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Le PDG d'Orange va se rendre en Israël pour couper court à la polémique

Stéphane Richard a fait savoir qu'il acceptait l'invitation de l'État hébreu, à l'issue de plusieurs jours de tensions diplomatiques.

Le PDG d'Orange Stéphane Richard le 6 février 2014 à Lyon
Le PDG d'Orange Stéphane Richard le 6 février 2014 à Lyon
Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Successivement accusé de soutenir la colonisation dans les Territoires palestiniens, puis de vouloir boycotter Israël, le groupe Orange se retrouve en pleine crise diplomatique. Afin de désamorcer la polémique, son PDG Stéphane Richard va se rendre dans le pays

"Le gouvernement d'Israël a invité (le PDG d'Orange Stéphane Richard) à se rendre en Israël", a indiqué un responsable gouvernemental israélien, sous couvert d'anonymat, dimanche 8 juin à l'AFP

Selon cette source, Stéphane Richard avait sollicité un entretien avec l'ambassadeur d'Israël à Paris. Mais ce dernier a reçu l'ordre de ne pas rencontrer le PDG d'Orange et de lui proposer à la place de se rendre en Israël. À Paris, un porte-parole de l'opérateur a indiqué dimanche à l'AFP que Orange "accueille favorablement" l'invitation d'Israël et que son PDG Stéphane Richard s'y rendra "prochainement" pour y "réaffirmer l'engagement du groupe".

Orange veut "mettre un terme à la polémique"

Depuis mercredi, le groupe français cherche à éteindre la polémique déclenchée par des propos tenus au Caire par Stéphane Richard sur la volonté de son groupe "de retirer la marque Orange d'Israël". 

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Selon le porte-parole du groupe, ce voyage "permettra à Stéphane Richard de clarifier ce malentendu (...)  et d'apporter toutes les précisions nécessaires pour mettre un terme à cette polémique et y réaffirmer l'engagement du groupe".

Orange "va rester" en Israël

La déclaration litigieuse, interprétée par certains comme une tentative de boycotter Israël, avait soulevé une tempête de critiques dans l'État hébreu, y compris du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dès samedi, le patron du groupe a assuré à l'AFP que "Orange est présent en Israël pour y rester". Le groupe y est notamment actif au travers de deux filiales.

Accord avec un opérateur israélien

Stéphane Richard a expliqué que la volonté de son groupe de mettre fin à la licence permettant à l'opérateur israélien Partner d'utiliser la marque Orange en Israël, mais également dans des colonies en Cisjordanie occupée, était uniquement motivée par sa stratégie de marque, et non par des considérations politiques.

L'État hébreu est en effet le seul pays dans lequel Orange est présent sans exploiter lui-même sa marque, en vertu d'un accord signé avec Partner par le groupe britannique Orange, avant le rachat de ce dernier en 2000 par France Télécom, qui a ensuite pris le nom d'Orange.

Orange n'a pas convaincu Israël

La mise au point du patron d'Orange n'a toutefois pas été bien reçue par Partner, qui l'a qualifiée samedi "d'écran de fumée, dont le but est de manipuler l'opinion publique en Israël et dans le monde". Partner a en outre demandé un contact direct avec Stéphane Richard.

Benjamin Netanyahu ne s'est pas non plus montré très convaincu par la position conciliante de Stéphane Richard. Il a affirmé dimanche que les "mots d'admiration (du PDG) pour Israël ne cadrent pas avec les propos clairement hostiles qu'il a tenus au Caire".

Ces propos, tenus quelques semaines après la publication d'un rapport accusant Orange de soutenir indirectement la colonisation israélienne via Partner, ont touché un point sensible en Israël.

Les "amis d'Israël" mobilisés

Les tentatives internationales de boycott, destinées à faire pression sur l'État hébreu pour qu'il mette fin à l'occupation des Territoires palestiniens, sont revenues au coeur du débat politique. 

À l'issue de la réunion hebdomadaire de son cabinet, Benjamin Netanyahu a expliqué dimanche qu'Israël préparait une "offensive" face "aux mensonges, aux accusations vides et aux boycotts" qui, selon lui, ne visent qu'à saper l'existence même de l'État.

Et, selon le ministre de l'Éducation Naftali Bennett, chef d'un parti nationaliste religieux et partisan de la colonisation, la mobilisation "des amis d'Israël dans le monde entier, juifs et non-juifs" contre Orange a fonctionné. "Beaucoup d'entre eux ont dit à Orange qu'ils allaient se désabonner. La pression a marché, Orange s'est corrigé et s'est excusé", a-t-il assuré dimanche, en marge d'une conférence sur la sécurité près de Tel-Aviv.

Nicolas Sarkozy attendu en Israël

"Que les entreprises ou organisations qui envisagent de boycotter (Israël) sachent que nous répondrons (...), que des dizaines de millions de partisans d'Israël à travers le monde ont un pouvoir d'achat et de boycott", a-t-il averti. 

C'est dans ce contexte sensible que Nicolas Sarkozy se rend ce lundi à Jérusalem et Ramallah, pour rencontrer notamment Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas. 

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