poursuivies toute la nuit, y compris des frappes matinales sur Kharkiv et Zaporijjia", au nord-est et sud-est de l'Ukraine.

Le ministère russe de la Défense a déclaré de son côté avoir abattu 53 drones ukrainiens au-dessus de son territoire entre 21h et 7h, heure de Moscou, un nombre nettement inférieur aux plus de 200 recensés les nuits précédentes.

Pour Zelensky, ces attaques montrent que Moscou ne respecte pas ses propres engagements. Le président ukrainien accuse ainsi la Russie d’utiliser les cessez-le-feu comme des outils de communication destinés à améliorer son image internationale, notamment lors d’événements symboliques comme les célébrations du Jour de la Victoire à Moscou.

Un cessez-le-feu qui n'est pas propice aux négociations

Le chef de l’État ukrainien reproche également à Vladimir Poutine de proposer des trêves trop courtes pour permettre de véritables négociations.

Selon lui, quelques jours de pause ne suffisent pas à construire une solution diplomatique durable. Zelensky affirme vouloir un cessez-le-feu sérieux, contrôlé et accompagné de garanties internationales, plutôt qu’une suspension temporaire des combats décidée unilatéralement par Moscou.

Cette défiance s’explique aussi par des précédents. Ces derniers mois, plusieurs tentatives de trêves temporaires, notamment à Pâques ont rapidement été accompagnées d’accusations mutuelles de violations. L’Ukraine et la Russie se sont régulièrement reproché de poursuivre les bombardements malgré les annonces officielles de cessez-le-feu.

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