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35 euros de plus : pourquoi certains clients EDF ont vu leur facture d'électricité exploser en mars

Les abonnés Tempo, qui paient leur électricité en fonction de la demande du jour, ont dû composer avec un prix du kWh plus élevé en mars que les mois précédents. La faute à un hiver doux et à un contrat très strict.

Un homme règle la température de son chauffage (illustration).

Crédit : Sina Schuldt / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Chloé Berry

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"Merci à EDF pour nous avoir fait découvrir le Groenland pendant 12 jours." Ce sont les mots d'un abonné à l'offre Tempo du fournisseur d'électricité français que l'on a pu lire sur un groupe Facebook réservé à ses souscripteurs ces derniers jours.

Pour comprendre la colère de ce consommateur, il faut un peu connaître le principe des "jours Tempo". "Cette option tarifaire consiste à payer moins cher lorsque la consommation globale d'électricité est peu élevée et plus cher lorsque celle-ci est forte", définit EDF sur son site. En France, ils sont 900.000 à avoir choisi ce contrat. Et certains ont eu une mauvaise surprise en mars.


La veille pour le lendemain, les abonnés sont notifiés de la couleur du jour : bleu (faible consommation), blanc (intermédiaire), rouge (forte consommation). Lors des jours rouges, le prix du kWh est trois fois plus cher que le reste du temps. Il faut alors bien souvent prendre ses dispositions pour éviter de faire exploser la facture. Reporter une machine, éteindre son chauffage… Quand c'est l'histoire d'un jour, pourquoi pas. Pendant deux semaines, cela paraît plus compliqué.

C'est pourtant ce qu'il s'est produit au mois de mars. En jetant un coup d'œil au calendrier d'EDF, on constate qu'il y a eu 13 jours rouges en mars, contre 1 en février, 6 en janvier et 2 en décembre. Mais pourquoi une telle différence ? Contacté par RTL.fr, RTE botte en touche et préfère décliner la question. Pour rappel, si EDF propose l'offre Tempo, c'est bien le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France métropolitaine qui décide de la couleur des jours depuis 2014

13 sur 22 : le compteur des jours rouges a explosé en mars

Pour mieux comprendre, il faut savoir que RTE doit placer 22 jours rouges dans le calendrier, hors week-ends et jours fériés. Ceux-ci correspondent aux pics de consommations hivernaux, où les chauffages fonctionnent généralement à plein régime. Pour placer ces 22 jours, le gestionnaire a une période à respecter : ils doivent être posés entre le 1er novembre et le 31 mars. 

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"Comme le prévoit le cadre réglementaire, ces 22 jours sont systématiquement placés. Ils intègrent un critère de niveau de consommation d’électricité à l’échelle nationale, qui dépend elle-même de différents facteurs et notamment des conditions météorologiques", nous explique RTE.

En raison d'un hiver particulièrement doux, les Français n'ont pas eu besoin d'allumer autant leur chauffage qu'avant. La tension entre l'offre et la demande d'électricité étant alors moins forte que d'habitude, RTE n'avait pas de raison de placer des jours rouges pendant l'hiver. Obligé de les placer quand même dans son calendrier, le gestionnaire a fait le choix de les fixer du 16 au 31 mars sans interruption (hormis les week-ends). 

En mars 2026, les abonnés Tempo ont eu le droit à 13 jours rouges, soit plus de la moitié des jours du compteur de RTE.

Crédit : Capture d'écran EDF Particulier

Des jours rouges qui font débat au sein de la communauté Tempo

"Demain, nous allons pouvoir rallumer le chauffage… pour faire fondre la glace", "on va commencer à respirer", peut-on lire dans ce groupe. Une abonnée va jusqu'à partager les chiffres de sa consommation. À énergie dépensée égale, le mois de mars lui coûte 35 euros de plus que celui de février. Un autre a été jusqu'à prendre la décision de résilier son contrat avant le mois de mars : "j'en avais marre de payer 5 euros mes journées fantômes", justifie-t-il. 

"RTE rappelle que le signal Tempo, et les offres de fourniture qui ont été librement souscrites par les consommateurs concernés, répond à des règles transparentes", leur répond le gestionnaire. Mais RTE n'a pas besoin de se défendre, l'acteur peut compter sur sa communauté, qui se charge d'arrondir les angles pour lui. 

Dans le groupe Facebook, les plus fiers des consommateurs vont jusqu'à recadrer ceux qui oseraient critiquer un modèle qu'ils jugent avantageux au bout du compte, les invitant à revoir leur abonnement. Tempo un jour, Tempo toujours. 

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