Ukraine : dans le bureau de François Hollande, au cœur des négociations

DOCUMENT RTL - À la veille du sommet de Minsk sur l'Ukraine, dernier espoir pour la paix en Europe, "RTL" a pu pénétrer le saint des saints élyséen et assister à des échanges entre le Président François Hollande et ses conseillers militaires et diplomatiques.

François Hollande, le 31 décembre 2014 >
DOCUMENT RTL - Dans le bureau de François Hollande, au cœur des négociations sur l'Ukraine Crédit Image : AFP | Crédits Média : Christophe Decroix | Durée : | Date :
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Il y a d'abord un Falcon. Celui qui est parti lundi matin de la base militaire de Villacoublay. À son bord, ceux qu'on appelle les "précurseurs". Une dizaine de personnes chargées de préparer le voyage présidentiel.

Il y a là des hommes de la sécurité qui vont repérer les salles et les lieux de passage du Président, un médecin, des chargés de communication et les deux négociateurs en chef dont Jacques Audibert, conseiller diplomatique.

Pour ne fâcher personne, on ne parle ni Mistral, ni OTAN, ni Crimée. "Le rôle est de préparer le terrain pour que lorsque les chefs d'État et de gouvernement entreront en réunion, ils aient une peinture exacte de la situation et sachent quelles questions restent ouvertes et lesquelles restent à trancher", explique-t-il.

Les négociations ont déjà commencé

Avec Fabien Penone, spécialiste élyséen de l'Ukraine et de la Russie, cela fait déjà quelques jours qu'il va de capitale en capitale pour tenter d'arracher cet accord. Un travail de longue haleine qui ne tolère aucun moment de relâchement. Même avec la fatigue, quand c'est parfois difficile, il n'est jamais question de s'énerver face à des interlocuteurs qui peuvent pourtant être parfois de mauvaise foi.

Dans son bureau, Jacques Audibert tient d'ailleurs une affiche en bonne place où il est écrit "Keep calm and carry-on", autrement dit : "Rester calme et continuer". "On n'a pas le droit de louper la moindre opportunité, pas le moindre interstice. On ne peut pas se permettre de dire que celui-là nous agace. Si on est fatigué, on prend un café", confie-t-il.

À l'heure qu'il est, rien n'est acquis. Entre un déjeuner avec le président roumain, qui partage 100 km de frontière commune avec l'Ukraine, et un rendez-vous avec le représentant du Kurdistan d'Irak, le Président se tient en permanence informé.

Au premier étage du palais présidentiel, son chef d'État-Major particulier, le général Benoît Puga,le rejoint en fin d'après-midi dans son bureau avec une carte de l'Ukraine pour faire un point sur la situation sur le terrain.

"Après la trêve de Debaltseve, les combats ont repris avec beaucoup de vigueur de chaque côté. Il y a des échanges très importants entre les forces ukrainiennes et séparatistes qui malheureusement, causent visiblement des pertes très importantes du côté des populations civiles", explique-t-il au Président.

Tous les scénarios sont envisagés

Entre temps, le Falcon est arrivé à Minsk. Jacques Audibert rend compte au Président pour lui donner la température après une nuit passée à négocier. "On a eu des discussions pour vérifier les progrès dont je vous parlais hier", explique-t-il.

"Pour que la négociation s'engage, est-ce qu'on peut penser qu'il y aura un texte ou est-ce qu'on sera sur des formules doubles ?", demande le Président. "Un texte, lui répond Jacques Audibert. Sauf s'ils reviennent en arrière, on a un texte unique, consolidé".

Les choses ont avancé. Jusqu'à présent, le texte des Russes et celui des Français et des Allemands étaient en concurrence. Désormais, il n'y a plus qu'un seul texte. Mais encore bien des difficultés. Alors Jacques Audibert appelle le chef de l'État pour le prévenir qu'il pourrait y avoir des alternatives et "d'autres séquences si nécessaires".

Après un Conseil des ministres à l'issue duquel il doit s'entretenir avec le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, François Hollande doit s'envoler ce mercredi 11 février pour la Biélorussie. Attendu en fin d'après-midi à Minsk, il rejoindra Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine.
S'il espère une issue favorable, le Président a déjà envisagé tous les scénarios, même le pire. "S'il n'y a pas d'accord, ce sera la guerre, qui concerne bien sûr l'Ukraine mais qui a un moment est à nos portes. On ne peut pas s'en satisfaire en pensant que ça n'aura pas de conséquences ici.

Deuxièmement, il y a un Conseil européen dès jeudi, avec sans doute à la clé des sanctions si rien ne venait à sortir de notre réunion de la dernière chance", confie le chef de l'État. Réponse dès la nuit prochaine.

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par Christophe DecroixJournaliste RTL
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2015-02-11 07:17:00
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