3 min de lecture Chômage

Formation, apprentissage, assurance chômage... Ce que prépare le gouvernement

ÉCLAIRAGE - Emmanuel Macron rencontre patronat et syndicats en vue des nouvelles réformes sociales prévues par le gouvernement.

Un agence Pôle Emploi (illustration).
Un agence Pôle Emploi (illustration). Crédit : AFP / PHILIPPE HUGUEN
109127536140888961261
Ludovic Galtier
et AFP

Le bal des syndicats à l'Élysée, acte II. Après la réforme du marché du travail votée par ordonnances dans le courant du mois de septembre, place à "la contre-partie sociale". Le gouvernement propose une nouvelle série de réformes censées "protéger les salariés". Elle concerne cette fois l'assurance-chômage, la formation professionnelle et l'apprentissage.

Depuis le jeudi 12 octobre, Jean-Claude Mailly (Force ouvrière), Philippe Martinez (CGT), François Hommeril (CFE-CGC), Alain Griset (U2P), Pierre Gattaz (Medef), Philippe Louis (CFTC), François Asselin (CPME) et Laurent Berger (CFDT) sont reçus tour à tour par Emmanuel Macron au Palais.

Sur la forme, l'exécutif reproduit exactement la même méthode qu'au mois de juillet. La première série de concertations individuelles se déroule avec Emmanuel Macron. Il laissera ensuite la main à son Premier ministre, Édouard Philippe, et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Les négociations battent donc leur plein. Attendu pour le mois d'avril, le projet de loi devrait toutefois être grandement inspiré des promesses de campagnes d'Emmanuel Macron, dont voici les grandes lignes.

À lire aussi
Pôle emploi (illustration) emploi
Pourquoi le chômage ne diminue pas malgré un nombre record de salariés

L'assurance chômage pour tous ?

Le sujet est sensible. D'ici le printemps, le gouvernement prévoit une réforme d'ampleur de l'assurance chômage, dont l'Unedic, son organisme de gestion, accumule 33,6 milliards de dettes et 3,6 milliards de déficits, selon des chiffres relayés par La Tribune. Le premier "objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous (indépendants et démissionnaires, ndlr)", lance Muriel Pénicaud. L'indemnisation pour les personnes souhaitant démissionner pourrait être ouverte une fois tous les cinq ans.

"La contrepartie de ces droits nouveaux sera un contrôle accru de la recherche d'emploi, pour lequel les moyens de Pôle Emploi seront renforcés et les sanctions rendues justes et crédibles", promettait Emmanuel Macron, alors en campagne électorale. "À l'arrivée à Pôle Emploi, un bilan de compétence sera réalisé dans les 15 jours. Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification sont refusés, ou que l'intensité de la recherche d'emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues."

La seconde ambition est que l'assurance-chômage "se réforme pour lutter contre la précarité", explique Muriel Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Est prévu un "bonus-malus" pour les entreprises qui abusent des contrats courts. "Les employeurs qui entretiennent la précarité en recourant exagérément aux contrats courts paieront plus de charges, ceux qui créent des emplois stables en paieront moins", déclarait le candidat pendant la présidentielle.

Le financement et la gouvernance sont un autre sujet de friction. En effet, le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'État. Cette remise en cause du paritarisme irrite profondément les trois organisations patronales et les cinq syndicats représentatifs.

Une réforme du compte personnel de formation

S'agissant de la formation professionnelle, le gouvernement a déjà promis de mettre 15 milliards sur la table sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, avec pour but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs".  Comme d'autres avant lui, ce gouvernement veut simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoient de nombreux acteurs.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron assurait que "la majeure partie des contributions actuelles des entreprises pour la formation sera progressivement convertie en droits individuels pour les actifs." Les syndicats privilégient l'idée de "droits personnels mais définis collectivement".

Il compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation, dans lequel les salariés pourront puiser. Dans un rapport publié mercredi 11 octobre, l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". 

Pour diffuser l'information à tous dans le domaine de la formation, la ministre souhaite "que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, ses droits à la formation, combien d'heures, combien ça coûte (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après". 

Revaloriser l'apprentissage

Emmanuel Macron a dégagé quelques pistes concernant sa réforme de l'apprentissage. Il a "insisté sur le statut du maître d'apprentissage, du tuteur, qui n'est pas assez valorisé aujourd'hui". "Et sur le statut de l'apprenti, il n'y a aucune raison par exemple qu'un apprenti gagne moins qu'un contrat de professionnalisation."

Selon le quotidien Les Échos, le gouvernement a listé une série de mesures qu'il voudrait voir figurer dans sa réforme. "Associer davantage les entreprises aux cursus pédagogiques, remettre à plat le financement des établissements d'enseignement, simplifier les aides ou encore mieux articuler contrats d'apprentissage et de professionnalisation." Les mesures pour l'apprentissage s'étaleront sur les deux prochaines années.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Chômage Formation Emploi
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790488926
Formation, apprentissage, assurance chômage... Ce que prépare le gouvernement
Formation, apprentissage, assurance chômage... Ce que prépare le gouvernement
ÉCLAIRAGE - Emmanuel Macron rencontre patronat et syndicats en vue des nouvelles réformes sociales prévues par le gouvernement.
http://www.rtl.fr/actu/politique/formation-apprentissage-assurance-chomage-ce-que-prepare-le-gouvernement-7790488926
2017-10-13 06:45:00
http://media.rtl.fr/cache/9XdO2_tdllE2L-Zj4oLGxA/330v220-2/online/image/2015/0616/7778765614_000-par7959572.jpg