L'alimentation bio, un secteur qui a le vent en poupe

Avec des consommateurs plus soucieux de leur santé et de l'environnement, l'économie du bio se porte bien.

Le marché bio de Revel en Haute-Garonne le 23 août 2014.
Crédit : REMY GABALDA / AFP
Le marché bio de Revel en Haute-Garonne le 23 août 2014.

Plus seulement cantonné aux magasins spécialisés, le bio est désormais partout. Par souci de santé, d'environnement ou juste pour le plaisir du goût, l'alimentation bio s'invite de plus en plus dans les assiettes des Français. Un engouement qui profite à tous les circuits de distribution : grandes surfaces, enseignes spécialisées ou marchés.

L'oeuf bio est particulièrement sollicité (près de 20% des ventes d'oeufs), tout comme le lait (12%) et les fruits et légumes courants (7%).

Au total le chiffre d'affaires du secteur a grimpé de 10% en 2014, pour atteindre 5 milliards d'euros. Même s'il ne représente que 2,5% des ventes d'alimentation, c'est une gageure dans un environnement économique au ralenti.

Les magasins bio prospèrent

"La multiplication des points de vente a largement participé" à cette popularité, estime la directrice de l'Agence Bio Élisabeth Mercier. Selon cet organisme public, qui organisait du 1er au 15 juin l'opération de promotion et d'information "Le Printemps Bio", neuf français sur dix consomment occasionnellement du bio, et six sur dix régulièrement.

"Depuis trois ans, on enregistre un taux de croissance de 13 à 14%", se félicite Gilles Piquet-Pellorce, directeur général de Biocoop. Longtemps taxée de sectaire, l'enseigne revendique son militantisme. Mais elle a "adapté son discours pour des consommateurs qui ne sont pas forcément initiés 'à la bio'". Résultat : Biocoop a ouvert 17 nouveaux magasins en 2014 et compte désormais quelque 360 emplacements. 

La Vie Claire en dénombre 245 et Naturalia inaugure mardi 16 juin son 100e point de vente. Parmi les derniers arrivés sur le créneau, Bio c'Bon grandit tambour battant : plus de 70 magasins en 7 ans.

Les hypermarchés ont leur marque distributeur bio

Le bio a aussi trouvé sa place sur les étals des grandes et moyennes surfaces, où se vend 46% de la production (contre 36% dans les magasins spécialisés, 13% en vente directe et 5% chez les artisans-commerçants). Des "corners bio" ont ainsi fleuri dans les hypermarchés, comme chez Casino, qui propose plus de 1.000 produits estampillés biologiques. 

La cherté du bio restant un frein à son développement, les grands groupes parient sur leurs marques propres : avec "Carrefour Bio", le numéro un de la distribution en France se targue de proposer des tarifs 30% moins chers que les grandes marques. Le slogan de son concurrent Leclerc est "Bio Village, le bio à prix raisonnable".

Les grands groupes ouvrent leurs propres magasins bio

Pour séduire les clients, il faut également leur offrir une large gamme de produits du quotidien. Mais aussi faire preuve de pédagogie, en leur suggérant "des recettes nouvelles liées à l'ADN du bio, comme par exemple l'univers des céréales et des graines", remarque Richard Vavasseur, directeur des marques premium chez Carrefour.

Les géants de la distribution s'essaient aussi aux magasins spécialisés. Au-delà de Naturalia, dans le giron de Monoprix (groupe Casino) depuis 2008, Carrefour gère deux points de vente exclusivement bio. Auchan a ouvert la boutique Coeur de Nature en 2012. Cette dernière a atteint l'équilibre fin 2014, ouvrant la voie à d'autres magasins similaires.

Une clientèle au pouvoir d'achat élevé

Le bio a encore quelques belles années avant d'arriver à une phase de maturité, prédisent plusieurs observateurs contactés par l'AFP. Dans les grandes surfaces, le bio rapporte moins au mètre carré que l'épicerie conventionnelle, mais attire une clientèle au pouvoir d'achat plus élevé. C'est le cas aussi dans les enseignes spécialisées, qui misent sur leur capacité à conseiller des clients toujours plus soucieux de la qualité de leur nourriture.

Pour répondre à la demande, les conversions d'agriculteurs se multiplient (4% des surfaces cultivées en France). En conséquence, 76% des produits bio consommés dans l'Hexagone y sont produits. Certains craignent toutefois que l'approvisionnement peine à suivre.

Le bio épargné par la guerre des prix

Gilles Piquet-Pellorce, de Biocoop, redoute aussi l'opportunisme de quelques acteurs qui "considèrent que la bio est un marché comme les autres, qu'on peut aller chercher des produits à l'autre bout du monde", ou acheter des tomates certes labellisées, mais "ayant poussé sur des mers de plastique en Espagne". 

Le bio semble, en tout cas, relativement épargné par la guerre des prix qui fait rage dans la grande distribution. Si les négociations commerciales avec les plus grands groupes, comme la marque de gâteaux et céréales Bjorg, peuvent parfois se révéler âpres, "le secteur est caractérisé par un engagement un peu plus fort des différents partenaires", assure Élisabeth Mercier.

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2015-06-15 21:24:00
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