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Paris : évacuation de migrants sous haute tension au lycée Jean-Jaurès

Fin avril, le tribunal administratif de Paris avait ordonné l’évacuation de cet établissement du XIXe arrondissement de la capitale, occupé par des migrants depuis près de deux semaines.

Des manifestants empêchent les forces de l'ordre d'évacuer les migrants du lycée Jean-Jaurès (Paris 19e), mercredi 4 mai au matin.
Des manifestants empêchent les forces de l'ordre d'évacuer les migrants du lycée Jean-Jaurès (Paris 19e), mercredi 4 mai au matin.
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Clémence Bauduin & AFP

"Tout le monde déteste la police", lance, comme un seul homme, la chaîne humaine constituée devant le lycée Jean-Jaurès. En cause, l'évacuation musclée, entreprise par la police ce 4 mai au petit matin, pour évacuer les migrants qui occupent, depuis le 21 avril, cet établissement XIXe arrondissement de Paris. Saisi par le conseil régional d’Île-de-France, le tribunal administratif de Paris avait ordonné fin avril l'évacuation du lycée, fermé pour travaux et par conséquent inoccupé. 

Vers 6h20, la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser plusieurs dizaines de manifestants qui avaient formé une chaîne humaine afin d'empêcher l'accès à l'une des entrées du lycée. L'opération a été marquée par des heurts, comme en témoignent l'AFP et les témoins qui relaient la scène sur Twitter.

Le lycée avait été investi dans la nuit du 21 au 22 avril par 150 migrants, notamment afghans, yéménites, soudanais, érythréens et somaliens. Ils venaient principalement du campement sauvage situé sous le métro aérien de la station Stalingrad (nord-est de Paris), où plus de 1.600 migrants ont été pris en charge lors de son démantèlement lundi 2 mai, un record à Paris.

Masqués ou cagoulés, certains manifestants ont répondu par des jets de projectiles. "Solidarité avec les réfugiés" ont-ils scandé, assis sur la chaussée, face aux CRS. "Hier, à minuit, nous avions monté un barrage avec des tables et des chaises, ils ont tout dégagé", raconte Emmanuel, un Ghanéen d'une vingtaine d'années, sorti à l'arrivée des forces de l'ordre. "Je ne sais pas où ils veulent nous emmener", s'inquiète le jeune homme, qui affirme que la police les a "gazés" au cours de l'évacuation. 

Une "violence injustifiée"

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Finalement, les CRS ont accédé à l'établissement par une autre entrée en forçant une porte en fer et le barrage mis en place la veille, comme l'a raconté à l'AFP le membre d'un collectif de soutien aux migrants. Ce collectif dénombre "environ 300" migrants sur place, parmi lesquels "beaucoup de femmes avec enfants, dont deux femmes enceintes", ainsi qu'une personne "handicapée moteur". 

Après un relatif retour au calme dans la rue, les responsables de ce même collectif ont commencé à parlementer avec des policiers dans l'enceinte du lycée. "Ils les évacuent mais il n'y a pas de place en hébergement à Paris. Ils vont se retrouver en hébergement d'urgence pour 24h-72h maximum. Ou dans un hôtel s'ils ont de la chance", a déclaré à l'AFP une militante du collectif "La Chapelle Debout !". "Ce lycée est vide et ne sert à rien. Ces personnes sont mieux ici que dans la rue", s'est agacé le coordinateur du Parti de gauche, Éric Coquerel, présent sur place.

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