2 min de lecture Attentats à Paris

Assaut à Saint-Denis : les sinistrés réclament le statut de victimes du terrorisme

Les membres du Collectif du 18-Novembre Saint-Denis, créé mercredi 16 novembre par des sinistrés de l'assaut du Raid, s'estiment "maltraités par la mairie, ignorés par les banques-assurances et abandonnés par l'Etat".

L'immeuble pris d'assaut par le RAID et la BRI à Saint-Denis
L'immeuble pris d'assaut par le RAID et la BRI à Saint-Denis Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

C'était il y a un an. Le 18 novembre 2015, les unités du Raid lançaient l’assaut contre le jihadiste Abdelhamid Abaaoud et ses complices qui s'étaient retranchés dans un immeuble de Saint-Denis, quelques jours après les attentats meurtriers du 13 novembre. Aujourd'hui, des sinistrés de ce bâtiment dévasté veulent être reconnus comme victimes du terrorisme. C'est dans ce but qu'ils ont annoncé, mercredi 16 novembre, la création du Collectif du 18-Novembre Saint-Denis, qui réunit actuellement une vingtaine de personnes, selon son avocat Méhana Mouhou. 

Composé notamment de copropriétaires de l'immeuble à l'angle des rues du Corbillon et de la République, dans le centre de cette ville de Seine-Saint-Denis, devenu inhabitable après l'assaut des policiers d'élite, le collectif s'estime "maltraité par la mairie, ignoré par les banques-assurances et abandonnés par l'Etat". Ses membres demandent d'être "reconnus victimes du terrorisme pour [leurs] corps blessés, [leurs] vies brisés, [leurs] biens perdus le 18 novembre 2015 pour protéger la Nation".

Pendant un an on a nous a demandé de faire profil bas

Une sinistrée
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Aujourd'hui considérés comme des victimes d'une intervention policière "en responsabilité sans faute de l'État", les sinistrés n'ont pas accès au Fonds de garantie des victimes du terrorisme, un service du ministère de la Justice étant chargé de leur proposer des indemnisations. Ils ont également réclamé lors d'une conférence de presse tenue dans la capitale à être reçu "d'urgence" par François Hollande. "Pendant un an on a nous a demandé de faire profil bas", a affirmé une propriétaire. "Si les terroristes s'étaient planqués à Paris ça ne se serait jamais passé comme ça, ils ont géré ça comme un dossier de banlieue pauvre", déplore-t-elle.

Après l'assaut, une association avait été créée, épaulée par Droit au logement (DAL), qui milite pour le relogement pérenne des sinistrés, la régularisation des sans-papiers de l'immeuble et la reconnaissance comme victimes du terrorisme. Si le nouveau collectif s'inscrit dans la même ligne, certains de ses membres ont confié ne pas se sentir représentés par le DAL, proche selon eux de la municipalité communiste pour qui "tous les propriétaires sont des marchands de sommeil". Pour marquer l'anniversaire de l'assaut, le collectif prévoit de déposer jeudi une plaque sur l'immeuble. La mairie a quant à elle enclenché une procédure d'appropriation publique du bâtiment, en vue d'une "démolition probable".

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