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Macron à l'ONU : ce qu'il faut retenir de son premier discours

ÉCLAIRAGE - Après Donald Trump, le président de la République a pris la parole à la tribune pour faire l'éloge de la paix et de la liberté.

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Ludovic Galtier
et AFP

Après Donald Trump, qui a adressé une bombe à retardement au régime nord-coréen de Kim Jong-Un en le menaçant de "détruire totalement" le pays en cas d'attaque de Pyongyang sur l'île de Guam, Emmanuel Macron, à coups de promotion du multilatéralisme, a pris la parole au siège de l'Organisation des nations unies (ONU) à New York, mardi 19 septembre.

Climat, lutte contre le terrorisme, Corée du Nord, défense de l'accord nucléaire avec l'Iran... À travers les témoignages d'enfants oubliés recueillis lors de ses multiples déplacements réalisés depuis son élection, le chef de l'État, renforcé par des séries d'applaudissements, a fait l'éloge de la paix et de la liberté et repart des États-Unis avec la conviction profonde que l'accord de Paris, dont Donald Trump menace de se retirer depuis son arrivée à la Maison-Blanche, ne "serait pas renégocié".

Pas de renégociation de l'accord de Paris

Malgré les lignes de désaccord, dévoilées au grand jour depuis leur première poignée de main virile, les présidents Donald Trump et Emmanuel Macron n'ont pas bougé d'un iota concernant l'accord de Paris sur le climat (195 pays), bien qu'il soit à noter que Donald Trump, qui n'a pas évoqué une seule fois la question dans son discours à l'ONU, n'a toujours pas clairement indiqué son intention de sortir les États-Unis de l'accord.

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Le président français a rassuré les sceptiques : "Cet accord ne sera pas renégocié, il nous lie (...) nous ne reculerons pas", a-t-il déclaré, tout en assurant que "la porte sera(it) toujours ouverte" aux États-Unis, dont il "respecte profondément la décision". "Détricoter l'accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations".

En attendant, les autres États continueront "à mettre en oeuvre l'accord de Paris". Emmanuel Macron a, par ailleurs, annoncé que d'ici 2020, la France consacrerait 5 milliards d'euros à la lutte contre le réchauffement climatique. Le 12 décembre, Paris organisera un sommet pour étudier le financement des engagements pris par les États signataires de l'accord sur le climat. "Nous devons continuer à aller plus loin car le réchauffement ne s'arrête pas", a-t-il conclu.

Défense de l'accord nucléaire avec l'Iran

Un autre point de friction tend actuellement les relations France-États-Unis : l'accord sur le nucléaire iranien. Selon Emmanuel Macron, ce serait "une lourde erreur" de dénoncer cet accord, comme menacent de le faire les États-Unis. Donald Trump avait qualifié cet accord "d'embarras" pour son pays.

Comme pour l'accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron a laissé la porte ouverte à des discussions pour prolonger la portée du texte après 2025. "Notre engagement sur la non prolifération a permis d'obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l'Iran ne se dotera pas de l'arme nucléaire. Le dénoncer aujourd'hui sans rien proposer d'autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c'est un accord utile", a envoyé Emmanuel Macron à l'adresse de Donald Trump.


Le président iranien Hassan Rohani a réagi aux propos de Donald Trump, prononcés à l'ONU. Il a estimé que plus personne ne ferait confiance aux États-Unis si Washington se retirait de l'accord conclu en 2015 sur le nucléaire iranien. "Si les États-Unis ne respectent pas leurs engagements et bafouent cet accord, cela se traduira par une perte de confiance des États envers les États-Unis", a-t-il conclu sur NBC.

Le "nettoyage ethnique" des Rohingyas

En Birmanie, la situation des Rohingyas, minorité musulmane, dont plus de 400.000 d'entre eux ont fui leur pays pour le Bangladesh, inquiète éperdument la communauté internationale. À New York, Emmanuel Macron a parlé de "nettoyage ethnique". "Les opérations militaires doivent cesser, l'accès humanitaire doit être assuré, et le droit rétabli, face à ce qui est, nous le savons, un nettoyage ethnique".

Les mêmes mots avaient été employés par le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein le 11 septembre dernier. Le traitement de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie est un "exemple classique de nettoyage ethnique", avait-il estimé.

L'ONU a mis en place une "mission internationale indépendante" pour enquêter sur d'éventuelles exactions de membres de l'armée birmane contre la minorité Rohingyas. Depuis le 25 août, 313.000 rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les violences en Birmanie.

Un groupe de contact sur la Syrie

Emmmanuel Macron a plaidé devant l'Assemblée générale des Nations unies pour la création d'un groupe de contact sur la Syrie, dont il a qualifié le dirigeant Bachar-al-Assad de "criminel", afin d'enclencher une nouvelle dynamique pour aller vers une solution politique au conflit.

Le processus de négociations mené à Astana au Kazakhstan, par la Russie, l'Iran et la Turquie, "ne suffit pas", a-t-il ajouté. Le groupe de contact voulu par la France intégrerait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et "les parties prenantes" au conflit, a précisé le Président.

Il n'a cependant pas précisé si l'Iran, un des protagonistes majeurs du conflit, et dont les États-Unis ne veulent pas, serait associé aux discussions. En conférence de presse, Emmanuel Macron a précisé sa pensée et appelé à intégrer l'Iran "dans un processus politique et pas seulement militaire". Un groupe international de soutien à la Syrie (GISS) qui regroupait tous les acteurs, soutiens du régime ou de l'opposition, existait depuis 2015.

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2017-09-19 19:39:00
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