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Manifestation des policiers : qui surveille les forces de l'ordre lorsqu'elles manifestent ?

INTERVIEWS - Ce n'est pas la première fois que les policiers mécontents défilent dans les rues. Ils seront surveillés comme n'importe quels manifestants, mais la déontologie impose aux policiers d'intervenir en cas de trouble à l'ordre public.

Les policiers manifestent à l'appel des syndicats contre la "haine anti-flic" mercredi 18 mai (ILLUSTRATION)
Les policiers manifestent à l'appel des syndicats contre la "haine anti-flic" mercredi 18 mai (ILLUSTRATION) Crédit : Francois Mori/AP/SIPA

Les militants anti-loi Travail vont laisser leur place le temps d'une journée. Mercredi 18 mai, c'est au tour de la police de battre le pavé de la place de la République à Paris, à l'endroit-même où se rassemblent les sympathisants du mouvement Nuit Debout chaque soir. Les policiers répondent à l'appel du syndicat Alliance, qui s'insurge contre ce qu'il considère comme de la "haine anti-flic" en recrudescence, selon eux, depuis les affrontements qui se déroulent en marge des manifestations contre la loi El Khomri.


Ce rassemblement pose une question : comment les autorités gèrent-elles une manifestation de policiers ? A priori, tout se passe comme pour un rassemblement ordinaire. Les cortèges de forces de l'ordre qui encadrent la manifestation sont là pour protéger les manifestants, qu'ils soient policiers ou non, assure un policier joint par RTL.fr qui souhaite rester anonyme. "Ils sont soumis aux mêmes lois", insiste-t-il, comme celle, par exemple, de l'interdiction du port d'arme en manifestation. Ce qui aurait pu poser un problème dans un contexte où l'État d'urgence permet aux policiers de porter leur arme hors service. Mais la loi est stricte sur ce point, rappelle-t-il, et "s'applique à n'importe quelle manifestation". C'est l'article 431-10 du code pénal : "Le fait de participer à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d'une arme est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende."

De plus, la manifestation ne sera pas encadrée par des hommes de la police nationale mais par des gendarmes mobiles. Toutefois, en cas de débordements avec des éléments extérieurs - par exemple des militants de Nuit Debout - il peut y avoir des questionnements sur l'intervention des policiers manifestants. Car s'ils ne sont par définition pas en service, maître Anne-Sophie Lagens rappelle à RTL.fr que leur "devoir déontologique les oblige à intervenir en cas de trouble à l'ordre public". Et toute la question sera de savoir "si un policier est intervenu dans le cadre de sa mission, en tant que manifestant ou en tant que policier", explique l'avocate au barreau de Paris. "Il faudra juger au cas par cas" ce qui s'annonce particulièrement casse-tête sans des "éléments suffisants ou des caméras". En ce qui concerne les sanctions disciplinaires internes au corps de métier, "il n'y a jamais de communication". Il sera donc encore plus difficile de savoir si certains éléments auront été punis ou non par leur hiérarchie. Une contre-manifestation du collectif "Urgence, notre police assassine" a été par ailleurs interdite par la préfecture de police, ce qui devrait déjà amoindrir les possibilités de débordements, sans les écarter complètement. 

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