Fleur Pellerin : "Il y a un microcosme parisien qui n'était pas satisfait de ce que je faisais"

REPLAY / INVITÉE RTL - L'ancienne ministre de la Culture fait le point sur son action, une semaine après son remplacement par Audrey Azoulay.

Fleur Pellerin, invité de Marc-Olivier Fogiel, le 18 février 2016 >
Fleur Pellerin : "Il y a un microcosme parisien qui n'était pas satisfait de ce que je faisais" Crédit Image : Capture d'écran / RTL | Crédits Média : RTL | Durée : | Date :
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Une semaine après son éviction inattendue du gouvernement, Fleur Pellerin "va très bien". Débarquée lors du remaniement ministériel du 11 février, l'ancienne ministre de la Culture affirme, au micro de RTL, ne pas avoir le blues : "Je suis quelqu'un de très positif donc je considère avec ce petit recul que j'ai eu énormément de chance de faire ce que j'ai fait et de servir la France. Je ne fonctionne pas aux ressentiments, je pense que ça ne produit jamais rien de bon".

Reste que l'ex-ministre ne s'attendait pas du tout à devoir quitter ses fonctions. "J'étais sereine parce que j'ai vécu plusieurs remaniements. Donc dire que je n'ai pas été un peu surprise et choquée par la nouvelle lorsque je l'ai apprise, quasiment en même temps que les Français, ce serait mentir", reconnaît-elle. En revanche, elle conteste avoir été sur le point de s'évanouir lorsque François Hollande l'a avertie : "J'ai trouvé ça un peu sexiste. On n'aurait jamais dit d'un de mes collègues masculins qu'il est tombé dans les pommes, qu'il s'est mis à pleurer et faire une crise de larmes. Il y a une forme d'hystérisation des femmes que je trouve un peu désagréable".

Un manque de communication

Après un an et demi passé au ministère de la Culture, Fleur Pellerin confie avoir préféré porter une "vision de gauche, plus réformiste" de la culture, consistant à "contribuer à la promotion de la jeunesse". Une manière de s'opposer à l'autre vision qui "consiste à se dire que la culture est l'excellence de ce qui existe déjà, continuer à distribuer des subventions aux mêmes personnes et considérer qu'il faut entretenir le lien affectif avec les milieux culturels". En résumé, elle se sentait "plus utile en inaugurant une médiathèque à Mondeville plutôt qu'à une avant-première ou une inauguration au Grand Palais ou au Centre Pompidou". Une critique contre certains lobbies culturels qu'elle parachève ainsi : "Il y a sans doute un microcosme parisien qui n'était pas satisfait de ce que je faisais".

Fleur Pellerin formule malgré tout quelques regrets, en particulier sur la manière de mettre en avant son action. "Je n'ai pas été suffisamment claire. J'ai considéré, peut-être à tort, que la communication n'était pas un préalable à l'action", explique-t-elle dans des propos qui font en partie référence à sa polémique sur les œuvres de Patrick Modiano. "Il y a sans doute eu un procès en illégitimité depuis le début. Mais encore une fois, on a tronqué mes propos. On a dit que je ne savais pas lire alors que j'avais dit que je lisais beaucoup avant mais que depuis deux ans je consacrais tout mon temps éveillé à mes fonctions".

Sans rancune

Regrettant de ne pas être "dans le temps long", Fleur Pellerin espère que ses "efforts" seront "poursuivis" par Audrey Azoulay, dont le nom aurait été soufflé par Julie Gayet. Une rumeur que ne veut pas entendre l'ancienne ministre : "Je ne rentre absolument pas dans ce genre de choses. Le président de la République a fait campagne sur une éthique du pouvoir, des nominations et de gouvernement. Je crois que c'est indigne de dire ce genre de choses. Ça accrédite l'idée que les politiques n'ont aucune morale. Moi, je ne rentre pas là-dedans".

Quid à présent de l'avenir de Fleur Pellerin ? Selon Le Monde, elle serait notamment pressentie pour une nomination au Château de Versailles. Mais l'intéressée l'assure : "Si on me proposait une chose pareille, je le refuserai. (...) J'ai une conception extrêmement noble des institutions culturelles. Je considère qu'elles ne sont pas des lots de consolation pour des gens qu'on peut croire déçus". D'un point de vue politique, elle assure qu'elle serait "très heureuse" de soutenir François Hollande pour la présidentielle de 2017. Mais à une condition : "Celui pour lequel j'aurai envie de consacrer du temps et de l'énergie devra avoir pris en compte cette vision que je défends de la politique culturelle".

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2016-02-18 19:32:00
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