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Paris : les VTC perturbent l'accès aux aéroports de Roissy et Orly

Des centaines de chauffeurs VTC manifestent pour réclamer une meilleure rémunération et dénoncer "l'humiliation" qui leur est infligée selon eux par les plateformes de réservation, Uber en tête.

Un conducteur de VTC manifeste contre Uber à Paris, le 13 octobre 2015.
Un conducteur de VTC manifeste contre Uber à Paris, le 13 octobre 2015.
Paris : les VTC perturbent l'accès aux aéroports de Roissy et Orly
01:06
Yann Bouchery & Clémence Bauduin & AFP

Gare aux bouchons ce jeudi 15 décembre aux alentours de la capitale. Les accès aux aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly ainsi qu'à la Porte Maillot seront rendus difficiles par la manifestation des VTC. Porte Maillot, 100 à 200 véhicules privés avec chauffeurs occupaient la moitié des voies devant le Palais des Congrès et bloquaient déjà la circulation tôt dans la matinée.

Cette fois, il ne s'agit plus d'une guerre contre les taxis, mais contre les plateformes comme Uber qui ont augmenté leurs prélèvements. Auparavant, pour 1€ le kilomètre, les chauffeurs gagnaient 80 centimes. "Aujourd'hui, à 1,05€ du kilomètre, on touche 78 centimes. Donc sur la hausse pour le public, on perd encore, déplore David, l'un des chauffeurs manifestants. C'est un ras le bol parce qu'on a souvent arrêté nos activités précédentes pour gagner 1.200 euros en travaillant 70 heures par semaine. On n'a plus de vie."

Les chauffeurs réclament donc une meilleure rémunération et dénoncent "l'humiliation" qui leur est infligée selon eux par les plateformes de réservation, Uber en tête. Le syndicat SCP/VTC (affilié à l'Unsa) et les associations Capa-VTC et Actif-VTC, proposent au cortège de la Porte Maillot un départ en milieu de journée en direction du siège d'Uber, rue de Cambrai, dans le nord-est de Paris. Capa-VTC dit attendre un mouvement d'ampleur, et évoque le nombre de 3.000 chauffeurs, dont des "confrères lyonnais, lillois, nantais et strasbourgeois". "Il y a un réel ras le bol cette fois-ci", selon son président Helmi Mamlouk.

La hausse de tarifs d'Uber dans le viseur

La journée d'action servira à dire "stop aux 3,75 euros l'heure, aux commissions excessives, à la déconnexion abusive des chauffeurs par la plate-forme, à l'humiliation", avance le SCP-VTC, qui anticipe de son côté entre 500 et 1.000 chauffeurs. Le syndicat s'en prend à la première plateforme de réservation et à la politique tarifaire dans la profession, jugée trop défavorable aux chauffeurs.

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La hausse des tarifs d'Uber annoncée le 8 décembre a été qualifiée de "fumisterie" et d'"effet d'annonce" par les associations de chauffeurs car le géant américain a relevé dans le même temps la commission prélevée sur chaque course. Et cette hausse, soulignent-ils, n'efface pas la baisse unilatérale de 20% du tarif à Paris, en octobre 2015, qui avait donné lieu à une vague de protestation.

Un mouvement qui ne fait pas l'unanimité

De son côté, un porte-parole d'Uber a estimé que "ce mouvement est sans rapport avec les récents changements tarifaires" de l'entreprise, et affirmé que depuis cette évolution de la grille, "les revenus des partenaires chauffeurs d'Uber ont d'ores et déjà augmenté d'environ 5%". Ce porte-parole a en outre assuré que deux des associations organisatrices "s'opposent de longue date à l'existence même des plateformes VTC" et "ne représentent qu'une minorité des chauffeurs". Selon lui, certains des leaders du mouvement "sont par ailleurs connus des services de police pour des appels et faits de violence, et font l'objet de plaintes déposées par Uber et ses employés en France, qui sont en cours d'instruction par les autorités". Le porte-parole de l'entreprise américaine a par ailleurs répété que sa priorité était de "continuer à améliorer la situation des chauffeurs indépendants qui utilisent l'application" en poursuivant le dialogue.

L'association VTC de France s'est elle dissociée de cette action à la dernière minute. Anticipant "de la casse", elle a affirmé à l'AFP "privilégier la diplomatie à l'offensive" tant que les débats sur la loi Grandguillaume, censée apaiser les relations entre taxis et VTC, ne sont pas clos et le texte définitivement voté.

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