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Philippe Steyer, DRH de Smart France : "Le pacte garantit l'emploi aux salariés jusqu'en 2020"

REPLAY / INVITÉ RTL - Le DRH de Smart France est revenu sur le plan de l'entreprise qui prévoit de faire passer la durée du contrat des salariés à 39 heures à partir de janvier 2016 en étant payés 37.

Une Smart Fortwo à l'usine d'Hambach (Moselle) le 11 décembre 2012.
Une Smart Fortwo à l'usine d'Hambach (Moselle) le 11 décembre 2012.
Crédit : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Philippe Steyer, DRH de Smart France : "Le pacte garantit l'emploi aux salariés jusqu'en 2020"
07:55
Yves Calvi & Marie-Pierre Haddad & Ludovic Galtier

Le 11 septembre dernier, les salariés de l'usine Smart à Hambach, en Moselle, ont voté pour la fin des 35 heures. Cette mesure a été adoptée à 56 %, après une proposition de la direction pour remonter progressivement à 39 heures par semaine, tout en étant payé seulement 37. Plus de 90% des employés ont signé l'avenant au contrat de travail distribué par la direction.

Le secrétaire national du Parti communiste parlait sur RTL de "chantage à l'emploi". Ne peut-on pas dire que les salariés ont été contraints d'accepter cet accord ? Philippe Steyer, directeur des ressources humaines de Smart, défend la démarche de l'entreprise. "On a débuté ce que l'on a appelé notre challenge 2020 dès le début de l'année, lequel était axé sur la compétitivité du site. On avait décrit un certain nombre de leviers : amélioration de la qualité et de la productivité, la logistique et la baisse du coût du travail. Sur les trois premiers, ça s'est mis en place par un accord d'intéressement. Pour ce qui est de [la baisse du coût du travail], on a débuté une négociation au mois de juin avec les organisations syndicales. On a abouti à un accord signé par deux organisations syndicales, qui représentaient plus de 30% des effectifs au niveau des élections intermédiaires".

Des salariés contraints et forcés ?

Trois syndicats sur quatre de l'usine (la CFDT, la CGT et la CFTC) s'étaient prononcés en faveur du "non", estimant que les contreparties ne sont pas suffisantes", expliquait François Lenglet. Le DRH reconnaît qu'"il y a eu une opposition. Mais il y a au niveau du personnel une volonté forte pour que notre plan se mette en place. On a fait le choix de passer par un avenant individuel".

Concernant la méthode, "les organisations syndicales avaient demandé que le personnel soit sondé sur la proposition de la direction. Lors de cette consultation à bulletins secrets, 56% des salariés s'étaient exprimés en faveur de la mesure qui sera appliquée à parti du mois de janvier."

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Les salariés le disent : on leur a forcé la main. Un des salariés disait qu'il avait 950 euros par mois de traites sur le dos. "C'est un choix individuel. On a fixé la barre à 75%, ils ont été franchis. On a eu près de 20% de salariés qui ont signé entre lundi [14 décembre] et aujourd'hui [16 décembre]".

"Les enjeux, c'est la compétitivité et la pérennité du site"

Ce qu'il vient de se passer chez Smart préfigure-t-il de l'avenir de nos entreprises demain? "Beaucoup de communication a été faite sur le terrain par les encadrants. Les enjeux, c'est clairement la compétitivité et la pérennité du site à long terme. On est le dernier constructeur à produire des petites voitures en France et en Europe de l'Ouest. On prouve que c'est encore possible de produire des voitures dans ce secteur là en France".

L'échéance du plan est fixé à 2020. "Le pacte 2020 garantit l'emploi à l'ensemble des salariés du site jusqu'à l'horizon 2020 et jusqu'à la fin de vie du véhicule actuel. Une décision sera prise entre aujourd'hui et 2020 de produire ou non la prochaine génération de Smart". Après 2020, rien n'est garanti. "Au-delà de 2020, l'activité continuera sur le site et le groupe prendra une décision".

Les syndicats ont-ils encore une utilité dans l'entreprise? "90% des salariés qui ont signé leur contrat, c'est aussi le fruit de plus de 6 mois de discussions avec les organisations syndicales et les représentants du personnel. Ils ont fait leur travail. Ils ont leur importance. Les 39 heures sont une solution pour améliorer la compétitivité du site."


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