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Concordia : des craintes pour la vie sous-marine

Le renflouement du Costa Concordia pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la vie sous-marine.

Le Costa Concordia le 14 juillet 2014.
Le Costa Concordia le 14 juillet 2014. Crédit : VINCENZO PINTO / AFP
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et AFP

Le renflouement du Costa Concordia et son voyage jusqu'au lieu de son démantèlement pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la vie sous-marine. Les associations environnementales craignent notamment pour les baleines et d'autres cétacés qui ont l'habitude d'emmener leurs petits sur le trajet du navire.

Le paquebot de croisières, dont le naufrage le 13 janvier 2012 devant l'île toscane du Giglio a fait 32 morts, a recommencé à flotter lundi, ce qui constitue la première phase décisive de son renflouement. Une fois renfloué, le navire, long de 300 m et pesant quelque 115.000 tonnes, prendra le départ vers le port de Gênes (nord-ouest), où il sera démantelé.

Des eaux poissonneuses fréquentées par les dauphins

C'est ce voyage, long de 280 km et d'une durée de quatre jours environ, qui verra le géant des mers passer à 25 km de la Corse, près de l'île d'Elbe, et à 10 km de l'île italienne de Capraia, que pointent du doigt les associations environnementales.

"Le Concordia passera par des zones protégées où évoluent des dauphins, des cachalots, ainsi que des rorquals qui ont pris l'habitude d'emmener leurs petits dans ces eaux poissonneuses au large de Gênes pour les nourrir", explique à l'AFP Giorgia Monti, de Greenpeace. 

La crainte de voir des produits toxiques déversés en mer

L'association environnementale, ainsi que son homologue la plus importante en Italie, Legambiente, craignent que la coque endommagée du paquebot ne supporte pas le voyage et ne se brise, répandant dans la mer un mélange toxique de métaux lourds, huiles, plastiques et autres produits chimiques.

Néanmoins, le plus vraisemblable serait que la coque résiste à la pression mais que des débris se détachent au fur et à mesure, permettant la fuite de quelque 263.000 mètres cubes de liquide pollué en Méditerranée. Autre scénario possible: le déversement dans la mer de la centaine de tonnes de fuel restant dans les réservoirs après avoir été vidés.

Des fuites n'excéderaient pas celles d'un navire normal

"Nous sommes très inquiets des conséquences que cela pourrait avoir sur les cétacés", souligne Mme Monti. En outre, des substances telles des phtalates ou des alkylphénols, contenus dans les câbles, meubles et appareils électriques du navire, pourraient endommager le système reproducteur de ces mammifères.

Propriétaire du bateau, Costa Croisières (groupe Carnival), a insisté sur le fait que les éventuelles fuites n'excéderaient pas ce que répand habituellement tout bateau en Méditerranée, l'une des plus fréquentées du globe.

Deux ans de travaux pour le démantèlement

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A une vitesse ne dépassant pas deux noeuds à l'heure, dix navires accompagneront le paquebot lors de son dernier voyage, afin de collecter les éventuels débris, contrôler la qualité des eaux et prévenir les cétacés de l'approche du Concordia.

Un équipement incluant des barrages anti-pétrole et des appareils à infra-rouge détectant toute trace d'hydrocarbure à la surface de l'eau la nuit, sera embarqué. Une fois arrivé à Gênes, le bateau sera vidé de tout liquide puis découpé en trois parties, avant d'être dépecé, ce qui prendra plus de deux ans.

Le fond marin dégradé sur le site du naufrage

Pendant ce temps, Costa a promis de nettoyer la zone d'échouage du paquebot près du Giglio afin de restituer aux fonds marins leur pureté d'avant le naufrage. Ainsi, les immenses plate-formes sur lesquelles le Concordia a reposé seront démantelées, ainsi que les 21 piliers les soutenant et les 16.000 tonnes de sacs de ciment qui consolidaient les fonds seront transplantées.

Selon Legambiente, si ces infrastructures ont détruit algues et herbes marines, quelque 200 grandes nacres de Méditerranée (Pinna Nobilis) ont en revanche pu être sauvées et seront replantées sur place.

Le Giglio doit revenir à sa virginité d'antan

Gian Luca Galletti, ministre de l'Environnement italien
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S'il a été question à un moment de laisser le site en l'état afin d'en faire une attraction pour touristes, l'idée a depuis été abandonnée. "C'est d'un extrême mauvais goût alors que cette tragédie a coûté la vie à des dizaines de personnes", s'est ainsi insurgé Giampero Sammuri, à la tête du parc naturel national de l'Archipel toscan.

Lundi, le ministre de l'Environnement italien Gian Luca Galletti, a rappelé que Costa s'était engagé à mettre en place une surveillance de l'environnement et des fonds marins pendant cinq ans. "Le Giglio doit revenir à sa virginité d'antan", a-t-il affirmé.

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