3 min de lecture Insécurité

Plus de 900 agressions de médecins en 2014

REPLAY - Le phénomène est le plus élevé dans le Nord et les Bouches-du-Rhône. La moitié des victimes ne portent pas plainte.

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Insécurité : plus de 900 agressions de médecins recensées en 2014 Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : Odile Pouget | Durée : | Date :
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

C'est un étrange paradoxe... Les médecins se retrouvent parfois aux urgences à cause de leurs patients. L'Observatoire pour la sécurité des médecins a présenté ce vendredi son enquête annuelle sur la violence et l'insécurité. Un peu plus de 4 médecins sur 1.000 ont signalé un incident. Agression pour un arrêt maladie refusé ou une attente jugée excessive, menace pour un refus de prescription... Les violences contre les médecins ont légèrement régressé en 2014, mais restent très élevées.

Sans atteindre le record de 2013 (925), le nombre de déclarations d’incident recensé en 2014 dans le cadre de l’Observatoire pour la sécurité des médecins "reste particulièrement élevé", souligne l'Ordre.

Du 1er janvier au 31 décembre 2014, 901 agressions ont été comptabilisées, un chiffre supérieur de 27% à la moyenne annuelle de cet Observatoire (707), mis en place en 2003 par le Conseil de l'Ordre national des médecins et Ipsos.

Les généralistes les plus touchés

Selon cette enquête annuelle rendue publique vendredi, 4,5 médecins sur 1.000 ont signalé un incident au Conseil de l’Ordre en 2014. Cependant, ces fiches facultatives ne permettent pas de calculer précisément l’évolution du nombre total des incidents survenus en France. 

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Les médecins généralistes, qui représentent 54% de la population médicale, demeurent de loin les plus touchés (61%, + 3 points par rapport à 2013), suivis par les ophtalmologues (7%), les dermatologues (4%), les gynécologues-obstétriciens (3%), les rhumatologues (3%) ou les psychiatres (3%).

Surtout dans les centres-villes

Evolution majeure de 2014, les incidents dans le cadre d'un exercice de médecine de ville ont été plus fréquents (83% en 2014, + 8 points en un an, + 16 en quatre ans). 

Autre fait notable, les cabinets de centre-ville sont de plus en plus concernés, avec presque six incidents sur dix enregistrés (57%, moins un point par rapport à 2013, mais + 13 depuis 2008). En revanche, la proportion des incidents ayant lieu en banlieue recule une nouvelle fois (22%, moins 1 point sur un an, moins 13 sur six ans).

La victime était le médecin lui-même dans 90% des cas et le patient, l'agresseur, dans plus d'un sur deux (52%).

Nord, Bouches-du-Rhône et Isère

Côté départements les plus touchés, le Nord reste en tête (63 déclarations), suivi des Bouches-du-Rhône (41), de l'Isère (38), de la Seine-Saint-Denis (35) et de la Loire (32). Dans 4% des cas, l'agresseur était armé, le plus souvent d'un couteau, d'un cutter, d'un revolver ou d'une arme automatique. 

Les femmes médecins ont été à l'origine de 47% des fiches recensées. Elles représentent 44% de la profession. Par ailleurs, le fait d'avoir un secrétariat ne protège guère des violences potentielles. 58% des médecins agressés en disposaient.

Largement majoritaires, les "atteintes aux personnes" (agressions verbales et menaces) régressent néanmoins par rapport à 2013 (73%, contre 78%). Les agressions physiques représentent toujours 11% des déclarations.

Vols d'ordonnances ou d'argent

Près d'un tiers (30%, contre 32%) correspondent à des "atteintes aux biens": vols et tentatives de vols (ordonnances, tampons professionnels, sacs à main, portefeuilles, sacoches...). Les actes de vandalisme reculent un peu (10% contre 11%).

Si une légère baisse marque 2014, le nombre des déclarations de juillet à décembre constitue un record pour un 2e semestre (438). 

"Les niveaux très élevés mesurés depuis deux ans témoignent d’une progression significative de ces faits", relève l'enquête. Ils traduisent sans doute aussi "un besoin accru de déclarer les incidents".

Pas assez de plaintes

Le taux d'interruption de travail à la suite d'un incident est resté stable: 8%, dont 2% donnant lieu à une interruption supérieure à 8 jours.

Pourtant, malgré une petite amélioration, plus d'un incident sur deux (52%) reste sans suite légale, déplore l'Ordre des médecins. Sur l'ensemble des incidents recensés, 34% (+ 3 points) ont été suivis d'un dépôt de plainte et 14% (inchangé) d'une main courante. Plus surprenant, 25% des victimes d'agression physique n'ont pas porté plainte

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