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Loi Veil : 42 ans après, le droit à l'avortement est toujours menacé

ÉDITO - Simone Veil, décédée ce vendredi 30 juin 2017, est celle qui a défendu la loi du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse. Près de 42 ans plus tard, ce droit est encore remis en cause par des groupes bien organisés.

Simone Veil, à l'Assemblée nationale
Simone Veil, à l'Assemblée nationale Crédit : AURORE/SIPA
ArièleBonte
Arièle Bonte

C'est un droit fondamental souvent remis sur le devant de la scène. Cette année particulièrement, entre déclarations de candidats à la présidentielle, condamnation des sites se faisant passer pour des structures gouvernementales ou campagnes coup de poing affichées à la sauvage dans le métro parisien.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est l'un des combats les plus célèbres de Simone Veil, décédée ce vendredi 30 juin à l'âge de 89 ans. L'Histoire se souvient de son célèbre discours à l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974.

"L’histoire nous montre que les grands débats qui ont divisé un moment les Français apparaissent avec le recul du temps comme une étape nécessaire à la formation d’un nouveau consensus social, qui s’inscrit dans la tradition de tolérance et de mesure de notre pays", expliquait Simone Veil dans son allocution avant de conclure : "Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir".

Des campagnes sauvages contre l'IVG

42 ans plus tard, et malgré l'optimisme de Simone Veil, force est de constater que le droit fondamental à l'IVG (affirmé et même réaffirmé par l'Assemblée nationale en 2014) n'est pas si fondamental que cela pour tous les Français et toutes les Françaises.

Marlène Schiappa a beau avoir rappelé que l'avortement est un droit, dans un tweet partagé le 28 juin dernier, il existe encore aujourd'hui des groupes d'action ainsi que des hommes et femmes politiques le remettant en cause ou portant affront aux femmes ayant eu recours à une IVG.

Dernier exemple en date avec HelloAsso, une plateforme numérique permettant à des associations de recevoir des dons via Internet. HelloAsso s'est résolue à suspendre la collecte de l’association Life Parade, "celle-ci ayant lancé une collecte au profit du mouvement Les Survivants sur la plateforme", peut-on lire dans un communiqué. 

En cause ? Cette collecte de fonds permettait de financer l'action médiatique des Survivants, mouvement anti-IVG qui s'est fait connaître avec ses affiches collées à la sauvage dans le métro parisien et dénonçant l'avortement, rappelle un article publié dans Le Monde.

Ce n'est pas la première fois que ce groupe utilise une action coup de poing pour faire passer ses idées contre la loi défendue par Simone Veil. Au mois d'août 2016, Les Survivants avaient déjà utilisé l'univers Pokemon Go pour faire passer leur message d'opposition à l'interruption volontaire de grossesse.

La fin de l'année 2016 et la première moité de 2017 ont vu fleurir d'autres actions anti-avortement. Du manuel distribué dans les lycées à la "Marche pour la vie" en janvier dernier, les anti sont on ne peut plus actifs sur le terrain comme sur Internet. Le délit d'entrave numérique à l'IVG a par ailleurs été définitivement adopté par le Parlement français.

L'IVG dans la campagne présidentielle

L'année 2017 a également été marquée par une campagne présidentielle au cours de laquelle le droit à l'avortement a été l'un des grands absents des débats et programmes des candidats

À l'exception de François Fillon qui, alors candidat à la primaire de la droite, a expliqué sur le plateau de France 2 devant Léa Salamé : "Je dis immédiatement que personne, et certainement pas moi, ne reviendra sur l'avortement. (...) Je suis capable de faire la différence entre mes convictions et le bien public, l'intérêt général. Je considère que l'intérêt général, ce n'est pas de rouvrir ce débat." Les convictions personnelles de François Fillon étaient contre l'IVG, avait-il affirmé à Alain Juppé lors d'un débat de la primaire de la droite. 

D'autres pays ont à leur tête des Chefs d'États anti-IVG. Aux États-Unis, par exemple, Donald Trump mène depuis son élection une guerre contre le planning familial et le droit d'avorter en toute sécurité.

Des lois qui font écho à l'une des fictions d'anticipation les plus ancrées dans l'actualité : The Handmaid's Taleune série diffusée en France sur OCS dans laquelle les femmes fertiles sont réduites à l'état d'esclavage reproductif. On nous aura prévenues.

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ÉDITO - Simone Veil, décédée ce vendredi 30 juin 2017, est celle qui a défendu la loi du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse. Près de 42 ans plus tard, ce droit est encore remis en cause par des groupes bien organisés.
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2017-06-30 12:17:00
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