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Google, Amazon, Apple, Orange...Tout comprendre aux assistants vocaux qui arrivent en France

Au coeur d'une intense bataille entre les acteurs dominants de l'informatique aux États-Unis, les majordomes virtuels s'apprêtent à investir les foyers français.

Google va lancer sa borne intelligente Google Home en France
Google va lancer sa borne intelligente Google Home en France Crédit : Google
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Benjamin Hue
Journaliste RTL

Ils se présentent comme des enceintes de forme cylindrique ou ovoïde et promettent de répondre à toutes les commandes vocales de leurs propriétaires grâce aux intelligences artificielles qu'ils renferment. Au coeur d'une intense bataille entre les acteurs dominants de l'informatique aux États-Unis, les assistants personnels vocaux s'apprêtent à investir les foyers français. Premier de cordée dans l'Hexagone, Google a annoncé mercredi 18 mai, à l'occasion de l'ouverture de la conférence annuelle des développeurs Google I/O le lancement de sa solution Google Home en France cet été.

L'appareil est disponible depuis jeudi 3 août sur le Google Store et sera commercialisé en boutique à partir du 8 août au prix de 149 euros.

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L'enjeu est important : il s'agit de s'imposer comme le principal moyen d'interaction entre l'homme et la machine à l'heure où la voix s'impose comme la nouvelle révolution technologique. "Nous assistons à un nouveau basculement dans l'informatique: le passage de l'ère du mobile à l'ère de l'intelligence artificielle. Cela nous contraint à ré-imaginer nos produits pour un monde qui permet une interaction plus naturelle et fluide avec la technologie", a expliqué le PDG de Google, Sundar Pichai, mercredi. 

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Google I/O 2017 | New features coming to Google Home

Commercialisé aux États-Unis pour 129 dollars, Google Home permet de faire appel à Google dans n'importe quelle pièce du foyer. Il répond aux instructions vocales commençant par "OK Google" et peut jouer de la musique, effectuer des achats en ligne, dire la météo, commander un taxi ou commander à distance les objets connectés domestiques. 

Toutes ces actions sont exécutées par Google Assistant, l'assistant virtuel intelligent de Google. Nourri à l'intelligence artificielle, ce logiciel est capable de répondre aux questions formulées en langage naturel, d'apporter des informations pertinentes en fonction du contexte, de faire des recherches parmi les milliards de données traitées par Google Search et de rediriger vers les nombreux services de la galaxie Google. Il est le majordome virtuel le plus avancé à l'heure actuelle.

Amazon en avance aux États-Unis

Malgré ces atouts technologiques, il n'est pas la solution la plus répandue sur le marché. Limité aux appareils Android, Google Assistant est pour l'instant devancé par Amazon qui a eu la bonne idée d'ouvrir son assistant plus tôt à d'autres fabricants. Baptisé Alexa, l'assistant d'Amazon a été lancé dès 2014 au sein de la borne Echo, l'équivalent de Google Home. Capable de reconnaître la voix de ses propriétaires, de converser avec eux pour les aider au quotidien et de piloter des objets connectés, Alexa a trouvé sa place dans de nombreux objets connectés où la commande vocale est plus naturelle que les interactions au clavier. Au Consumer Electronics Show de Las Vegas, en janvier dernier, Alexa était intégré dans des frigos LG, des voitures Ford, des lave-linge Whirlpool, un smartphone Huawei et même dans un baby-phone Mattel.

La quatrième vesion de la borne Echo d'Amazon comprend un écran de 7 pouces et les appels téléphoniques gratuits
La quatrième vesion de la borne Echo d'Amazon comprend un écran de 7 pouces et les appels téléphoniques gratuits Crédit : AFP

Alexa dispose aujourd'hui de plus de 7.000 applications compatibles avec des commandes vocales et Amazon vient de lancer la quatrième version de sa borne Echo. Commercialisée au prix de 230 dollars, contre 150 dollars pour la version précédente, cette dernière est désormais dotée d'un écran de 7 pouces lui permettant d'offrir de nouvelles fonctionnalités, comme les SMS et appels gratuits par visioconférence ou le visionnage de vidéos. Les analystes lui prédisent des débouchés prometteurs dans les fonctionnalités liées à la caméra, comme la surveillance de patients ou de personnes âgées. 

Nouvelles fonctions et nouveaux horizons pour Google Assistant

Bien décidé à ne pas laisser Alexa s'imposer comme l'interface de référence entre l'homme et les objets connectés, Google a traduit son assistant dans de nouvelles langues. Outre le français, Assistant comprendra et parlera l'allemand, le japonais et le portugais cet été, avant l'espagnol, l'italien et le coréen à la fin de l'année. Alexa ne parle pour l'instant que l'anglais et l'allemand. Google Assistant va aussi s'ouvrir à iOS et partir à la conquête des utilisateurs d'iPhone et d'iPad, deux mois après l'intégration d'Alexa à l'application iOS d'Amazon. Une concurrence sérieuse pour Siri même si son intégration sera moins poussée que sur Android où un bouton permet de le convoquer directement.

Pour encourager son adoption par le plus grand nombre, l'assistant de Google va gagner de nouvelles fonctions. Il sera bientôt possible d'interagir avec lui via le clavier lorsque le contexte ne se prête pas à une commande vocale. Il pourra également analyser des images en réalité augmentée via le service Google Lens qui utilisera la caméra des smartphones pour scanner des objets et donner des informations à leur sujet sous la forme de vignettes virtuelles. Assistant pourra par exemple scanner un code Wifi directement sur une box pour éviter d'avoir à le taper à la main ou proposer des billets de concerts en dirigeant l'appareil photo vers une affiche. 

Google Lens est capable de scanner un code Wifi sur une box
Google Lens est capable de scanner un code Wifi sur une box

Au chapitre des améliorations toujours, Google a annoncé que sa borne intelligente Home serait bientôt compatible avec Chromecast. Elle pourra ainsi afficher le résultat des recherches de l'assistant sur le plus grand écran de la maison, la télévision. Des partenariats ont aussi été noués avec plusieurs fabricants (dont General Electric et LG) pour la faire communiquer avec davantage d'objets connectés domestiques. Enfin, Google Home proposera lui aussi les appels téléphoniques gratuits, aux États-Unis et au Canada dans un premier temps.

Google investit la France avant Orange

En commercialisant Google Home en France dès cet été, Google prend de court tous ses concurrents. Amazon n'a pas prévu de lancer Echo dans l'Hexagone avant le début de l'année prochaine. Microsoft vient seulement d'annoncer le lancement aux États-Unis de sa propre enceinte intelligente en partenariat avec le spécialiste de l'audio Harman Kardon. Baptisée Invoke, elle sera contrôlée par l'assistant Cortana et mise sur l'écosystème logiciel de Windows 10 pour tirer son épingle du jeu. Elle permettra notamment de passer des appels gratuits via Skype, d'écouter de la musique, de commander des services, de contrôler les objets connectés et de gérer les emplois du temps des membres du foyer, mais ne sera pas disponible avant plusieurs mois en France. 

Pionnier des assistants personnels mais désormais dépassé par la concurrence, Apple a annoncé lors de la dernière WWDC un approfondissement de Siri et le lancement en 2018 du HomPod, une enceinte intelligente qui met l'accent sur le son pour jouer à la fois sur les plates-bandes de l'Amazon Echo et de Sonos. Chez Samsung, le nouvel assistant Bixby n'est pour l'instant qu'une promesse et la plupart de ses fonctions n'ont pas encore été déployées à grande échelle. Google grille aussi la politesse à Orange, dont l'assistant intelligent Djingo, permettant de contrôler la box Internet, les objets connectés et de passer des appels, ne sera pas disponible en France avant le premier semestre 2018.

Désireux de trouver lui aussi sa place dans les foyers, Facebook est également en train de développer son propre assistant domestique. Différent des produits proposés par Google, Amazon et Apple, l'appareil devrait prendre la forme d'une tablette dotée de micros et de plusieurs haut-parleurs. Il ne fonctionnerait pas à la voix mais seulement par l'intermédiaire de son écran tactile de 13 à pouces. Selon Bloomberg, cet appareil Android hybride serait principalement dédié aux conversations vidéos sur Facebook Messenger avant d'intégrer par la suite des fonctionnalités d'assistance vocales plus poussées lorsque l'assistant personnel de Facebook, baptisé M, aura atteint sa maturité. Facebook vient d'ailleurs de faire l'acquisition d'une société spécialisée dans l'intelligence artificielle pour atteindre cet objectif.

Pas encore de véritable modèle publicitaire

L'arrivée de Google Home en France va marquer une étape importante dans la démocratisation des assistants intelligents. Si la reconnaissance vocale apparaît comme la prochaine interface majeure entre l'homme et la machine, après le clavier, la souris et l'écran tactile, les fabricants sont encore à la recherche d'un modèle économique rentable. Amazon ne tire pas encore de profits directs de son produit mais fait le pari que les utilisateurs passeront des commandes sur son site de e-commerce depuis leur borne connectée et souscriront ensuite à un abonnement premium.

Au regard du pedigree des entreprises engagées dans cette voie - Google est le champion de la publicité sur mobile et Amazon celui du commerce en ligne - la question de la monétisation par la publicité semble inévitable. Mais aucun des acteurs n'a pour l'instant trouvé de solution. Diffuser de la publicité sur une enceinte qui collecte des informations personnelles en permanence est mal perçu par les consommateurs. Aux États-Unis, Google a enregistré de nombreuses plaintes après la diffusion d'un contenu publicitaire. En janvier, des enceintes Amazon ont interprété comme une commande vocale une injonction donnée lors d'une émission de télévision et commandé des maisons de poupées sans l'accord de leurs propriétaires

Rassurer sur les données personnelles

Pour s'imposer dans la durée, Google et consorts vont devoir démontrer aux consommateurs que l'impact de leurs produits sur leur bien-être vaut bien de franchir un cap supplémentaire dans l'intrusion dans leur quotidien. Google Assistant a été vivement critiqué à son lancement par les défenseurs de la vie privée pour sa propension à collecter des informations personnelles. Mais pour être pertinentes, les intelligences artificielles derrière les assistants virtuels doivent se nourrir d'un maximum de données personnelles pour apprendre des habitudes de leurs utilisateurs et leur formuler des suggestions adaptées.

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2017-05-20 10:00:00
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