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"Un bon dessinateur ne suffit pas à faire un mangaka", confie la future directrice d'une école supérieure de manga à Toulouse

INTERVIEW - Fondatrice de "Toulouse Manga", Claire Pélier inaugurera en 2016 son École Internationale du Manga et de l'Animation (EIMA), une formation complète pour devenir un "mangaka", un créateur de manga.

Une exposition dédiée aux mangas à Milan (Italie) en mai 2013
Une exposition dédiée aux mangas à Milan (Italie) en mai 2013 Crédit : OLIVIER MORIN / AFP
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La France est le 2ème plus grand consommateur de mangas au monde, après le Japon bien sûr. Si l'industrie du manga subit une légère baisse depuis 3-4 ans, sa consommation a quadruplé depuis le début des années 2000. Des générations ont été marquées par des mangas ou des animés comme One PiecePrincesse Mononoké ou encore Dragon Ball. La "Japan Expo" qui en 2000 réunissait 8.000 spectateurs, en attirait 240.000 en 2014. Au-delà d'une passion, cet art peut désormais devenir un véritable métier grâce à la création d'écoles comme l'EIMA à Toulouse. 

En proposant une formation loisir de trois ans dans son école "Toulouse Manga", Claire Pélier, la fondatrice de l'établissement, entend doubler son école d'une formation professionnalisante aux métiers du dessin japonais suite au succès de son école loisir fondée en 2012, qui a accueilli 50 élèves la première année et qui en attend 300 pour l'année prochaine.

Une formation pour de multiples métiers

Cette nouvelle formation sera accessible à partir de 16 ans sous condition de stages préalables de 5 jours réalisés dans l'école. Il faudra alors démontrer son expérience et son appréhension des réalités du métier. 
Durant ces stages de 5 jours, les étudiants pourront tester leur motivation et l'école s'assurer de la leur, "nous pourrons voir s'ils ont des talents et si ce sont des élèves prêts à travailler", ajoute l'ancienne enseignante d'arts plastiques. L'autre partie des étudiants pourra être recrutée directement au sein de "Toulouse Manga".

"Nous recherchons des élèves avec beaucoup de curiosité, beaucoup d'investissement car les études de manga et d'animation demandent beaucoup de temps, explique Claire Pélier, contactée par RTL.fr. Nous voulons aussi qu'ils aient une culture générale suffisante ainsi que des bases en dessin bien sûr, qui seront retravaillées ensuite, mais surtout nous voulons de l'originalité. On cherche des gens capables de développer leur propre style."

"Le dessin n'est qu'une partie du travail de mangaka"

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L'école offrira à ses étudiants la possibilité d'acquérir toutes les compétences nécessaires au métier de mangaka (nom donné aux dessinateurs et scénaristes de mangas, ndlr). "Le dessin n'est qu'une partie du travail de mangaka, la part la plus importante est le scénario. Un bon dessinateur ne suffit pas à faire un mangaka", expose la directrice.

Les locaux de la future école de manga de Toulouse
Les locaux de la future école de manga de Toulouse



Dans un premier temps, l'EIMA proposera à ses élèves un cursus manga/illustration d'une durée de 3 à 4 ans (spécialisation facultative en 4ème année) avant d'ouvrir dans quelques années un second cursus animation/illustration. Des qualifications qui seront non pas validées par un diplôme mais par une attestation d'un jury composé de professionnels ainsi qu'un book réunissant les différents travaux des élèves et témoignant de leurs compétences. 

Au-delà de la formation au dessin, l'école proposera à ses étudiants des cours d'anglais et de japonais. "Toulouse Manga" dispense déjà des enseignements de coréen que les élèves de l'EIMA pourront suivre de manière facultative. La directrice de l'école souhaite ainsi donner la capacité aux futurs mangaka de se développer à l'international.

"Notre objectif est de devenir une école d'excellence"

Étant privée, le coût de l'école devrait s'élever à hauteur de 6.400 euros environ par an pour les 20 à 25 élèves qui constitueront chaque promo. De petites promotions car selon Claire Pélier : "Nous sommes une école très familiale, nous ne voulons pas perdre en qualité humaine et souhaitons développer un fort réseau d'anciens."

L'école veut assurer de nombreux débouchés (mangaka, illustrateur, graphiste, concept artist, character designer, story boarder…) à ses étudiants et entend les accompagner dans la vie active en réalisant de nombreuses rencontres avec des professionnels du milieu tout au long de leur cursus. "Notre objectif est de devenir une école d'excellence comme peuvent l'être les Gobelins (une prestigieuse école spécialisée dans l'image, ndlr), même si nous sommes encore à des années lumières des Gobelins bien sûr. L'objectif premier est que les étudiants travaillent à la sortie, c'est pourquoi nous nous concentrons essentiellement sur la formation pour qu'elle soit la meilleure possible."

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