VIDÉOS - Affaire Jérôme Cahuzac : retour en 4 actes sur le scandale politique

ÉCLAIRAGE - L'ancien ministre du Budget de François Hollande risque jusqu'à sept ans de prison pour fraude fiscale à l'issue de son procès qui débute lundi 8 février. Il a été le propriétaire d'un compte caché en Suisse lorsqu'il n'était que chirurgien.

Jérôme Cahuzac, le 23 juillet 2013, à Paris (archives) >
Le déoulement de l'affaire Jérôme Cahuzac Crédit Image : MARTIN BUREAU / AFP | Crédits Média : | Durée : | Date :
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Son scénario aurait pu inspirer plus d'un réalisateur intéressé par les secrets politico-financiers de la République. Lundi 8 février, une nouvelle page s'ouvre pour Jérôme Cahuzac. Bien que son procès pourrait être reporté pour des questions de constitutionnalité, selon La Tribune, l'ancien ministre du Budget du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sera jugé à Paris pour son compte caché à l'étranger.

À l'approche du dernier acte de ce scandale politico-financier qui a bien écorné l'image de son patron de l'époque, François Hollande, fervent opposant à la finance pendant la campagne présidentielle, Jérôme Cahuzac "sait qu'il est foutu", selon un de ses proches. Cette affaire a ruiné sa réputation de chirurgien. Il ne peut plus travailler. "Je suis un banni de la République", répète-t-il à qui veut l'entendre.

1. L'affaire révélée par "Mediapart"

Tout commence le 4 décembre 2012. Ce jour-là, l'affaire est révélée par Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, dans un article intitulé Le compte suisse du ministre du Budget. L'article affirme alors que Jérôme Cahuzac a été le propriétaire d'un compte au sein de la banque suisse UBS "pendant de longues années et jusqu'en 2010". 

Un compte qu'il aurait ouvert quand il n'était candidat à rien. Juste un chirurgien brillant. On est en 1992, il vient d'ouvrir avec sa femme une clinique spécialisée dans la pose d'implants capillaires, la greffe de cheveux. Certains clients payent en espèce pour garder l'anonymat. "Je ne savais pas quoi faire de tout cet argent", raconte Jérôme Cahuzac. C'est avec sa femme qu'il décide de cacher une partie de leurs revenus au fisc. Il devient alors "Birdie", le nom de code de son compte en Suisse. 

2. Un compte fermé juste avant ses débuts en politique

Au moment de rentrer en politique, Jérôme Cahuzac le sait. Ce compte est un boulet. "Une énorme connerie", se lamente-t-il alors. Il l'aurait fermé quelques jours avant de devenir... le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. En 2009, quand le secret bancaire suisse commence à battre de l'aile, les 600.000 euros prennent la route de Singapour.

Ce qui n'empêche pas Jérôme Cahuzac de se faire livrer des espèces : deux fois 10.000 euros dans la rue à Paris par un mystérieux messager. Du blanchiment d'argent pour les juges. Selon les dires d'un inspecteur des impôts cité par Mediapart, l'argent de ce compte aurait notamment permis à Jérôme Cahuzac d'acheter un appartement de 210 mètres carrés pour 6 millions et demi de francs. 

3. Le mensonge à l'Assemblée nationale

Devenu ministre du Budget, Jérôme Cahuzac se présente partout comme le chevalier blanc de la lutte contre la fraude fiscale. L'affaire arrive donc au plus mauvais moment pour lui et le compte-à-rebours avant que la vérité éclate est enclenché. Face à l'urgence de la situation, il commence par tout nier en bloc. Illustration au micro de RTL.

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Jérôme Cahuzac : "Ce qu'a écrit Mediapart est factuellement inexact"

Pendant des mois, le ministre va jurer que les accusations de Mediapart sont infondées. Il va jurer sur la tête de ses enfants, sur la tête de son père torturé par les Nazis. Il ment à ses amis, au président de la République puis devant l'Assemblée nationale. "Je n'ai pas, Monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger ni maintenant, ni avant", avait-il répliqué lors d'une séance de questions au gouvernement.

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Cahuzac dément l'existence un compte Suisse à l'assemblée nationale

4. Les aveux de Jérôme Cahuzac

La suite ressemble à un interminable supplice. Jérôme Cahuzac redoute à chaque instant d'être confondu. François Hollande lui demande une lettre de la Suisse, une réponse claire de Genève pour prouver qu'il dit la vérité. Mais le ministre élude jour après jour, repousse l'échéance comme un enfant. Il ne dort plus et finit par contracter un ulcère. L'ouverture d'une information judiciaire le pousse finalement à la démission puis aux aveux en avril 2013, quatre mois après la révélation de l'affaire. 

L'ex-ministre a confié aux enquêteurs être propriétaire d'un compte à l'étranger depuis plus de vingt ans. Il a été aussitôt mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale par les deux juges en charge de l'information judiciaire, Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Il est sacré désormais aux yeux de tous roi des menteurs. Une fraude fiscale obstinée et familiale qui pourrait lui coûter sept ans de prison.

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2016-02-07 19:25:00
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