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UberPOP : les taxis menacent d'actions "radicales" sur des centres névralgiques

Les fédérations et syndicats de taxis a fixé un ultimatum au gouvernement, qu'ils appellent à faire cesser le service de taxis non-professionnels UberPOP.

L'application Uber (illustration)
L'application Uber (illustration)
Crédit : Andrew Caballero-Reynolds / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les organisations de taxis ont appelé mercredi 17 juin le gouvernement à faire cesser "immédiatement" les applications mobiles qui organisent le transport entre particuliers, de type UberPOP, en menaçant d'un mouvement national illimité à partir du 25 juin. Il s'agit du premier appel concerté des fédérations et syndicats de taxis depuis la loi Thévenoud promulguée en octobre 2014.

Censée réprimer davantage l'activité clandestine de taxis, cette loi, selon les taxis, n'est pas respectée et les contrôles sont insuffisants. Depuis des mois, ils dénoncent notamment le service de transport entre particuliers à prix cassés lancé par le géant américain Uber, à l'origine de nombreux litiges devant les tribunaux. 
Dans un communiqué, l'intersyndicale (CFDT, CGT, FFTP, FNAT, FNDT, FNTI, FO, GESCOP, SUD, UNIT et UNT) "décide d'engager à partir du 25 juin un mouvement national pour une durée illimitée" et indique également qu'elle "soutient toute action locale ciblée, organisée dès ce jour, contre Uber, Heetch, Djump, etc...." 

Interdiction réelle de "travail clandestin"

Constatant que "certaines sociétés continuent à commercialiser et diffuser des applications illégales de promotion de travail clandestin", elle "exige du gouvernement qu'il prenne les mesures nécessaires pour arrêter l'exploitation des applications dans l'attente des décisions de justice et veille à l'application immédiate des lois". "C'est la dernière chance qu'on donne au gouvernement. La base attend de nous des messages forts, on est obligé de passer par cette étape de la radicalité", explique Abdel Ghalfi (CFDT).
"Si d'ici le 25 il n'y a pas une interdiction réelle des applications qui font du travail dissimulé, ce sera une grève illimitée avec une grosse action le 25 qui va concerner certainement des centres névralgiques de la capitale en province", prévient-il.

Les formes d'actions de "sensibilisation" ne sont "pas encore déterminées", "cela pourra être des blocages d'aéroports, des cortèges, ou d'autres choses", selon Nordine Dahmane (FO-taxis).
Pour sa part, Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du Taxi (FNDT), indique que d'ici là les organisations vont "frapper à la porte des différents cabinets ministériels" pour "qu'ils fassent respecter la loi et stopper le travail dissimulé sous couvert de covoiturage".

Premières promesses du gouvernement

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La relaxe le 11 juin à Paris d'un chauffeur UberPOP a, selon M. Dahmane, "rallumé" la colère des taxis contre Uber. Vis-à-vis des voitures de transport avec chauffeur (VTC), dont l'activité a été réglementée par la loi Thévenoud, "la frustration est grandissante" et la concurrence toujours "déloyale", rapporte également le représentant FO. Selon les taxis, la loi n'est pas appliquée sur le terrain, par exemple pour vérifier que les VTC respectent l'obligation de retourner à leur point d'origine entre deux courses.

Pour tenter d'apaiser leur colère, le gouvernement a promis mercredi de renforcer les contrôles et procédures contre les taxis non-professionnels en infraction. Plus de 420 procédures ont été engagées contre des chauffeurs UberPOP depuis le 1er janvier. Le gouvernement a également indiqué qu'il formerait un pourvoi en cassation après la suspension, le 8 juin, d'un arrêté contesté par les VTC qui réservait aux taxis et bus une voie de l'autoroute A1, entre l'aéroport Roissy et Paris. De son côté, le groupe américain n'a pas dit son dernier mot. Il entend bien faire reconnaître la légalité de son application pour téléphones mobiles et a soulevé à ce propos une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

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