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Grève des routiers : les syndicats appellent à "amplifier" le mouvement

Après le refus du patronat de reprendre les négociations salariales, les syndicats renoncent à suspendre leur grève.

La CFDT entre dans le conflit qui oppose les routiers au patronat (illustration)
La CFDT entre dans le conflit qui oppose les routiers au patronat (illustration) Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
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et AFP

Alors qu'ils avaient pourtant annoncé la suspension provisoire de leur grève, l'intersyndicale de routiers qui mène une grève depuis dimanche appelle ce mercredi 21 janvier les salariés à "amplifier le mouvement" , dénonçant "l'irresponsabilité" du patronat qui refuse de revenir à la table des négociations salariales.

"On a essayé d'être dignes en levant les barrages", a déclaré Thierry Douine, secrétaire général de la CFTC Transports. "Mais le patronat nous a répondu par un doigt d'honneur".

L'irresponsabilité patronale pointée du doigt

Les négociateurs patronaux n'ont en effet pas répondu à la "convocation" du président de la commission paritaire des transports - un représentant du ministère du Travail - qui les appelait à reprendre mardi à 23h la négociation salariale interrompue plus tôt.

Pour Jérôme Vérité (CGT), cette politique de la chaise vide démontre "l'irresponsabilité de la partie patronale, qui n'a pas dénié répondre à la convocation de l’État".

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En guise de protestation, l'intersyndicale devait passer la nuit dans les locaux de la Direction Générale du Travail, à Paris, siège des négociations. Avec un espoir : que l'Etat "réveille" les négociateurs patronaux et les fasse "revenir à la raison", en même temps qu'à la table des négociations, selon Thierry Douine, secrétaire général de la CFTC Transports.

La balle désormais dans le camp de l'Etat

Quoi qu'il arrive, l'intersyndicale appelle désormais à "amplifier le mouvement", d'après le responsable syndical.

Pour la CGT, la balle est désormais dans le camp de l'Etat, qui doit prouver qu'il lui reste "une once d'autorité". L’Élysée, Matignon et le ministère du Travail doivent se saisir immédiatement du sujet, selon Jérôme Vérité.

Un mouvement social plus dur n'est plus à exclure

Depuis dimanche soir, les grévistes ont multiplié les barrages filtrants sur les axes routiers et les blocages de zones d'activité, principalement dans l'Ouest du pays (Caen, Rennes, Bordeaux). Jusqu'à présent, seuls les poids lourds étaient bloqués par les manifestants, les véhicules légers étant épargnés par les barrages.

Un mouvement social plus dur n'est cependant plus à exclure. D'autant plus si la CFDT décidait de grossir les rangs des grévistes. Le premier syndicat de la branche, qui a "claqué la porte" des négociations mardi en raison de propositions "insuffisantes", consultera ses militants de son côté, mercredi en milieu de journée.

La CFDT Transports "saura prendre toutes ses responsabilités", s'est-elle contentée d'affirmer dans un communiqué, une formule qui peut être interprétée comme une menace ou, à l'inverse, un appel au calme.

Grand écart entre les deux camps

Un accord semble désormais difficile à trouver, tant l'écart est grand entre les positions des deux camps.

Les syndicats sont venus mardi à la table des négociations en réclamant, en priorité, une revalorisation salariale de 5% pour l'ensemble des salariés du transport routier de marchandises.

De leur côté, les chambres patronales estimaient fournir un effort important en proposant une augmentation de 2% pour les salaires les plus bas -les trois premiers coefficients salariaux de la convention collective- et 1% pour les cadres et agents de maîtrise, les mieux rémunérés.

Que se passerait-il en cas de conflit prolongé?

Il est difficile de savoir ce qu'il se passerait en cas de conflit prolongé, le cycle des négociations annuelles obligatoires (NAO) étant a priori terminé.

En l'absence d'accord entre syndicats et patronats, les minimums conventionnels restaient ceux en vigueur l'année dernière. En 2014, un seul des quatre coefficients dans le transport routier - celui des salariés les plus qualifiés - dépassait le Smic, fixé à 9,53 euros bruts par heure.

Le salaire minimum ayant été relevé à 9,61 euros au 1er janvier, la situation deviendrait encore plus préoccupante pour les salariés du transport routier.

L'éxecutif reste discret

La CGT Transports ne veut pas croire à ce scénario, persuadée que le gouvernement ne l'acceptera pas.

Mais même s'il s'active en coulisses pour réconcilier les deux camps, l'exécutif reste pour le moment discret. Seul un communiqué d'Alain Vidalies, envoyé mardi soir, est venu rompre son silence.

Dans ce texte, qui tenait en deux lignes, le secrétaire d’État aux Transports a indiqué "regretter l'échec des négociations" et "souhaiter une reprise des discussions entre partenaires sociaux pour parvenir à un accord salarial".

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