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Mélenchon-Valls : comment sont-ils devenus les meilleurs ennemis ?

RÉCIT - Les deux hommes entretiennent une relation explosive dans les couloirs du palais Bourbon. Des tensions qui remontent à plusieurs années.

Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls.
Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls. Crédit : Christophe Archambault /AFP et Philippe Lopez /AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Leur complicité affichée dans le bureau de Michel Rocard il y a près de 25 ans est de l'histoire ancienne. Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls se livrent une bataille acharnée sur le terrain des valeurs, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les deux hommes multiplient les invectives l'un à l'égard de l'autre. Une guerre des mots entamée en 2013 et qui a gagné en intensité depuis quelques jours.

Le dernier duel opposant les deux hommes s'est déroulé dans la salle de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Selon des propos rapportés par Le Canard Enchaîné dans son édition du 11 octobre, Jean-Luc Mélenchon aurait traité Manuel Valls de "nazi", alors que les députés prenaient place.

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"Moi, je ne m'assieds pas à côté de ce nazi", se serait soudainement écrié le leader de la France insoumise. "Tu n'es qu'une ordure, un pauvre type, une merde", aurait-il poursuivi à l'attention de son collègue. "Mais tu es complètement fou ! Tu vas te calmer !", aurait alors répliqué Manuel Valls, sous les yeux de David Habib, député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence. D'une rare violence, l'échange a finalement été interrompu par l'entrée dans la salle des autres députés, médusés.

Le retour de Valls, l'élément déclencheur

Le retour de Manuel Valls sur le devant de la scène politique, quelques mois à peine après sa lourde défaite à la primaire de la gauche, a réveillé de vieilles rancœurs. Dans la foulée de son accrochage avec Jean-Luc Mélenchon, l'ancien locataire de Matignon, soutien affiché d'Emmanuel Macron depuis le printemps, a été nommé président de la mission parlementaire d'information sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Une nouvelle qui a bien du mal à passer auprès du leader de la France insoumise. "Moi, je vote contre", a-t-il hurlé, selon l'hebdomadaire satyrique.

Quelques instants plus tard, dans un tweet visant à s'opposer à la nomination de Manuel Valls, désormais apparenté à La République En Marche, Jean-Luc Mélenchon le qualifie d'"ignoble" et se demande : "Qui vient-il trahir ?". Avant finalement d'annoncer purement et simplement sa démission de la commission au président de l'Assemblée nationaleFrançois de Rugy, trois jours plus tard, à travers un communiqué foudroyant.

"Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite", écrit-il, dénonçant dans la même lettre les propos du député d'Évry sur le manque de "white" et "blancos" sur un marché de sa ville, saisis par une caméra de télévision en 2009. Immédiatement, Manuel Valls a répliqué à cette attaque en règle sur Twitter. "Ignoble et outrancier texte de Jean-Luc Mélenchon, qui, en claquant la porte de la mission Nouvelle-Calédonie, affiche son mépris pour les Calédoniens."

"Extrême droite", "islamo-gauchisme", la guerre des mots

En préambule de cette affaire, le sang de Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise n'avait probablement fait qu'un tour, ce 3 octobre au matin. Sur RTL, Manuel Valls taxe leur discours d'"islamo-gauchisme", en s'appuyant sur les propos sur la radicalisation tenus récemment par la députée France insoumise de Paris, Danièle Obono. Jean-Luc Mélenchon et son parti dénoncent alors une attitude "indigne d’un ancien premier ministre".

Dans un nouveau tweet, Jean-Luc Mélenchon surenchérit : "Dorénavant, la bande à Valls est totalement intégrée à la fachosphère (communauté d'extrême droite sur Internet, ndlr) et à sa propagande", écrit-il, après avoir mis sur le même plan, à plusieurs reprises ces dernières années, les discours de Manuel Valls et du Front national.

Immigration, affaire Leonarda en 2013, déchéance de nationalité pour les binationaux... On ne compte plus les sujets qui fâchent profondément les deux hommes. La décision à venir du Conseil constitutionnel risque de ne pas d’apaiser les esprits. L'institution de la rue Montpensier doit en effet trancher le résultat de l'élection législative de la première circonscription de l'Essonne. Officiellement remportée par Manuel Valls pour 139 voix, celle-ci est contestée par son adversaire France Insoumise Farida Amrani. Le verdict est attendu dans les prochaines semaines.

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2017-10-12 07:30:00
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