3 min de lecture Espagne

Référendum en Catalogne : pourquoi le ton monte entre Madrid et Barcelone

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement a entravé la tenue d'un référendum d'autodétermination voulu par les indépendantistes, qui promettent des manifestations à Barcelone.

Les Catalans manifestent à Barcelone pour revendiquer l'indépendance de leur région, le 20 septembre 2017.
Les Catalans manifestent à Barcelone pour revendiquer l'indépendance de leur région, le 20 septembre 2017. Crédit : LLUIS GENE / AFP
François Quivoron
François Quivoron
et AFP

Un référendum d'autodétermination doit avoir lieu le 1er octobre en Catalogne. L'organisation de ce scrutin, dénoncé par le gouvernement espagnol, est compromise après les opérations des forces de l'ordre, qui ont mené mercredi plus d'une vingtaine de perquisitions et saisi près de dix millions de bulletins de vote. Le parquet a convoqué des dizaines de maires qui s'étaient dits prêts à participer.

L'autorité de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, est remise en cause par cette initiative des indépendantistes catalans. "Renoncez une fois pour toutes à cette escalade de radicalité et de désobéissance", a-t-il demandé mercredi soir, lors d'une brève allocution télévisée. 

À lire aussi
Un référendum visant à donner plus d'autonomie aux régions de la Lombardie et de la Vénétie a lieu ce dimanche 22 octobre référendum
Référendum en Italie : "Aucune comparaison faisable" avec ce qu'il se passe en Espagne

Au pouvoir depuis fin 2011, Mariano Rajoy a tenté de contester les arguments des séparatistes décidés à organiser le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit par la Cour constitutionnelle. "Voter est bien l'image exprimant le plus clairement... la démocratie. Mais pas pour violer la loi", a-t-il ajouté.

Les séparatistes continuent à manifester

"Le chemin jusqu'au 1er octobre est plein de mobilisations", a semblé lui répondre le président de l'organisation indépendantiste Omnium, Jordi Cuixart. "Si tout au long de l'histoire tout le monde avait respecté la légalité du moment, et bien nous en serions encore à l'époque de Cro-Magnon", commentait dans la nuit Martí Rodríguez, un sociologue de 30 ans venu manifester aux abords de la vice-présidence de la Catalogne à Barcelone, la deuxième ville du pays.

Les séparatistes catalans ont promis de continuer à manifester jeudi au lendemain de l'arrestation d'une quinzaine de responsables régionaux, en lien avec l'organisation d'un référendum d'autodétermination, ignorant ainsi les appels à la raison de Mariano Rajoy.

La classe politique divisée sur la question catalane

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'Association nationale catalane (ANC), une des principales associations indépendantistes, a appelé les milliers de manifestants ayant envahi le centre de Barcelone à rentrer chez eux pour reprendre des forces en vue d'un nouveau rassemblement

Rendez-vous a été pris à 12h ce jeudi devant la Cour d'appel de Catalogne pour une nouvelle étape de "mobilisation permanente". Les manifestants ont scandé tout au long de la journée, mercredi, des slogans réclamant le droit de "voter" et dénonçant les "forces d'occupation".

Pendant ce temps à Madrid, le Parti socialiste, premier parti d'opposition, a apporté son soutien aux conservateurs au pouvoir pour défendre l'État de droit, tout comme les centristes de Ciudadanos, parti né en Catalogne notamment pour lutter contre les séparatistes. Les formations de gauche radicale Podemos et Izquierda unida ont pour leur part convoqué une manifestation à Madrid au nom de la "fraternité et la cohabitation" avec cette région à la langue et la culture propres de 7,5 millions d'habitants. Le Parti populaire de Mariano Rajoy porte atteinte aux "droits civils des Catalans et de tous les Espagnols", a dénoncé Pablo Echenique, un des dirigeants de Podemos.

Les séparatistes sont-ils majoritaires ?

Les grands quotidiens madrilènes, notamment El Pais et El Mundo, assurent que l'organisation logistique du référendum a essuyé un coup fatal. Et l'incertitude demeure sur "les conséquences politiques et sociales", des événements, comme l'a souligné le quotidien El Mundo. "L'affirmation de l'autorité de l'État sans alternative politique" pourrait avoir des "conséquences catastrophiques", a craint de son côté l'éditorialiste du quotidien catalan La Vanguardia Enric Juliana.

Le président régional catalan Carles Puigdemont a accusé mercredi le gouvernement d'avoir instauré de facto un "état d'urgence" en Catalogne, dénonçant la mise sous tutelle de ses dépenses par l'État. Les séparatistes sont majoritaires au Parlement régional depuis septembre 2015. 

Mais les Catalans sont partagés presque à parts égales sur l'indépendantisme. Celui-ci a gagné du terrain avec la crise économique et l'annulation partielle en 2010 d'un statut d'autonomie qui leur accordait de larges compétences. En revanche, plus de 70% souhaitent pouvoir s'exprimer à travers un référendum en bonne et due forme. Le gouvernement s'y refuse, soulignant que la Constitution ne le permet pas.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Espagne Catalogne Barcelone
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790178412
Référendum en Catalogne : pourquoi le ton monte entre Madrid et Barcelone
Référendum en Catalogne : pourquoi le ton monte entre Madrid et Barcelone
DÉCRYPTAGE - Le gouvernement a entravé la tenue d'un référendum d'autodétermination voulu par les indépendantistes, qui promettent des manifestations à Barcelone.
http://www.rtl.fr/actu/international/referendum-en-catalogne-pourquoi-le-ton-monte-entre-madrid-et-barcelone-7790178412
2017-09-21 11:40:12
http://media.rtl.fr/cache/6RofSd-_wlQk0py0RZnjyw/330v220-2/online/image/2017/0920/7790172213_les-catalans-manifestent-a-barcelone-pour-revendiquer-l-independance-de-leur-region-le-20-septembre-2017.jpg