Affaire Bygmalion : ce que Nicolas Sarkozy a dit aux juges

ÉCLAIRAGE - L'ancien chef de l'État a nié être au courant du dépassement de 22 millions d'euros du budget de sa campagne électorale en 2012.

Nicolas Sarkozy le 8 décembre 2015.
Crédit : XAVIER LEOTY / AFP
Nicolas Sarkozy le 8 décembre 2015.

Avant de penser à la présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy doit s'expliquer sur les dépenses de la campagne de 2012. L'ancien chef de l'État a été mis en examen le 16 février pour "financement illégal de campagne électorale", l'un des volets de l'affaire Bygmalion, nom de l'entreprise de communication chargée de l'organisation des meetings de Nicolas Sarkozy en 2012. Il a aussi été placé sous le statut de témoin assisté pour usage de faux, escroquerie et abus de confiance.

Le budget de la campagne a explosé en 2012 : il a dépassé le seuil légal de 22 millions d'euros et pour masquer ce dérapage une partie des dépenses aurait été réglée par l'UMP. Au final, le Conseil constitutionnel avait invalidé les comptes de campagne de l'ancien président de la République en juillet 2013.

Une responsabilité administrative et non pénale

Vendredi 19 février, L'Express a publié l'intégralité de l'échange entre Nicolas Sarkozy, quatorzième personne à être mise en examen dans cette affaire, et les juges Serge Tournaire et Roger Le Loire. Pendant onze heures, il a maintenu sa version des faits en niant être au courant de ce dépassement de budget. "Je n'en savais rien. Je n'en sais rien. J'ai signé le compte de campagne ce qui implique ma responsabilité administrative, mais pas ma responsabilité pénale", a-t-il indiqué. 

La vérité, c'est que je n'ai rien lu

Nicolas Sarkozy devant les juges du pôle financier le 16 février 2016

"La signature d'un compte de campagne c'est une obligation à laquelle je ne pouvais en aucun cas me soustraire, mais ne signifie en aucun cas que signer le compte de campagne, c'est valider des fausses conventions à l'UMP ou des fausses factures entre l'UMP et Event [la filiale événementielle de Bygmalion], ou l'absence de factures dans mon compte de campagne."

Le candidat de 2012 a reconnu avoir fait confiance au "trésorier, aux experts comptables, à l'avocat. "La signature que j'ai apposée sur mon compte de campagne est obligatoire. Mais la vérité, c'est que je n'ai rien lu." 

2012, un copier-coller de la campagne de 2007

Nicolas Sarkozy ne voit aucune raison qui aurait pu conduire à des dépenses excessives : il avait choisi de mener la même campagne que 2007. Les mêmes meetings dans les mêmes salles. "J'ai été deux fois candidat à la présidentielle, dit-il. Ce qui me permet de dire ce que j'aurais dû dire : les salles, les meetings, les déplacements que j'ai faits en 2012 sont les mêmes que ceux que j'ai faits en 2007."

"Quand je vais à Caen en 2007 ou en 2012, c'est le même Zénith. A Toulouse, c'est le même hangar. La seule différence de lieu : en 2007, je fais le grand meeting national dans le hangar de la porte de Versailles, en 2012, je fais le grand meeting dans le hangar de Villepinte. Pour aller à ces meetings, je prends les mêmes avions. C'est le même trajet. Cela ne change pas, la sono, la lumière ce sont les mêmes. Il n'y a aucun élément matériel qui puissent différencier les lieux et le contenu, les réunions et les déplacements de 2007 et ceux de 2012."

La société Event et Jérôme Lavrilleux dans le viseur de Nicolas Sarkozy

S'il estime ne pas savoir comment le budget de sa campagne a pu atteindre un tel niveau, Nicolas Sarkozy a passé au peigne fin le chiffre d'affaires de la société Event. "J'ai vu ce qu'ils en ont fait. Le chiffre d'affaires d'Event passe de 4 millions en 2011 à 20 millions en 2012. La distribution de bénéfices en 2013, ils ne se sont pas gênés." Ses propos sont toutefois à nuancer. L'enquête ne permet pas de confirmer un quelconque enrichissement personnel. 

Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne de 2012 et proche de Jean-François Copé rendu célèbre pour avoir essuyé quelques larmes sur le plateau de BFMTV, est dans la ligne de mire de l'ex-président. "Attal (le dirigeant d'Event, ndlr) et Lavrilleux font un système de fausses factures aux seuls bénéfices de la société Event", martèle l'ex-chef de L'Etat. Qui ajoute: "Ces fausses factures et ces fausses conventions ne passent pas entre ma campagne et Event mais entre Event et l'UMP."

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par Ludovic GaltierJournaliste RTL
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ÉCLAIRAGE - L'ancien chef de l'État a nié être au courant du dépassement de 22 millions d'euros du budget de sa campagne électorale en 2012.
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2016-02-20 15:26:18
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