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Face à l'afflux de migrants, Eurotunnel réclame 9,7 millions d'euros à la France et au Royaume-Uni

Selon le groupe Eurotunnel, 13 millions d'euros ont déjà été engagés au premier semestre pour les dépenses de sécurité, soit autant que pour toute l'année 2014.

Des migrants grimpent à l'arrière d'un camion sur l'A16 en direction de l'Eurotunnel, le 30 juin 2015.
Des migrants grimpent à l'arrière d'un camion sur l'A16 en direction de l'Eurotunnel, le 30 juin 2015.
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

La gestion des migrants qui tentent de rallier la Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche coûte cher. Un coût que le groupe Eurotunnel ne veut plus assumer tout seul. Il réclame une indemnisation de 9,7 millions d'euros aux gouvernements français et britannique pour compenser ses dépenses et perte d'exploitation.
"Nous continuons à assurer une 'forme d'étanchéité' du tunnel sous la Manche par rapport au passage des migrants en Grande-Bretagne, puisque le nombre de migrants interceptés par les forces britanniques se compte sur les doigts de la main. L'essentiel est intercepté en France. Ça a un coût", a déclaré le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, lors de la présentation des résultats semestriels du groupe.

"Au premier semestre, 13 millions d'euros ont déjà été engagés (pour les dépenses de sécurité), équivalent à la totalité dépensée sur l'année 2014", indique le groupe. Il souligne que les textes prévoient qu'"une partie (de ces dépenses) pourra être prise en charge par les États" qui lui ont concédé l'exploitation du tunnel, précisant que "le gouvernement britannique s'est déjà engagé à prendre 4,7 millions d'euros en charge sur l'année 2015".

Sur les 9,7 millions réclamés, environ deux tiers correspondent à des dépenses supplémentaires, comme de nouvelles barrières empêchant les migrants de s'introduire dans le tunnel ou les camions, tandis que le tiers restant est une perte d'exploitation.

Insuffisance des forces de l'ordre

Jacques Gounon a expliqué que "quand on identifie (...) la présence de migrants sur une navette, on arrête la navette, c'est d'ailleurs le règlement ferroviaire qui nous l'impose, et il est procédé à la fouille de la navette. Je rappelle qu'une navette c'est 800 mètres de long, quatre TGV l'un derrière l'autre". Le groupe estime que le nombre des migrants à Calais est largement sous-estimé, et, par conséquent, que les effectifs des forces de l'ordre sont insuffisants. Pour Jacques Gounon, "il est évident qu'il n'y a pas assez de forces de l'ordre. Je crois que le ministre de l'Intérieur a récemment dit qu'il y avait 2.000 migrants dans la 'jungle' à Calais, toutes les personnes locales savent qu'on est plutôt à 5.000".

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Eurotunnel avait déjà formulé une telle demande au début des années 2000, "pour des nombres de migrants moins importants qu'aujourd'hui", a souligné le PDG. Le groupe avait obtenu gain de cause, et la Cour permanente d'arbitrage de La Haye avait estimé son préjudice à 24 millions d'euros.

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