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Attentats à Paris : présenté à tort comme l'un des kamikazes, un Français découvre sa photo en une de deux journaux belges

Brahim Ouanda a eu l'horrible surprise de retrouver sa photo en une de deux journaux qui le présentaient comme Brahim Abdeslam, l'un des kamikazes de vendredi.

Attentats à Paris : accusé à tort d'être l'un des kamikazes, un innocent découvre sa photo en une de deux journaux belges
Attentats à Paris : accusé à tort d'être l'un des kamikazes, un innocent découvre sa photo en une de deux journaux belges
Crédit : Facebook / Profil de Tchen Brahim
Charlie Vandekerkhove
Journaliste

"Quand mon grand-frère m'a annoncé le truc, je me suis effondré, j'ai fait une chute de tension, j'étais en sueurs". Brahim Ouanda, un Français de 28 ans habitant Bruxelles a eu la surprise de se retrouver en photo sur la couverture de deux journaux belges. En légende, on le présentait comme Brahim Abdeslam, l'un des terroristes responsables des attentats de Paris, celui qui s'est fait exploser sur le Boulevard Voltaire vendredi 13 novembre. Cette tragique mésaventure, relayée en France par Streetpress, est longuement racontée par la RTBF, qui a pu rencontrer le jeune homme.

"Les yeux rougis par une nuit blanche et les larmes", il raconte comment son cousin, qui travaille dans un aéroport et a donc accès aux journaux avant tout le monde, leur a appris la nouvelle. Sa mère, qui était présente au moment de l'annonce, a elle aussi été bouleversée. "Elle s'est tout de suite retrouvée en état de choc, elle s'est mise à vomir, raconte Brahim Ouanda à la RTBF. On est une famille tranquille, on n'a rien à voir avec tout ce qui s'est passé en France mais aussi à Molenbeek". Le jeune homme a par ailleurs vécu dans ce quartier quand il était plus jeune.

Une photo prise quand il était adolescent

Cette mésaventure, il l'a aussi racontée dans une vidéo, publiée sur Faceboook et visionnée à cette heure à plus de 200.000 reprises. Avec l'aide de Tchen Brahim, un travailleur social qui le connaît depuis l'enfance, Brahim Ouanda s'est rendu au commissariat central de Molenbeek, la nuit dernière. Juste après avoir appris la nouvelle et avoir récupéré un exemplaire des journaux à l'aéroport, pour constater par lui-même.

Au commissariat, les deux hommes reçoivent un accueil musclé : "On nous a braqués, vu le contexte de tensions", explique-t-il à la RTBF. Une fois la situation apaisée, le jeune homme explique son histoire et la police lui précise qu'il n'est pas possible de déposer une plainte pour ces faits, que ce n'est pas "dans ses compétences". Brahim Ouanda a donc pris contact avec un avocat pour qu'il s'occupe du dossier.

PARTAGER: Voilà encore une fois ..on tape au hasard dans la jeunesse..l’identité d'un jeune du quartier usurpé par les médias .Un SCANDALE... mais nous saluons l accueil des policiers qui ont essayer de faire le nécessaire malgré un accueil virulent. On lâchera pas. bienvenue dans le monde de la stigmatisation au 1080

Posté par Tchen Brahim sur lundi 16 novembre 2015

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Outre les deux couvertures papiers des journaux concernés, la photo de Brahim Ouanda est aussi apparue sur le site de l'une des deux publications, DH. Avec pour titre : "Exclu : voici le visage de Brahim, l'autre frères de Salah Abdelslam et kamikaze à Paris (sic)". Comme l'explique Brahim Ouanda à la RTBF, la photo en question a été prise quand il avait environ 14 ans, en marge d'un match de foot, alors qu'il faisait partie du club de Molenbeek City.

Capture d'écran d'une publication de Tchen Brahim, montrant l'article en question sur le site d'un des deux journaux
Capture d'écran d'une publication de Tchen Brahim, montrant l'article en question sur le site d'un des deux journaux
Crédit : Capture d'écran Facebook / Tchen Brahim

Depuis les faits, le jeune homme refuse de sortir de chez lui et devrait consulter un psychologue. L'avocate de la famille a par ailleurs précisé qu'une requête avait été déposée afin de faire retirer de la vente "tous les exemplaires des journaux concernés". La publication d'un démenti a aussi été demandée et un dédommagement sera réclamé.

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