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Un automobiliste s'apprête à faire le plein de carburant de son véhicule. (Illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Les prix à la pompe n'en finissent plus de grimper. Le gazole a atteint un nouveau record, ce dimanche, à près de 2,41 euros le litre en moyenne en France, tandis que le SP95-E10 dépasse 2,17 euros. Dans ce contexte de flambée durable, le gouvernement doit annoncer, ce mardi 22 septembre à Bercy, de nouvelles mesures d'aide pour tenter d'amortir le choc pour les Français.
En attendant, sur le terrain, certains automobilistes cherchent déjà des solutions pour alléger la facture. Mélanges artisanaux, carburants détournés ou usages non autorisés : ces pratiques relèvent souvent du "système D". Elles peuvent permettre d'économiser quelques dizaines, parfois quelques centaines d'euros par mois. Mais elles exposent aussi à des risques mécaniques, fiscaux et pénaux parfois très lourds.
Certains choisissent d'utiliser du GNR, le gazole non routier réservé aux engins agricoles et de chantier. Reconnaissable à sa couleur rouge, ce carburant coûte autour de 1,94 euro le litre, soit plus de 40 centimes de moins que le diesel classique.
En Lorraine, un artisan de 50 ans raconte ainsi faire rouler son 4x4 avec ce carburant. À la clé, selon lui, entre 250 et 300 euros d'économies par mois. "On n'arrive plus à joindre les deux bouts", explique-t-il sur RTL. Une pratique assumée au nom du pouvoir d'achat, mais totalement interdite pour un véhicule particulier.
Autre combine, plus artisanale encore : l'huile de friture. Certains automobilistes l'utilisent en mélange avec du carburant classique, surtout sur des véhicules anciens.
L'objectif est simple : réduire le coût du plein. Dans la Creuse, un conducteur de Citroën C5 assure ainsi dépenser "85 euros au lieu de 120 euros". L'économie est réelle sur le moment, mais cette pratique n'est pas prévue pour un usage routier ordinaire et peut être assimilée à une fraude.
Autre tentation : couper l'essence avec du superéthanol E85, vendu autour de 90 centimes le litre. Certains conducteurs roulent ainsi sans boîtier homologué, en misant sur un mélange "maison".
"J'ai testé, ça marchait", raconte l'un d'eux à RTL. Selon les chiffres recueillis, 15% des automobilistes roulant à l'essence auraient déjà essayé cette solution au moins une fois. Le gain peut représenter quelques dizaines d'euros sur un plein, mais sans équipement adapté, le véhicule n'est pas en conformité.
Mais attention, ces pratiques peuvent coûter bien plus cher que ce qu'elles rapportent. Pour le GNR, l'avocat en droit routier Ruy Manuel Pereira parle d'une "fraude douanière, pénale et fiscale". À la clé : jusqu'à trois ans d'emprisonnement, la confiscation du véhicule et le remboursement de la différence de taxation. Même logique pour l'huile de friture, qui peut elle aussi relever de la fraude fiscale.
Concernant le E85, la conversion n'est légale qu'avec un boîtier homologué, facturé entre 600 et 1.200 euros. Sans cela, prévient Alexis Landrieu, fondateur de Biomotors, "ce n'est pas légal". En cas d'accident, l'assurance peut contester la conformité du véhicule et chercher à établir un lien avec le carburant utilisé. En clair, le "système D" peut vite virer au très mauvais calcul...
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