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Enfants adoptés bloqués en RDC : "Je pense que la décision est imminente", explique Maurice Labaisse

REPLAY - Maurice Labaisse est le président de l'association "Vivre en famille", qui encadre ces adoptions d'enfants congolais par des familles françaises.

1300 enfants légalement adoptés sont bloqués au Congo (illustration)
1300 enfants légalement adoptés sont bloqués au Congo (illustration)
Crédit : HECTOR RETAMAL / AFP
300 enfants adoptés légalement par des familles françaises sont bloqués en RDC
00:04:34
Charlie Vandekerkhove
Charlie Vandekerkhove

Cela dure depuis deux ans. Près de 1.300 enfants - adoptés légalement en République démocratique du Congo - sont bloqués dans ce paysParmi eux, 300 ont été adoptés par des familles françaises. Pourquoi ce blocage ? Parce que les autorités de Kinshasa, unilatéralement, ont décidé de geler les autorisations de sortie de ces enfants, qui portent déjà tous le nom de leurs parents adoptifs.

Maurice Labaisse est président de l'association "Vivre en famille", qui défend les droits des enfants et encadre de nombreuses adoptions internationales. Il est l'un des intermédiaires qui tentent de débloquer la situation et qui accompagne ces enfants dans l'attente de leur départ. "Il n’y a pas eu de communication officielle, regrette-t-il, interrogé par RTL. Mais il semblerait qu’il y ait eu des dérives, des sorties illégales d’enfants du territoire congolais", et c'est ce qui expliquerait la frilosité des autorités congolaises dans ce dossier. 

L'association et les familles prennent déjà les enfants en charge

Depuis deux ans, avec son association, il prend des nouvelles régulières de ces enfants, et se rend sur place à peu près une fois par mois. "J’ai passé toute la semaine dernière à Kinshasa, explique Maurice Labaisse. J’ai vu la plupart de nos enfants, nous les avons sécurisés et mis dans des centres que nous finançons. Ils y ont un encadrement, une scolarité, des conditions de vie décentes." Il explique que les enfants sont pris en charge par l'association et par les familles adoptives, à hauteur de 150 euros par enfant et pour un mois.

Pour débloquer cette situation, il ne manque qu'un simple papier, comme l'explique Maurice Labaisse. "Ils ont bénéficié d’un jugement d’adoption, en bonne et due forme, de la justice congolaise. Mais pour autant, avant le départ, il faut une autorisation de sortie, délivrée par la Direction générale de la migration, et c’est ce qu’on attend. Cela concerne en tout près de 1.300 ou 1.500 dossiers".

Je pense que ça va se débloquer, que la décision est imminente, en tout cas elle revient maintenant au Président Kabila.

Maurice Labaisse
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Il y a quelques semaines, les familles ont eu un faux espoir de voir la situation s'arranger. "Nous avons cru que l’affaire était réglée car il y a deux mois, le vice-Premier ministre a déclaré à tous les ambassadeurs : 'nous levons le moratoire, et tous les enfants pourront partir dans un délai de 2 à 3 mois'. C’était bien engagé, et depuis un mois et demi, on attend l’arrivée des bordereaux de sortie", précise-t-il, indiquant qu'il garde bon espoir, malgré tout, d'une résolution rapide. "Je pense que ça va se débloquer, que la décision est imminente, en tout cas elle revient maintenant au président Kabila".

Si, à l'échelle mondiale, les adoptions internationales semblent de plus en plus compliquées, Maurice Labaisse voit dans ce dossier un cas particulier. "La RDC confond trop souvent l’adoption et le trafic d’enfants. Dans d’autres pays, il peut y avoir une certaine défiance par rapport à l’adoption en général. Ne parlons plus de trafic, les adoptions sont tellement encadrées que ce n’est plus possible", estime Maurice Labaisse.

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