3 min de lecture CAC 40

Bourse : 56 milliards d'euros versés aux actionnaires du CAC 40 en 2014

REPLAY / ÉDITO - En 2014, les entreprises du CAC 40 ont distribué 56 milliards d'euros à leurs actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions.

Francois Lenglet ok Lenglet-Co François Lenglet iTunes RSS
>
Bourse : 56 milliards d'euros versés aux actionnaires du CAC 40 en 2014 Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet Journaliste RTL

Les entreprises du CAC 40 auraient distribué 56 milliards d'euros à leurs actionnaires l'an dernier. C'est un montant quasiment sans précédent.

Nous aurions presque retrouvé le niveau de 2007, le plus haut jamais enregistré, selon la lettre spécialisée Vernimmen, citée par Les Echos (daté du 9 février). 56 milliards d'euros versés aux actionnaires de ces quarante entreprises, c'est plus que ce que rapporte l'impôt sur les sociétés en une année.
Cela s'est fait avec des dividendes, c'est-à-dire une sorte de rémunération versée à tous les détenteurs d'actions, et avec des rachats d'actions, lorsque l'entreprise rachète, à la bourse, ses propres actions, ce qui fait monter les cours et enrichit ses actionnaires.

Les entreprises les plus généreuses avec leurs actionnaires sont LVMH, L'Oréal, Total, Sanofi et GDF-Suez.

La France de l'extérieur

Ces milliards viennent des profits réalisés par les entreprises du CAC l'année dernière. Mais comment peuvent-elles faire de tels profits, alors que nous sommes en croissance zéro ? En fait, elles ne vivent en France qu'à la marge. Elles réalisent 70% de leur chiffre d'affaires à  l'étranger, et les deux-tiers de leurs salariés sont également à l'étranger.

À lire aussi
économie
Coronavirus : quel bilan 2020 pour la bourse de Paris ?

Le CAC 40, c'est une petite France à part. C'est la France de l'extérieur, dont la rentabilité n'a rien à voir avec la rentabilité des entreprises qui opèrent sur le sol national. Plus ça va, plus elles s'internationalisent.

Toute la croissance des dernières années s'est faite en dehors des frontières, en profitant de la progression des marchés à l'international ou en rachetant des entreprises étrangères.

Le CAC 40, c'est une petite France à part

François Lenglet
Partager la citation

Les salariés français du CAC 40 sont parmi les mieux lotis du pays. Les rémunérations y sont plus élevées qu'ailleurs - la proportion des salariés au Smic est faible dans ces entreprises.

Les augmentations de salaire sont en général aussi plus fortes que dans les PME. Il y a bien souvent des programmes d'intéressement, qui permettent de redistribuer une partie des bénéfices.

Aristocratie moderne

En 2013 toutefois toutefois, ça n'était qu'une faible part, les trois-quarts de ce qui a été distribué l'ont été aux actionnaires.

Les gagnants, ce sont les cadres supérieurs de ces très grandes entreprises, qui sont à la fois salariés - avec des avantages importants comme une forte sécurité de l'emploi, voire avec les 35 heures - et actionnaires, avec des stock-options. Ils ont les avantages des deux systèmes. C'est une sorte d'aristocratie moderne.

Une petite moitié de ces 56 milliards donnés aux actionnaires part à l'étranger, puisque 47% des actionnaires du CAC sont non-français (américains d'abord, puis britanniques et allemands).

L'autre moitié reste en France : pour une bonne part dans les banques et les sociétés d'assurance, et pour 10 à 12% seulement chez les particuliers français, qui détiennent des actions en direct.

En réalité, une partie de ce qui est détenu par les compagnies d'assurances revient aussi aux particuliers, car ce sont souvent via des contrats d'assurance-vie chez eux.

Taxations diverses

Cet argent est taxé de plusieurs façons en France. Il y a d'abord une taxe sur les dividendes distribués, qui rapporte près de deux milliards par an. Ensuite, la moitié qui s'en va à l'étranger est pour l'essentiel taxée à l'étranger.

Quant à la moitié française, elle nourrit les caisses budgétaires françaises, via les prélèvements sur les revenus du capital, qui ont été augmentés à plusieurs reprises, et par Nicolas Sarkozy, et par François Hollande.

Enfin, l'État lui-même va toucher quelques-uns de ces 56 milliards d'euros, parce qu'il est l'un des plus gros actionnaires de pays.

RTL vous recommande
Lire la suite
CAC 40 Bourse Entreprises
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants