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Démantèlement de camps de migrants : "On repart à zéro", souffle une association

RÉACTION - Lundi 4 juin au matin, les deux derniers campements de migrants à Paris ont été démantelés par les forces de l'ordre. Mais il resterait entre 1.500 et 2.000 migrants "en train de se planquer" et plus de matériel pour les aider.

Les gendarmes font face au campement du canal Saint-Martin à Paris le 4 juin 2018 avant de l'évacuer
Les gendarmes font face au campement du canal Saint-Martin à Paris le 4 juin 2018 avant de l'évacuer Crédit : LUCAS BARIOULET / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Plus de tentes, plus de couvertures... Tout le matériel destiné à aider les migrants qui campent dans les rues de Paris a été jeté, d'après Yann Manzi de l'association Utopia 56. Il était présent lundi 4 juin au matin à Jaurès, quand vers 6 heures du matin, les forces de l'ordre sont arrivées pour démanteler l'un des deux derniers campements de migrants de la capitale. Si l'évacuation s'est bien passée selon lui, "parce qu'il y avait des caméras", il regrette que les équipements, "ce que les citoyens ont donné", ont été détruits.

"On repart à zéro", souffle-t-il, joint par RTL.fr. "Il y a toute une population qui n'a plus rien pour dormir, dispersée dans Paris, et on ne va pas pouvoir les aider", ajoute-t-il. Il estime qu'entre 1.500 et 2.000 migrants errent dans la capitale, "en train de se planquer", mais qu'ils ne pourront plus s'installer dans la ville intra-muros.

"Il n'y aura plus de gros campements, de points de fixation, ils ont fait le ménage", poursuit Yann Manzi pour qui cette politique "rend invisible les migrants".

C’est un éternel recommencement, c'est insoluble

Yann Manzi de l'association Utopia 56
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Parmi ces réfugiés, beaucoup sont des "dublinés" qui viennent d'Afghanistan d'après lui. C'est-à-dire qu'ils sont soumis au règlement de Dublin (c'est le premier pays européen par lequel le migrant est arrivé qui a sa responsabilité et donc la possibilité de lui offrir l'asile), or, nombreux souhaitent obtenir l'asile en France.

C'est pour cela qu'ils ont fui avant le démantèlement afin de ne pas être forcés à monter dans le bus en direction de gymnases pour vérifier leur identité. Puis, soit en centres d'hébergement, soit en centres de rétention administrative pour une éventuelle expulsion.

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Yann Manzi se dit "blasé". "C’est un éternel recommencement, c'est insoluble", confie-t-il encore appelant les citoyens à se "mobiliser pour l'accueil", notamment par des dons de matériel pour "aider les populations ce soir".

Sur la communication des évacuations, après des semaines de tensions entre Anne Hidalgo et Gérard Collomb, le membre d'Utopia 56 estime qu'il ne s'agit que d'une "politique de tape-à-l’œil pour flatter l'électorat de droite et d'extrême droite car ils ne peuvent pas expulser tout le monde". Et en attendant, malgré la fatigue, les associations "ne lâchent rien".

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