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Vatican : le pape François va-t-il gagner contre les frondeurs ?

REPLAY - Le synode des évêques, qui se tient en ce moment à Rome, s’achèvera le 25 octobre. Ce jour-là, on saura si le souverain pontife a réussi son pontificat.

Rémi Sulmont
Rémi Sulmont
Vatican : le pape François va-t-il gagner contre les frondeurs ?
03:24
Loïc Farge
Loïc Farge

Le pontificat du pape François se joue en grande partie maintenant, dans un bâtiment à gauche de la basilique Saint-Pierre de Rome. Personne ne sait - sauf peut-être l’Esprit Saint - qui, du pape réformiste ou des conservateurs, va sortir victorieux de ces trois semaines de débats. Depuis dix jours, se tient le synode sur la famille. C'est un peu un parlement de l’Église catholique, que le pape convoque sur un thème précis. Cette fois, des cardinaux, des évêques mais aussi des couples, des experts, venus du monde entier, au total 274 catholiques doivent notamment se mettre d’accord sur deux sujets brûlants qui focalisent l’attention : la place des divorcés remariés et celles des homosexuels dans l’Église.

Il y aura un vote sur un document final. L’année dernière, lors de la première partie de ce synode, le pape avait essuyé un camouflet. Le texte avait rejeté, étalant les divisions de l’Église catholique, secouée par le souverain pontife argentin. Il ne peut pas se permettre un nouvel échec, qui étalerait encore plus les divisions de l'Église qu'il a secouée. François a changé les règles du concile et tenté de trouver un compromis pour rallier les centristes.

Manœuvres en coulisses

Pour l’instant à Rome on débat, et surtout on manœuvre en coulisses. Il y a quelques jours a été révélée une lettre envoyée par treize cardinaux frondeurs à leur patron, qu’ils accusent d’avoir faussé les débats du concile avec les nouvelles règles. Parmi eux figurait le cardinal de Paris, André Vingt-Trois, qui a immédiatement démenti avoir signé. Cette lettre témoignent en fait de la violence des échanges qui surprend même Marco Politi, l’un des meilleurs vaticanistes italiens et auteur du livre François parmi les loups.

"Dans la curie, et surtout dans l'Église mondiale, les loups sont devenus plus agressifs", fait-il remarquer. "Il y a une campagne très dure contre le pape François. On dit qu'il est populiste et démagogue, qu'il va désacraliser le rôle du primat papal. On veut détruire l'adversaire", poursuit-il.

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"Détruire l’adversaire" ou l'épuiser. Le but des conservateurs serait de freiner le pape avant qu’il ne démissionne dans quelques années, comme il l’a laissé entendre. Sauf que le "la dynamique, soutenue par l’immense majorité des catholiques, est en route", nous dit un des évêques français qui participe au synode.

Un pape leader des progressistes

La question qui se pose en réalité, c’est de savoir si François a été suffisamment habile pour réformer l’Église. N'y est-il pas allé trop fort ? S'il y a des loups, ce pape jésuite et argentin est loin d'être un agneau. À Noël dernier, il est entré en guerre ouverte contre son propre gouvernement, dont il a listé les quinze maladies dans un discours stupéfiant. Le pape, tout juste revenu de sa tournée triomphale aux États-Unis, a les médias avec lui mais la curie contre lui.

"On dit qu’il est l’homme le plus puissant du monde, mais il a bien du mal à gouverner", résume Jean-Marie Guénois, le meilleur vaticaniste français. Le problème c'est que le pape n’est plus l’arbitre au Vatican. Il est le leader du camp progressiste. C'est beaucoup moins confortable pour réformer et tenter de dompter les loups, comme l’avait fait, dit-on, Saint-François d’Assise, dont le pape se réclame.

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