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Maïs OGM : un agriculteur détruit ses cultures "la mort dans l'âme"

Un agriculteur de Haute-Garonne a accepté de détruire les 11 hectares de maïs transgénique qu'il avait planté avant que leur culture ne soit interdite.

Un plant de maïs (illustration)
Un plant de maïs (illustration)
La rédaction numérique de RTL & AFP

"J'ai décidé d'obtempérer la mort dans l'âme et de détruire moi-même (mon maïs transgénique)", a déclaré ce vendredi 6 juin un agriculteur de Haute-Garonne, Jacques Bauville, contraint d'annihiler les 11 hectares de maïs OGM qu'il avait lui-même semé avant son interdiction en France.

L'agriculteur a ajouté : "On a mal vécu tout cela", évoquant aussi bien les intrusions des militants anti-OGM que l'interdiction officielle. "Je ne veux pas qu'il y ait des affrontements et des morts", a ajouté ce céréalier exploitant au total 195 hectares à Saubens, à 17 km de Toulouse.

Destruction par désherbant des plants

L'agriculteur a jugé "scandaleuse" l'injonction de destruction de cultures OGM faite par le gouvernement et a annoncé qu'il poursuivrait "le combat juridique". Pour se plier à la loi, il dit toutefois avoir effectué mercredi un traitement par désherbant, en présence des gendarmes. Puis il a entrepris, ce vendredi après-midi, de retourner le sol avec le concours d'une trentaine de collègues de la FDSEA et d'une demi-douzaine de tracteurs. Il devait ensuite semer du maïs conventionnel.

Cette opération a été d'autant plus médiatisée qu'étaient présents le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, et le président de l'association des producteurs de maïs de la FNSEA (AGPM), Christophe Terrain, venus exiger "le respect des moyens de production des agriculteurs".

Le maïs attaqué par Greenpeace et José Bové

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La parcelle de maïs transgénique de Jacques Bauville avait été visée dès le 2 mai par une centaine d'opposants à la culture d'OGM, militants de Greenpeace et Faucheurs volontaires, emmenés par le député européen José Bové (EELV). Ils avaient détruit des plants sur 0,6 ha, selon les estimations de l'agriculteur.

Jeudi, c'est l'Etat qui a fait détruire trois champs de maïs génétiquement modifié dans le Midi, en vertu de l'interdiction de ce type de culture en France, confirmée mercredi par le Conseil constitutionnel.

Il est scandaleux que l'administration ait fait détruire des parcelles avant même qu'un référé liberté ait été rendu.

Jacques Bauville, agriculteur

Pour Jacques Bauville, "il est scandaleux que l'administration ait fait détruire des parcelles avant même qu'un référé liberté ait été rendu. Il n'y avait pas urgence car le maïs ne fleurit qu'à la mi-juillet. C'est gravissime pour l'état de droit". "Nous continuons le recours sur le fond devant le Conseil d'Etat", a-t-il dit.

L'agriculteur a fait valoir que son maïs transgénique avait été semé légalement, avant la dernière interdiction : "C'était encore faisable, je l'ai fait." Et il a vanté le maïs transgénique qui évite, selon lui, "d'utiliser trois insecticides car il produit une protéine qui empêche la pyrale et la sésamie - des chenilles spécifiques - de détruire le maïs".

Au nom de l'AGPM, Christophe Terrain a lancé: "Il faut que les pouvoirs publics opèrent un virage, la colère monte dans les campagnes." Il a présenté les faucheurs volontaires comme des "groupes de voyous et d'extrémistes qui ont détruit ici du maïs, ailleurs des pommiers ou des salles de traite".

Dominique Barrau a renchéri en prévenant que "les agriculteurs s'opposeraient à ces voyous à la prochaine occasion". "Il y en a marre de (José) Bové, cet obscurantiste, et marre de ce ministre (de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, ndlr) qui autorise des fermes de Mille vaches et prétend défendre les petites exploitations", a-t-il déclaré.

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