3 min de lecture Islamisme

Attentat déjoué à Paris : Aurélie Châtelain est "une martyre"

L'émotion est immense à Caudry, dont la victime était originaire. Ses proches évoquent une jeune femme souriante, populaire et impliquée dans la vie locale.

Aurélie Châtelain durant un spectacle de danse à Caudry (Nord) le 11 avril 2015
Aurélie Châtelain durant un spectacle de danse à Caudry (Nord) le 11 avril 2015 Crédit : RAYMOND TRUY / MAIRIE DE CAUDRY / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

À Caudry (Nord), le sourire d'Aurélie Châtelain illumine la façade de la mairie. Son portrait a été déroulé à côté du drapeau en berne, en hommage à la jeune femme qui s'est trouvée "au mauvais endroit, au mauvais moment" mais qui a peut-être aidé à sauver des vies.

La ville, plus connue jusqu'à présent pour être la capitale de la dentelle, fait le deuil de son ancienne conseillère municipale, 32 ans, décédée dimanche, victime du tueur présumé Sid Ahmed Ghlam, lui-même soupçonné d'avoir été sur le point de perpétrer des attaques terroristes.

Elle était à Paris pour un projet professionnel

"Sans le savoir, elle a sauvé des vies", a confié son père à l'AFP, par téléphone, lors d'un bref entretien. "C'était ma fille, je ne veux qu'une chose c'est que la peine de mort soit rétablie". Il ne souhaite désormais plus recevoir de journalistes.

En ville, Claude, retraité, ajuste son téléphone pour prendre en photo la façade de la mairie. "Elle était partie pour quelque chose de joyeux, elle s'est retrouvée dans un système qui nous dépasse tous", constate tristement cet habitant.

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Aurélie Châtelain s'était rendue à Villejuif (Val-de-Marne) pour un stage de pilates, un projet de carrière, confie le maire Guy Bricout. "Elle en parlait beaucoup de ce stage", se souvient-il.

Vol de voiture

Elle déjeunait dans sa voiture quand le drame s'est déroulé, quand le tueur présumé a voulu lui voler son véhicule, lui a-t-on rapporté.

"C'est le destin, la fatalité", soupire-t-il. L'élu montre des photos d'Aurélie Châtelain, qu'il a côtoyée au conseil municipal entre 2008 et 2014. Arborant ce même sourire en tenue de danse orientale, elle participait à l'animation d'un tournoi de boxe thaï il y a une semaine à peine.

Très populaire à Caudry

A l'entrée de la mairie, une urne recueille les dons destinés à la fille d'Aurélie Châtelain, 5 ans. Sur le livre d'or, les habitants laissent quelques mots de soutien.

"C'est pour la famille, je connais les parents", souffle Sébastien, postier à Caudry. "C'était une femme souriante, belle, elle parlait avec toutes les personnes. Je la côtoyais dans mon travail, ses commandes de colis surtout", explique-t-il, réprimant difficilement sa peine.

Par ses activités à la mairie mais aussi dans la vie associative, en tant que professeur de danse et de fitness, Aurélie Châtelain a touché beaucoup de Caudrésiens.

Aurélie, une "martyre"

"Il y a un rayon de soleil en moins" dans la ville, note Gérard Timoléon, président de l’association qui gère une web TV locale, Caudrevision.

Ils ont fait d'elle sans le vouloir une martyre.

Gérard Timoléon, journaliste à Caudry
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"Il y a 15 jours on a tourné un reportage dans lequel on voyait Aurélie. On a hésité à mettre en ligne la vidéo, mais des gens nous ont dit qu'ils voulaient la voir, comme un hommage. D'autres personnes nous ont remerciés de leur avoir présentée, au travers des images", raconte le journaliste local.

"Ils ont fait d'elle sans le vouloir une martyre. Son décès a fait éviter, indirectement, des dizaines, voire des centaines de victimes", ajoute-t-il.

La Légion d'honneur pour Aurélie

Le maire de Caudry a d'ailleurs annoncé qu'il allait demander la Légion d'honneur, pour "son acte courageux", même s'il n'était pas forcément volontaire. Il a également demandé à la municipalité de Villejuif de faire d'Aurélie une citoyenne d'honneur.

"Elle est partie comme ça, pour rien", regrette Fahibiouch, un jeune homme qui pourrait bien avoir son âge. "On n'est plus en sécurité nulle part. On a ça dans la tête, on se sent mal à l'aise", ajoute-il.

"Plus le temps passe, plus on mesure ce que va être son absence", conclut Guy Bricout. Une marche blanche est prévue dimanche à 11h45.

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