Réforme territoriale : des fusions et des questions

REPLAY - La réforme territoriale, avec treize régions, va être définitivement adoptée ce mardi 25 novembre à l'Assemblée nationale. Des mariages, des fusions, et beaucoup de questions.

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Réforme territoriale : la carte de vos nouvelles régions Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP Crédit Média : Élizabeth Martichoux Télécharger

Le vote solennel de la nouvelle carte des régions a lieu ce mardi 25 novembre à l'Assemblée nationale. La réforme territoriale verra la réduction du nombre de régions métropolitaines de 22 à 13 à compter de 2016.

François Hollande a presque divisé leur nombre par deux en les regroupant bloc par bloc. En fait, depuis le jour où cette nouvelle carte de France est sortie de son bureau à l'Élysée, il y a eu très peu de changement.

Six régions ne bougent pas : l'Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Bretagne, les Pays de la Loire, le Centre (peut-être rebaptisé Val-de-Loire) et la Corse. Plusieurs régions actuelles n'en feront plus qu'une. C'est le cas de l'entité qui regroupera le Poitou-Charentes, l'Aquitaine et le Limousin.

C'est la fusion entre l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne qui est la plus contestée. La semaine dernière à l'Assemblée, on a vu des députés déployer dans la salle des Quatre Colonnes une banderole demandant que l'Alsace ne soit "pas tuée". Ce n'est pas banal, c'est même interdit. Ils se sont fait virer rapidement. C'était leur baroud d'honneur, car la messe est dite. Il y aura bien une majorité pour voter cette fusion.

Enfin, cinq régions sont issues d'un mariage : Nord-Pas-de-Calais et Picardie (les protestations de Martine Aubry n'y ont rien fait) ; Haute-Normandie et Basse-Normandie ; Bourgogne et Franche-Comté ; Auvergne et Rhône-Alpes ; et Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Quelles capitales régionales ?

Pour les entités qui bougent, se pose la question de la désignation ou de la confirmation des futures capitales régionales ? C'est déjà réglé dans certains cas. Pour Auvergne/Rhône-Alpes, Clermont-Ferrand va s'effacer logiquement devant Lyon. Même chose pour Limoges et Poitiers, qui s'inclineront devant Bordeaux dans le nouveau grand Sud-Ouest.

C'est moins évident pour la grande Normandie. Rouen ou Caen ? Hervé Morin, député UDI de l'Eure, grand fan de cette réunification, plaide pour la paix dans les ménages. "On peut tout à fait imaginer le conseil régional à Rouen, la préfecture de région à Caen, affirme-t-il. Ils mettront en place un système modulaire par trains qui permettent aux étudiants, aux travailleurs et à tous ceux qui ont besoin de faire des réunions communes de pouvoir se déplacer beaucoup plus facilement qu'on ne le fait aujourd'hui entre les deux capitales".

On comprend bien qu'il n'y aura pas de bras de fer avec Laurent Fabius, qui va peser de tout son poids de super-ministre pour que Rouen l'emporte.

Le vote à l'Assemblée est une satisfaction pour François Hollande. Il n'y en a pas tant que ça

Élizabeth Martichoux

On aussi un duel au soleil cette fois : Toulouse va-t-elle faire plier Montpellier ? Et dans le Nord-Est, qui l'emportera entre Besançon et Dijon ? Les Dijonnais ont un atout "capital". François Rebsamen, longtemps maire de la ville, est très proche de François Hollande.

Plus au Nord, on n'imagine pas Lille se faire damer le pion par Amiens. Tout cela sera confirmé par décret de Matignon après consultations et délibérations d'ici juillet prochain.

Pour Strasbourg, les jeux sont faits. Traitement de faveur ? Il y a eu, en quelque sorte, une compensation pour calmer la colère. Les députés ont déjà désigné la cité alsacienne par dérogation, par vote. En échange, les Lorrains et les Champenois auraient la présidence de la nouvelle assemblée régionale.

Quels nom pour votre région ?

Comment va-t-on désormais appeler les nouvelles régions ? Le Concours Lépine est ouvert. Rien ne sera décidé avant les élections régionales de décembre 2015. Parmi les idées : Hauts-de-France pour Nord-Pas-de-Calais-Picardie (ça fait un peu Hauts de Hurlevent, non ?), Lolsace, Champicardie, Pyroussillon, Aura (pour Auvergne et Rhône-Alpes).


Concernant les économies, personne n'en parle. Même le secrétaire d'État aux Collectivités locales, André Vallini, très optimiste à l'origine, reconnaît qu'il ne faut rien attendre à court terme. "On pourrait aboutir à 5% d'économies sur un budget global de 250 milliards d'euros, indique-t-il. Ça fait une grosse dizaine de milliards d'euros d'économies. Mais c'est sur dix ans et à condition d'avoir tout réformé, y compris le bloc communal, d'avoir mutualisé les services entre départements et régions, entre intercommunalités et départements, et tout ça ça demande du temps".

Vous comprenez le message ? Cette loi, c'est un investissement pour l'avenir si tout le monde s'y met. Quoi qu'il en soit, le vote à l'Assemblée est une satisfaction pour François Hollande. Il n'y en a pas tant que ça.

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par Elizabeth MartichouxJournaliste RTL
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2014-11-25 08:21:00
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