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Ligue Europa : pourquoi Séville réussit si bien en C3

ÉCLAIRAGE - Ce 27 mai, le club andalou est devenu le plus titré de l'histoire de la "petite" Coupe d'Europe, une compétition dans laquelle il excelle depuis 10 ans seulement.

Le buteur colombien Carlos Bacca sous les couleurs du Séville FC
Le buteur colombien Carlos Bacca sous les couleurs du Séville FC
Crédit : FILIPPO MONTEFORTE / AFP
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet

Un quart de finale de Coupe des Clubs champions dans les années 1950, et c'est à peu près tout. En 2005, il ya une décennie, voici à quoi ressemblait l'histoire européenne du FC Séville, équipe historique en Espagne pour avoir été le deuxième club fondé dans le pays dès 1890, mais bien loin de briller sur la scène nationale et encore moins continentale. 

Pourtant, ce 27 mai 2015, le club andalou a décroché sa quatrième Coupe d'Europe en moins de 10 ans et devient ainsi l'équipe la plus titrée en C3, l'ancienne Coupe de l'UEFA rebaptisée il y a quelques années Ligue Europa. Une trajectoire d'autant plus surprenante que Séville n'est jamais parvenu à franchir l'étape supérieure, que ce soit en Ligue des Champions ou en championnat d'Espagne. 

Un gros poisson dans une petite mare

Toujours placé, jamais gagnant, c'est peu ou prou le slogan principal du club. Depuis le début de sa folle décennie européenne, le SFC a toujours figuré parmi les bonnes équipes de Liga, le championnat espagnol, une étape indispensable pour prendre part aux joutes européennes. Mais il n'a terminé que deux fois sur le podium, à chaque fois en troisième position. 

Au contraire d'un Atlético Madrid ou de Valence dans les années 2000, les Sévillans ne parviennent jamais à s'immiscer dans la lutte pour le titre, demeurant juste derrière, au niveau des places européennes, là où se trouvent les grosses rentrées d'argent mais aussi le peu de tranquillité nécessaire pour s'offrir de belles épopées européennes. Car dans de telles eaux, Séville évite -ou rate c'est selon- régulièrement la "grande" coupe d'Europe, la Ligue des Champions, et ses cadors internationaux. 

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À leur place, le club affronte des seconds couteaux du football continental, équipes de milieu de tableau des grands championnats, vainqueurs de Coupe un brin démunis, clubs d'Europe de l'Est peu aguerris et autres petits Poucet venus de contrées exotiques... et fait presque toujours figure de favori dans les confrontation, quand il peinerait à exister face aux géants de la Coupe aux grande oreilles. Depuis 2006 donc, le FC Séville a terminé à 8 reprises entre la troisième et la cinquième place. Une position de choix au moment de séduire des talents venus de l'étranger. 

Jeunes talents et espoirs déchus

Or c'est bien là que réside la deuxième clef des succès sévillans : utiliser ce classement en Liga et la promesse d'une campagne européenne pour séduire ou former des espoirs prometteurs, destinés à réaliser une ou deux grosses saisons avec de partir vers un grand d'Europe, et récupérer à bas prix de forts joueurs à l'image du club, talentueux, mais incapables d'atteindre les sommets du football européen. 

Une recette testée et éprouvée. En 2006 et 2007, lors de ses deux premiers sacres continentaux, le club alignait ainsi un cocktail parfaitement efficace constitué des futures stars du Barça et de Manchester City Daniel Alves et Jesus Navas, des confirmés Julien Escudé et Andres Palop, et des attaquants Frédéric Kanouté, Javier Saviola et Luis Fabiano, tous victimes d'échecs en début de carrière après avoir été annoncés comme d'immenses talents. En clair, Séville sait recruter au bon moment, faire fructifier ses rares investissements sur le marché des transferts et donner un cadre stable à ses joueurs phares pour laisser éclater leurs talents. 

En 2014 par exemple, le même système a fonctionné à la perfection, le milieu Ivan Rakitic incarnant cette star en puissance, aligné aux côtés d'un José Antonio Reyes qui n'a jamais atteint les sommets qui lui avaient été promis, que ce soit au Real Madrid ou à Arsenal. Et cette saison, c'est encore la même rengaine : le buteur Carlos Bacca est voulu par les plus grands après avoir compilé une 47 buts et une quinzaine de passes décisives en deux ans, alors qu'à ses côtés se trouvent les internationaux français Kévin Gameiro et Benopit Trémoulinas, tous deux en quête de rachat, le prometteur latéral Coke ou les méconnus Vitolo et Iborra. 

L'instinct de tueur

Avec de tels effectifs, Séville n'a jamais survolé ses parcours européens, à l'exception peut-être de son premier sacre en 2006. Pourtant, sans être largement au-dessus de ses adversaire, le club sait tirer profit d'un incroyable atout : une faculté à tuer les matches et à réussir des retours improbables. Cette saison par exemple, le club a franchi l'obstacle du Zenit Saint-Pétersbourg grâce à un but à la dernière seconde du Français Kévin Gameiro. 

Une méthode déjà mise à contribution par le passé. En 2007, le club était ainsi passé par une prolongation dès les 16èmes de finale avant l'emporter en finale aux tirs-au-but. Et en 2014, rebelote avec des tirs-au-but contre l'ennemi intime du Bétis en 8èmes de finale puis à nouveau dans le match pour le titre contre le Benfica Lisbonne, une finale à laquelle le club n'avait d'ailleurs accédé que grâce à un but signé Stéphane M'Bia, à la 94e minute de la demi-finale retour

Désormais invaincu dans ces matches décisifs avec quatre victoires en autant de présence en finale, le FC Séville prouve qu'il possède toujours cet instinct qui lui a fait franchir l'obstacle Dnipropetrovsk et poursuivre sa curieuse idylle avec la C3, "l'autre coupe d'Europe" qui lui sied si bien. 

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