2 min de lecture Fiscalité

"Une nouvelle taxe pour les poids-lourds est incompréhensible", juge François Lenglet

ÉDITO - La nouvelle ministre des Transports, Elisabeth Borne, songe à taxer les poids lourds sur les nationales. Un pari risqué.

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François Lenglet : "Une nouvelle taxe pour les poids-lourds est incompréhensible" Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Dans Les Échos (daté du mercredi 5 juillet), la ministre des Transports, Elisabeth Borne, jugeait nécessaire de "réfléchir à une façon de faire payer (les) poids lourds". Elle évoque différente solutions, en particulier la mise en place de péages sur les routes nationales, qui permettront de frapper les routiers qui les empruntent. Elle nous explique que les régions françaises sont bien sûr très désireuses de trouver de nouvelles ressources.

Ce qui peut choquer, c'est l'annonce de la création d'un nouvel impôt quelques heures seulement après que le chef du gouvernement a annoncé qu'il différait la quasi-totalité des baisses d'impôts, que le candidat Macron avait promise. Non seulement la France va rester au niveau de prélèvement record d'aujourd'hui (au moins jusqu'en 2019), mais en plus les ministres, à peine en fonction, se mettent à créer des impôts nouveaux. Cela ressemble un peu à du François Hollande. Ce qui n'est pas forcément un compliment en matière fiscale.


Elisabeth Borne nous explique qu'on a besoin d'argent pour financer l'entretien des routes. Là encore, quelques heures auparavant, Édouard Philippe, du haut de sa tribune à l'Assemblée, chapitrait les députés sur "l'addiction française à la dépense publique", tout en donnant l’objectif de réduire cette dépense à l’horizon 2022. Il y a dans l’interview de notre ministre des Transports un  bel exemple de cette addiction. Un problème ? Une taxe ! Et derrière, mécaniquement, de la dépense publique. C'est à cause de ce réflexe des gouvernants, de gauche comme de droite, que la France se trouve dans une situation financière problématique dénoncée par Édouard Philippe.

Il ne faut pas faire de la fiscalité écologique une nouvelle couche d'impôts

François Lenglet
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Que faire alors ? Faire des économies par ailleurs pour entretenir ces fichues routes ! Laissons tranquille les routiers, qui ont déjà subi une hausse de la fiscalité du gazole et qui vont en subir une autre, puisque Nicolas Hulot va annoncer ce qu’on appelle pudiquement la "convergence" du diesel et de l’essence, c'est-à-dire en clair une nouvelle augmentation d'impôt très significative. Faut-il rappeler que leur part de marché s'est effondrée en Europe, sous le coup d'une concurrence acharnée des transporteurs de l'Europe de l'Est et du travail détaché ?

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Il faut certainement réorienter la fiscalité pour faire chuter la consommation de carbone. Mais la bonne solution, c'est de baisser les taxes, par ailleurs, sur les facteurs qui ne sont pas polluants (sur le travail), et non pas de faire de la fiscalité écologique une nouvelle couche d'impôts, qui s'ajoutera à nos prélèvements records pour donner des moyens supplémentaires à des élus régionaux qui auraient plutôt besoin d'encouragements à la modération

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