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Paris : les travaux de rénovation de La Samaritaine peuvent reprendre

Le Conseil d'État donne son feu vert au plan de LVMH pour l'ancien grand magasin. Le groupe et la maire de Paris Anne Hidalgo se félicitent.

La Samaritaine à Paris (illustration).
La Samaritaine à Paris (illustration).
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
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La rédaction numérique de RTL
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Le chantier va enfin pouvoir redémarrer entre la Seine et la rue de Rivoli à Paris. Après une longue bataille procédurale, le Conseil d’État a finalement validé le projet de rénovation de La Samaritaine ce vendredi 19 juin. Les travaux du célèbre grand magasin parisien étaient bloqués depuis des mois par l'annulation, par deux juridictions administratives, de deux permis de construire.

La rénovation du site, fermé depuis 2005, doit déboucher sur l'ouverture d'un nouvel espace comprenant des commerces, un hôtel de luxe, des bureaux, une centaine de logements sociaux et une crèche.

Les sages du Palais-Royal ont cassé le jugement du tribunal administratif et l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris qui avaient annulé les deux permis. Ils ont également rejeté définitivement tous les recours formés contre le projet architectural de l'agence japonaise Sanaa, estimant qu'il "ne méconnaissait pas" les règles du plan local d'urbanisme (PLU) parisien.

LVMH se félicite

Les juges ont suivi l'avis du rapporteur public, qui avait demandé à la plus haute juridiction administrative "de laisser s'écrire, rue de Rivoli, une nouvelle page de l'histoire de l'architecture de Paris".

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La décision du Conseil d’État "valide définitivement le permis de construire portant sur la rénovation du bâtiment situé rue de Rivoli", se félicite le groupe LVMH du milliardaire Bernard Arnault, propriétaire du magasin. Celui-ci avait saisi le Conseil d’État en dernier recours, pour sauver le projet. 

Après des mois d'interruption, "La Samaritaine se prépare à reprendre ce chantier ambitieux de réhabilitation et de rénovation de l'ensemble du site", se réjouit également le groupe.

La façade de la discorde

La maire de Paris Anne Hidalgo salue également, "après plus de deux ans de contentieux", une décision "qui va permettre de mener à bien une oeuvre architecturale majeure" et "confirme qu'il est aujourd'hui possible à Paris de faire cohabiter un profond respect du patrimoine et la promotion d'une architecture contemporaine innovante".

À l'origine de ce bras de fer figuraient plusieurs associations, dont la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de France (SPPEF), qui contestaient la conformité du projet avec le PLU de la ville de Paris.

La partie du projet au centre du litige concernait la construction d'une façade, longue de 73 mètres et haute de 25 mètres, avec un habillage de verre transparent doté d'ondulations verticales.

Interprétation trop stricte du plan d'urbanisme

Dans son arrêt, le Conseil d’État estime que la cour administrative d'appel a retenu une interprétation trop restrictive des règles du PLU parisien, en jugeant que le projet architectural de restructuration de l'ancien magasin numéro 4 de La Samaritaine posait un problème d'intégration dans le tissu urbain existant. 

Selon la cour administrative d'appel, "toute construction nouvelle" se devait "de prendre en compte les caractéristiques des façades et couvertures des bâtiments voisins, ainsi que celles du site dans lequel elle s’insère". Sur ce fondement, elle a jugé que la façade en verre du nouveau bâtiment ne correspondait pas au PLU.

Le projet va créer plus de 2.200 emplois, assure LVMH

Mais le Conseil d’État considère que cet arrêt n'a pas "assez tenu compte" d'autres passages du PLU, qui "venaient tempérer l'exigence d'insertion dans le tissu urbain existant". Il constate ainsi que le texte affiche également "le souci d'éviter le 'mimétisme architectural' et autorise, dans une certaine mesure, la délivrance de permis pour des projets d'architecture contemporaine pour s'écarter des 'registres dominants' de l'architecture parisienne en matière d'apparence des bâtiments, et pouvant retenir des matériaux ou teintes 'innovants'".

C'est sur la base de cette interprétation que les sages jugent le projet conforme au droit. Ils soulignent également "l'hétérogénéité stylistique des bâtiments de cette partie de la rue de Rivoli", qui comprend "des édifices Art Nouveau, Art Déco et d'autres styles s'écartant déjà du style haussmannien".

Selon LVMH, "les trois années de travaux devraient générer 1.800 emplois" et "l'ensemble, ainsi rénové, permettra la création de plus de 2.200 emplois directs". Le projet de rénovation lui-même s'appuie sur un investissement total d'au moins 460 millions d'euros, sans compter les frais liés au bras de fer judiciaire.

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