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Loi Travail : pourquoi les TPE et PME se révoltent à leur tour contre la loi El Khomri

ÉCLAIRAGE - Trois organisations patronales ont décidé de lancer une campagne pour dénoncer les modifications qui privilégient les grands groupes au détriment des petites et moyennes entreprises.

Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 13 novembre 2015.
Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 13 novembre 2015. Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Plus personne ne semble soutenir le projet de loi Travail. S'il est largement contesté depuis sa présentation, le texte de loi porté par Myriam El Khomri connaît revers sur revers alors qu'il a été modifié à différentes reprises par le gouvernement. Malgré certaines avancées saluées à demi-mot, la loi Travail demeure largement contestée. Et après de nombreux salariés ou encore des jeunes, des petits patrons se font à leur tour entendre pour dénoncer le texte.

Artisans, commerçants, professions libérales se sont rassemblés afin de lancer une grande campagne de protestation. Le but ? Ne pas se laisser "bâillonner" alors que, selon eux, cette loi Travail donne la parole exclusivement aux grands groupes et donc aux grands patrons. Le mot d'ordre est simple : faire barrage en même temps que le premier syndicat français, la CGT. 

Des chefs d'entreprise "bâillonnés"

Pour cela, trois organisations patronales ont décidé de lancer un site internet. L'Union Nationale des Professions Libérales (UNAPL), l'Union professionnelle Artisanale (UPA) et l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (UDES) ont appelé à la mobilisation via le site internet www.tpepmeendanger.fr. Le message est clair : "La France compte 98% de petites et moyennes entreprises. Ce sont elles qui créent l'emploi et maintiennent la vie sociale sur tout le territoire". 

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"À travers la loi El Khomri, le gouvernement s'apprête à réduire la place des TPE et PME dans les instances de représentation des entreprises, au profit du grand patronat qui rassemble 2% des entreprises", explique le communiqué qui évoque également une mesure "injuste, antidémocratique et contraire à l'emploi".

Seules les grandes entreprises compteraient tandis que les TPE et PME seraient marginalisées

Sébastien Darrigrand, délégué général de l'UDES
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Pour cela, les internautes sont invités à poster une photo d'eux ou de leur vitrine d'entreprise préférée. En ligne de mire ? L'article 19 de la loi Travail qui aurait tendance à marginaliser les petites et moyennes entreprises. "Le projet de loi El Khomri, modifie de façon substantielle les règles du dialogue social. En privilégiant l’accord d’entreprise à l’accord de branche, il affaiblit les compromis existants et adaptés (...) Ainsi, seules les grandes et très grandes entreprises compteraient tandis que les TPE et PME, pourtant plus nombreuses, seraient marginalisées", explique Sébastien Darrigrand, délégué général de l'UDES sur le site ressources solidaires

La CGT met le "hola"

Mais si ces chefs d'entreprise espèrent s'allier avec la CGT, le chemin est encore long. Lors de son 51e congrès à Marseille, le premier syndicat de France, en pleine tourmente actuellement, s'est montré assez frileux quant à ce rapprochement. "Je ne prends pas de soutien de l'UPA tant que je ne connais pas leur argumentation car j'ai peur que cela soit pire pour les salariés", glisse un syndicaliste au micro de RTL alors que pour d'autres les intérêts sont divergents. "Je crois que les intérêts de l'UPA ne sont pas ceux de la CGT. L'UPA est plutôt là pour réduire les droits des salariés notamment sur les licenciements", dénonce un autre syndicaliste.

Je ne prends pas de soutien de l'UPA car j'ai peur que cela soit pire pour les salariés

Un syndicaliste de la CGT à Marseille
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La loi El Khomri est de plus en plus contestée à l'heure où même Pierre Gattaz critique ouvertement le projet de loi porté par la ministre du Travail. Le patron du Medef a notamment menacé de ne pas signer l'accord dans le cadre des négociations sur l'assurance-chômage. "Nous demandons que le projet d'amendement sur la surtaxation des CDD ne soit pas inscrit dans la loi", a-t-il réclamé.

Une sortie qui a obligé Manuel Valls à contre-attaquer. "Ni ces négociations, ni la loi sur le travail ne deviendront l'otage d'enjeux internes au patronat (...) Je regrette cette méthode qui consiste à poser des ultimatums. Prendre en otage la négociation de l'assurance-chômage, c'est-à-dire sur le revenu de ceux qui ont perdu un emploi, c'est ne pas être à la hauteur des responsabilités en tant que partenaire social", a déclaré le Premier ministre sur France Info.

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Télécharger La CGT met le "hola" sur un rapprochement avec les organisations patronales Crédit Média : Éric Vagnier | Durée : | Date :
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2016-04-20 17:12:10
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