État d'urgence : "J'ai été traité comme un terroriste", témoigne Isaa, un ancien assigné à résidence

TÉMOIGNAGE - Assigné à résidence, Isaa, qui a "perdu son travail", dit avoir "subi l'humiliation et la honte".

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État d'urgence : "J'ai été traité comme un terroriste", témoigne Isaa, un ancien assigné à résidence Crédit Image : ELSNER FABRICE/SIPA Crédit Média : Sina Mir

Depuis trois mois, la France vit sous état d'urgence. Le régime a été reconduit vendredi 26 février pour une nouvelle durée de trois mois. Pour certains assignés à résidence, c'est l'heure des comptes. Ils sont cinq, pour le moment, à avoir porté plainte contre le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. 

Isaa a vécu trois mois avec le poids du soupçon. "Pendant ces trois mois, j'ai subi l'humiliation, la honte. J'ai dû venir trois fois par jour, j'ai fait un calcul, ça fait à peu près 600 km. On ne pouvait pas me laisser sortir pour aller voir ma mère qui était malade sur son lit. J'ai perdu mon travail. Mon patron m'a dit : 'Je ne peux pas te garder. Maintenant, je dois vite passer à autre chose. Je suis désolé'", raconte cet ancien assigné à résidence originaire de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie).

Au micro de RTL, le jeune homme dit avoir été "traité comme un terroriste". Sur sa notification est inscrit "islamiste radical". "J'ai fait le tour de mes voisins pour leur expliquer que je suis accusé sur des choses graves. Pour moi, le ministre devrait faire le tour de chaque personne à qui il a enlevé des droits pour formuler des excuses."

Sur les 400 assignations à résidence prononcées, 100 ont été renouvelées

Selon la justice, il y a eu des abus sous le régime de l'état d'urgence. La ligue des droits de l'Homme et les avocats de ces anciens assignés sont aussi d'accord pour le dire. La justice a suspendu une quinzaine d'assignations à résidence prononcées par l'État depuis le 13 novembre. 

Le fait que le ministère ait abrogé une cinquantaine de cas la veille d'un recours en justice montre que ces décisions n'étaient pas fondées. Sur les près de 400 assignations prononcées en trois mois, moins de 100 ont été renouvelées ce 26 février. Après avoir ratissé large, la place Beauvau dit vouloir "se concentrer sur le haut du spectre". Deux attentats ont été déjoués depuis le 13 novembre, à Tours et à Orléans. "3.426 perquisitions avaient été menées dans le cadre de l'état d'urgence, 402 personnes ont été interpellées, 351 ont été placées en garde à vue et près de 600 armes ont été saisies."

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par Sina MirJournaliste RTL
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2016-02-26 09:35:00
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