EN IMAGES - Notre-Dame-des-Landes : début de l'intervention policière contre les opposants qui bloquent le périphérique nantais

Les manifestants réclament l'abandon des procédures d'expulsion contre 11 familles et quatre agriculteurs installés sur le site.

Plusieurs centaines de CRS avec des lanceurs d'eau et une dépanneuse ont lancé leur intervention le 9 janvier vers 23h contre les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des Landes qui bloquaient l'un des principaux ponts de Nantes et le périphérique de la ville depuis le début de l'après-midi. 

Cette action des forces de l'ordre a eu lieu après l'échec d'une première tentative de négociation afin d'obtenir un déblocage volontaire de la part des manifestants. Le dialogue a ensuite repris après le début de cette intervention mais la situation est tendue sur place, notamment entre les opposants.

Selon les organisateurs, 20.000 personnes ont bloqué le périphérique de Nantes samedi 9 janvier. La police estimait à 7.200 le nombre de manifestants. Les opposants refusent de dégager le périphérique. Les accès nord et sud du pont de Cheviré étaient bloqués par des tracteurs.

Les manifestants réclament l'abandon des procédures d'expulsion contre 11 familles et quatre agriculteurs sur le site du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes par le chef de l'État François Hollande. À en croire l'association Des Ailes pour l'Ouest, partisane du projet, 260 autres habitants ont accepté les procédures d'indemnisation. Il s'agit de la mobilisation la plus forte depuis la manifestation du 22 février 2014, lorsqu'au moins 20.000 personnes s'étaient rassemblées dans le centre-ville de Nantes.

Les organisateurs avaient prévu d'appeler à la dispersion de la manifestation dès 15h30. Pourtant, plusieurs organisations paysannes ont annoncé au mégaphone qu'elles poursuivraient une occupation illimitée du site prévu pour le futur aéroport nantais tant que François Hollande ne les entendraient pas. Bruno Gris, président du Groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique, a expliqué à l'AFP qu'"il n'est pas question de laisser planer la menace d'une expulsion sur les collègues de Notre-Dame-des-Landes. Nous refusons la rupture de ce contrat moral que constituait l'engagement de François Hollande". 

Le groupe Vinci doit demander l'expulsion immédiate d'une quinzaine d'habitants

Cette "démonstration de force" vise à faire "plier" le gouvernement, quatre jours avant une audience judiciaire, lors de laquelle Aéroports du Grand Ouest (Vinci), concessionnaire du futur aéroport, compte demander l'expulsion immédiate de ces habitants, assortie d'une astreinte journalière de 200 à 1.000 euros et d'une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s'ils n'obtempèrent pas. Le 30 octobre 2015, une relance "pour 2016" du chantier avait été actée après la validation par le tribunal administratif de Nantes des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux. 

Sous un ciel serein, un premier convoi, composé de quelque 200 cyclistes et d'une dizaine de tracteurs, est parti vers 9h du bourg de Notre-Dame-des-Landes, équipé de drapeaux et de pancartes sur lesquelles on peut lire "Non aux expulsions" ou encore "Oui aux paysans". Lors d'une prise de parole par mégaphone, les organisateurs ont appelé les participants à "bloquer le périf dans la bonne ambiance" en évitant par exemple de s'en prendre à la signalisation routière.

Le centre-ville de Nantes épargné

Ce premier convoi a récupéré plusieurs centaines d'autres manifestants sur la "Zone d'aménagement différé", la fameuse "ZAD" rebaptisée "Zone à défendre" par les opposants au projet d'aéroport, qui sont environ 200 à vivre sur place en pleine nature dans des logements de fortune. Des manifestants cagoulés ont pris place dans des remorques de tracteurs. Quatre autres convois de tracteurs et de piétons ont prévu de converger vers le périphérique nantais puis vers le sud du grand pont de Cheviré, qui enjambe la Loire, pour un "grand banquet". La préfecture de Loire-Atlantique n'a pas interdit la manifestation et recommande de différer ou limiter les déplacements, et de privilégier les transports en commun.

L'objectif est d'interpeller François Hollande pour obtenir l'annulation des procédures d'expulsion.

Camille, porte-parole des zadistes

"L'objectif est d'interpeller François Hollande pour obtenir l'annulation des procédures d'expulsion", explique "Camille", un jeune homme qui utilise ce prénom unisexe afin de protéger l'identité des "zadistes". "On continuera la mobilisation tant que les expulsions n'auront pas été annulées", promet-il, tout en assurant que cinq nouvelles espèces protégées viennent d'être découvertes sur la ZAD, interdisant selon lui la destruction du milieu.

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EN IMAGES - Notre-Dame-des-Landes : début de l'intervention policière contre les opposants qui bloquent le périphérique nantais
EN IMAGES - Notre-Dame-des-Landes : début de l'intervention policière contre les opposants qui bloquent le périphérique nantais
Les manifestants réclament l'abandon des procédures d'expulsion contre 11 familles et quatre agriculteurs installés sur le site.
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2016-01-09 11:58:00
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