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"Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?" : un philosophe nous donne son corrigé pour l'épreuve du bac 2026

Quelque 380.000 lycéens ont planché, ce lundi 15 juin, sur l'épreuve de philosophie au baccalauréat. Invité de RTL, Fabrice Midal, philosophe et ancien professeur en classe de terminal, explique aux auditeurs les notions qui étaient attendues des élèves qui ont choisi le sujet de dissertation "Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?".

Fabrice Midal

Crédit : RTL

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Plus de 530.000 lycéens de terminale ont planché, ce lundi 15 juin, sur une question ou un texte de philosophie. Cette épreuve marque le coup d'envoi des épreuves écrites du baccalauréat. Cette session est marquée par un durcissement de ton du ministre de l'Éducation sur l'orthographe.  

En filière générale, 380.000 lycéens avaient le choix entre deux sujets de dissertation : "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?" ou "peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?", et un commentaire d'un texte extrait de Humain, trop humain, de Friedrich Nietzsche. 

Invité de RTL ce lundi 15 juin, Fabrice Midal, philosophe et ancien professeur en classe de terminal, a partagé son regard sur les notions attendues des candidats dans cet exercice. 

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"C'est important de rappeler qu'en philosophie, il n'y a pas de bonne réponse", a-t-il expliqué en préambule. Concernant le sujet "Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?", Fabrice Midal a confié avoir été "en joie complète" à la lecture du sujet. "C'est un peu mon combat depuis toujours", explique l'auteur du livre Empêcher que le monde ne se défasse. 

"Interroger les mots"

Selon lui, l'enjeu du sujet réside dans la question suivante : "Est-ce qu'on peut être heureux, juste en accomplissant ses désirs et en étant satisfait, ou juste en ne ressentant plus rien des malheurs des autres, ce qui est un peu l'image du sage ?" . 

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"On a l'idée du sage stoïcien qui ne ressent rien, qui est à l'abri, qui est calme. On a parfois l'impression que dans notre monde quand on nous dit qu'être sage, ça serait devenir indifférent à tout. Le sujet pose la question de savoir si ce n'est quand même pas un peu étroit", explique-t-il.

Fabrice Midal ajoute que dans ce type de sujet, "il faut faire attention aux mots".  "Être philosophe, c'est peut-être interroger les mots. Peut-on être heureux ? Ce n'est pas seulement est-ce que j'ai la possibilité, mais aussi moralement, est-ce que je peux moralement ? On peut se demander : est-ce que des gens comme Elon Musk, qui essayent d'être heureux quand les autres ne le sont pas, est-ce que ce n'est pas une faute morale ?", donne-t-il en exemple. 

"Penser au bien commun"

Selon le philosophe, "aujourd'hui, la question du bonheur est réduite à la question du développement personnel". En référence à Aristote qui écrivait que "le bonheur est le bien souverain", Fabrice Midal estime que "la question du bonheur est une question politique". "C'est un très grand décalage par rapport à ce que nous croyons aujourd'hui. Les hommes politiques aujourd'hui s'occupent plus de gestion que de la question du bonheur", ajoute-t-il.

"Être heureux, ce n'est pas seulement la satisfaction des désirs, mais être heureux, ça peut être aussi penser au bien commun", estime Fabrice Midal.

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