2 min de lecture Tirs dans un Thalys

Attentat dans le Thalys : "Je ferme les yeux, je suis sûr qu'il va m'achever", se souvient le héros Mark Moogalian

Un an après l'attaque du Thalys reliant Amsterdam à Paris, le 21 août 2015, Mark Moogalian qui a permis d'éviter l'attaque, revient sur ce jour qui a marqué sa vie.

Mark Moogalian lors de son évacuation du Thalys dans une ambulance le 21 août 2015.
Mark Moogalian lors de son évacuation du Thalys dans une ambulance le 21 août 2015. Crédit : STRINGER / AFP
Marie de Fournas

Il fait partie des quelques hommes qui ont permis d'éviter le drame du Thalys du 21 août 2015. Le courageux professeur d'anglais de 52 ans a réussi à s'emparer du fusil d'assaut avec lequel Ayoub el-Khazzani s'apprêtait à commettre un massacre. Blessé d'une balle dans le dos par le terroriste, il s'en est finalement sorti. Un an plus tard, Mark Moogalian revient dans une interview pour Le Parisien, sur cette journée qu'il se repasse tous les jours dans sa tête. 

Le 21 août 2015, Mark Moogalian voyage avec sa femme à bord du Thalys qui relie Amsterdam à Paris. Il se souvient de cet homme qui entre dans les toilettes avec sa valise à roulette et attire son attention. Le professeur se lève pour "jeter un coup d'œil". "Je tourne alors la tête. El-Khazzani est là, l'AK-47 dans sa main droite", raconte-t-il au journal. Il voit un passager se jeter sur l'homme et l'agripper au cou. Dans un élan de courage, il se rue également sur le terroriste pour lui saisir son arme : "Je m'enfuis avec en hurlant 'I've got the gun !' (NDLR : j'ai l'arme !). Puis j'entends une détonation". 

Je me dis alors que par chance, je ne serai que le seul mort

Mark Moogalian, un des héros du Thalys
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Ayoub el-Khazzani vient de lui tirer dans le dos avec son pistolet. Mark s'effondre au sol. "Je me dis que je vais mourir à bord de ce train. Je saigne abondamment. El-Khazzani arrive, s'agenouille pour récupérer son arme. Je ferme les yeux. Je suis sûr qu'il va m'achever", se remémore-t-il. Le terroriste n'en aura pas le temps puisque Spencer Stone, un autre héros du Thalys, maîtrise le Marocain de 25 ans. 

"Je me dis alors que par chance, je ne serai que le seul mort, confie le professeur, persuadé qu'il va succomber des suites de sa blessure. Ma tête est légère. Je revois ma mère dans mon enfance. C'est agréable. Mais je pense alors que si je ne rouvre pas les yeux, je ne les rouvrirai plus jamais". Lorsqu'il se réveille, Spencer qui par chance est ambulancier dans l'armée, l'a pris en charge. "Tu es un héros, faut qu'on aille boire une bière ensemble", lui répète-t-il.

Des séquelles physiques et psychologiques

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S'il a survécu à cette attaque, Mark Mooglian garde des séquelles physiques : "J'ai toujours des problèmes à ma main et à mon bras gauche". Les blessures sont aussi psychologiques. "J'étais heureux d'avoir survécu. Puis sont apparues ces petites sautes d'humeur, ces montées émotionnelles disproportionnées, dont on finit par comprendre qu'elles ont un lien avec tout ça", assure-t-il. Le 27 juin dernier, Mark a revu pour la première fois les autres héros de cette journée à l'ambassade des États-Unis en France. Aujourd'hui, il a bien conscience d'être un survivant, même s'il n'a "jamais pris la vie comme quelque chose d'acquis".

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