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Essonne : un maire refuse l'inhumation d'un bébé rom

Le maire de Champlan a refusé qu'un bébé rom de 2 mois et demi soit inhumé sur le territoire de sa commune.

Un cimetière à Paris. (Illustration)
Un cimetière à Paris. (Illustration)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

"C'est du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation". Une association d'aide aux roms s'est dite scandalisée après que le maire divers droite de Champlan (Essonne) a refusé qu'un nourrisson rom soit enterré sur le territoire de sa commune. Le bébé était décédé le 26 décembre dans l'hôpital d'une commune proche, a-t-on appris samedi 3 janvier de sources concordantes, confirmant une information du Parisien.

L'édile "a prétexté que la mort" du bébé "avait été déclarée à Corbeil-Essonnes", a expliqué Loïc Gandais, président de l'Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), dont deux membres "côtoient quotidiennement" la famille de l'enfant décédé, qui vit dans un campement de Champlan.

C'est du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation

Loïc Gandais, président d'une association d'aide aux roms

"C'est du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation", a-t-il estimé. Selon Loïc Gandais, le bébé, né le 14 octobre 2014 et prénommé Maria Francesca, est décédé de "la mort subite du nourrisson" dans la nuit du 25 au 26 décembre.

La petite fille qui ne se sentait pas bien, a été conduite cette nuit-là dans un hôpital de Longjumeau, puis dans un établissement de Corbeil-Essonnes, où son décès a été officiellement constaté le 26 décembre, a ajouté une source proche du dossier.

Le maire n'est pas obligé de se justifier, mais des réponses comme ça, c'est très rare

Julien Guenzi, gérant de pompes funèbres
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A la demande de la famille, une entreprise de pompes funèbres de Corbeil-Essonnes a alors demandé à la municipalité l'autorisation d'inhumer le nourrisson dans le cimetière de Champlan.

Mais le maire a refusé sans "aucune explication", a assuré Julien Guenzi, gérant des pompes funèbres l'Escarcelle à Corbeil. "Il n'est pas obligé de se justifier, mais des réponses comme ça, c'est très rare", a-t-il ajouté. La petite fille sera finalement inhumée lundi à Wissous, à environ sept kilomètres de Champlan.

Par simple souci d'humanité, on ne pouvait pas laisser cette situation dans l'état

Richard Trinquier, maire UMP de Wissous

"Par simple souci d'humanité, on ne pouvait pas laisser cette situation dans l'état", a affirmé à l'AFP le maire UMP de Wissous, Richard Trinquier. "Une mère qui a porté un enfant pendant neuf mois et qui le perd à deux mois et demi, ce n'est pas la peine d'aggraver sa douleur."

L'ASEFRR prendra en charge la majeure partie des frais d'obsèques, a assuré l'association qui ne compte pas porter plainte. "Sur le plan moral, c'est absolument contestable, mais sur le plan juridique, on ne pourra pas faire grand chose", estime Loïc Gandais.

Le maire a le dernier mot en matière d'inhumation

Selon la loi, les proches d'un défunt doivent demander l'autorisation d'inhumation au maire de la commune du cimetière choisi. Il peut être inhumé dans la commune où il habitait, dans celle où il est mort, ou là où se trouve un caveau de famille.

Ni le maire de Champlan, Christian Leclerc, ni son premier adjoint, n'étaient joignables samedi matin.

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