3 min de lecture Élections iraniennes

Iran : Hassan Rohani réélu dès le premier tour de la présidentielle

Le président modéré sortant, Hassan Rohani, a été réélu pour un second mandat de quatre ans avec plus de 57% des voix lors du premier tour.

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Iran : Hassan Rohani réélu dès le premier tour de la présidentielle Crédit Image : IRANIAN PRESIDENCY / AFP | Crédit Média : Sarah Saïdi | Durée : | Date :
Marie Demeulenaere
et AFP

Les Iraniens ont choisi leur nouveau président. Avec un taux de participation historique, ils ont réélu Hassan Rohani à la tête du pays avec 57% des voix. Son adversaire ultra-conservateur Ebrahim Raissi a quant à lui obtenu 38,3% des voix. 

Cette large victoire devrait permettre à ce religieux modéré de poursuivre sa politique d'ouverture au monde entamée par l'accord nucléaire historique avec les grandes puissances, conclu en juillet 2015 pendant son premier mandat. De nombreux iraniens se sont déplacés pour voter et le taux de participation s'élève à plus de 70% selon les résultats officiels. Vendredi 19 mai, les bureaux de vote sont même restés ouverts six heures de plus que prévu, pour permettre aux nombreux Iraniens présents de pouvoir glisser le bulletin de leur candidat dans l'urne. Même après 18 heures de vote d'affilée, des électeurs attendaient encore leur tour de voter et certains n'ont pas pu le faire. 

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Avant même l'annonce des premiers résultats partiels, des dirigeants conservateurs avaient déjà reconnu la victoire de leur adversaire, tôt dans la matinée de ce samedi 20 mai. "Les premiers décomptes montrent que Rohani est le vainqueur [...] et il faut le féliciter", a écrit sur le réseau social Telegram Alireza Zakani, ancien député conservateur qui avait activement participé à la campagne contre la réélection de Hassan Rohani. Le premier vice-président de Rohani, le réformateur Es-Hagh Jahanguiri, qui s'était retiré de la course présidentielle en appelant à voter Rohani, s'est félicité sur Twitter de "la grande victoire de la nation iranienne". 

Avancée sur la scène internationale

Cette réélection du président, pour ses partisans, est un symbole : "L'accord était déjà une réforme, une grande réforme", s'exclame l'une d'entre eux au micro de Sarah Saïdi, correspondante de RTL à Téhéran. "On disait toujours non, maintenant on dit oui. Le reste du monde a accepté de s'asseoir à la même table que nous. Nous leur disons nous sommes là, nous voulons être avec vous, nous ne voulons plus d'isolement."

 Hassan Rohani, 68 ans, briguait un dernier mandat de quatre ans et affrontait Ebrahim Raissi, religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Élu en 2013, il a consacré la majeure partie de son premier mandat à la négociation d'un accord nucléaire historique avec six grandes puissances, dont les États-Unis, ennemi de l'Iran depuis la révolution islamique de 1979. 

En échange d'une levée partielle des sanctions internationales qui frappaient l'Iran depuis près de 10 ans, Téhéran s'est engagé à limiter son programme nucléaire à des fins strictement civiles. 
Cet accord n'a pas attiré les investissements étrangers espérés et n'a pas eu d'impact direct sur la vie quotidienne des Iraniens qui restent durement frappés par le chômage: 12,5% de la population, 27% des jeunes. 

Mais il a en revanche permis à l'Iran d'entamer son retour sur la scène internationale, une politique d'ouverture qu'entend poursuivre le nouveau président lors de son second mandat. Un pourcentage élevé lui donnerait les coudées plus franches et pourrait même lui permettre d'étendre cette ouverture à la société iranienne où les atteintes aux libertés restent nombreuses. Reste une ombre au tableau, puisque le pouvoir religieux régit toujours en Iran et la plupart des décisions du président iranien doivent recevoir l'aval du guide suprême Ali Khamenei, du puissant pouvoir judiciaire et parfois des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite. 

Reculs des Droits de l'homme

De plus, de nombreux Iraniens restent à ce jour privés de libertés. Parmi les promesses non tenues de Rohani, l'égalité entre les hommes et les femmes figure en haut du tableau. Les tribunaux révolutionnaires, symboles de la justice expéditive, existent toujours. Quant aux Droits de l'Homme, le bilan d'Hassan Rohani sur la peine de mort montre que les libertés d'expression ne pèsent pas très lourd dans la politique "modérée" du président : selon le journal La Croix, 2.800 exécutions capitales ont eu lieu depuis son élection en juin 2013, dont plus de 140 depuis le début de l'année 2017. C'est le pire bilan des vingt dernières années dans le pays du poète Hafez. 

Ses 57 % de voix favorables ne mettent pas Hassan Rohani à l'abri de défis de taille. Pour ne pas décevoir ses électeurs et notamment une partie des réformateurs issus du mouvement vert de 2009, ils devra poursuivre les réformes économiques commencées ces dernières années et étendre les libertés personnelles sans offenser la branche la plus conservatrice du pays. Enfin, il devra également faire face au président américain Donald Trump, pas très enclin à la négociation. 

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Le président modéré sortant, Hassan Rohani, a été réélu pour un second mandat de quatre ans avec plus de 57% des voix lors du premier tour.
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2017-05-20 11:58:00
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