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Coupe du monde 2014 : Thomas Müller, l'antistar a son étoile

PORTRAIT - Avec ses statistiques impressionnantes, il s'impose comme le meilleur joueur allemand de ces dernières années. Pourtant, Thomas Müller n'est pas du genre à se faire remarquer.

... avec l'aide de son buteur vedette Thomas Müller
... avec l'aide de son buteur vedette Thomas Müller Crédit : AFP/F.Coffrini
JulienQuelen1989
Julien Quelen
Journaliste RTL

Il n'a pas la position particulière d'un Cristiano Ronaldo s'apprêtant à tirer un de ses fameux coups-franc. Il n'arbore pas non plus les multiples tatouages que l'on voit souvent sur les corps des joueurs et ne fait jamais preuve d'excentricité lorsqu'il fête un but. En réalité, Thomas Müller appartient à ces footballeurs qui se contentent ni plus ni moins de briller sur le terrain pour disparaître une fois en dehors. 

Le quotidien allemand Berliner Zeitung titrait, dimanche 13 juillet au matin, dans une légère euphorie : "Vous avez un Pape. Mais nous avons 11 Dieux", en référence à François, d'origine argentine et aux onze joueurs de la Mannschaft que personne n'hésitera à ériger en divinités si toutefois, au soir de la finale, une quatrième étoile venait orner le maillot national. 

Personne en Allemagne, et surtout pas les 2.000 habitants de Pähl, le petit village bavarois où Thomas Müller a fait ses premiers pas, lancé ses premiers dribbles et donné à ses parents, Klaudia et Gerhard, le bonheur d'une notoriété qui a de beaux jours devant elle. 

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Un jeu à l'image de sa personne

Il y a bien un moyen de reconnaître Thomas Müller sur un terrain. Chaussettes baissées et courts protèges tibias à l'air libre, son look déstructuré en dit peut-être long sur lui. Le tout jeune Thomas, "discret et gentil" selon les dires des habitants de Pähl, n'a pas changé d'un brin. Il est, tout en simplicité, devenu l'un des meilleurs joueurs du monde et possède déjà, à 24 ans, un palmarès long comme le bras. 

Recruté par le Bayern Munich à l'âge de 10 ans, Thomas Müller est l'homme d'un seul club, comme le géant allemand a l'habitude d'en produire. Sa fidélité pour le Bayern, alors que ses courtisans se multiplient un peu plus chaque saison, est encore un trait de sa personnalité qui ne peut que séduire. 

Sans jamais en faire trop, il semble être un homme simple. Passionné de chevaux, on l'imagine volontiers passer son temps libre loin des caméras qu'il fuit professionnellement, bien loin des strass et des paillettes qu'il abandonne naturellement. Même quand il s'agit de faire la fête avec de la bière et des amis à l'issue d'une saison encore riche en titres, Müller se distingue par un naturel parfois risible mais finalement toujours attendrissant. 

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Thomas Müller danse en tenue bavaroise

Thomas Müller n'a aucun style. Il n'est évidemment pas question de le dénigrer. Ces mots, qui seraient durs à l'oreille de beaucoup de ses collègues, sortent de son propre aveu. Comme sur la piste de danse, Thomas Müller se moque de la manière dont les choses sont faites, pourvues qu'elles le soient. 

Qu'est ce que je suis ? Je suis un interprète d'espace

Thomas Müller
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Sans fantaisie dans le crochet, sans grande impulsion au départ des courses et sans la frappe que l'on attribue d'ordinaire aux artilleurs allemands, Müller ne se distingue jamais plus qu'un autre. Pour le comprendre, il faut faire bien plus que le regarder, il faut l'écouter. Sa propre description, sans artifices, colle sur les pensées que son jeu rend si souvent inexprimables. 

"On peut comparer certains dribbleurs, certains attaquants les uns aux autres, mais moi, qu'est ce que je suis ? Quelqu'un qui interprète l'espace. Oui, je suis un interprète d'espace", avait-il ainsi déclaré dans une interview au Süddeutsche Zeitung, en 2010. 

Des statistiques de l'espace

Il n'inscrit pas 30 buts par saison, mais sa régularité frappe l’œil de n'importe quel averti qui y porte attention. Depuis 2009, année à partir de laquelle il commence à jouer en tant que titulaire au Bayern Munich (32 matches par saison en moyenne en Bundesliga), Müller, qui occupe la plupart du temps un poste excentré, a inscrit en moyenne entre 11 et 12 buts dans le championnat allemand. 

Plus important que de simples chiffres, le Bavarois n'est jamais resté muet en Ligue des champions, une compétition qu'il a finalement remportée en 2013 après deux finales perdues. En six éditions disputées, Müller a inscrit 21 buts sur les terrains européens, ce qui, à son poste, peut faire figure de référence absolue. 

À titre de comparaison, Franck Ribéry, que tout le monde adule en Allemagne, a inscrit 18 buts dans sa carrière en Ligue des champions, alors qu'il a disputé deux éditions de plus que son coéquipier. D'ailleurs, faut-il rappeler que nous parlons d'un jeune homme de 24 ans ? 

Irrésistible et indispensable pour l'Allemagne en Coupe du monde

Thomas Müller s'est révélé aux yeux du monde lors de la saison 2009-2010, avec une finale de Ligue des champions et un Soulier d'Or acquis lors de sa première participation à une Coupe du monde. Il y a quatre ans, déjà, Thomas Müller était le meilleur buteur allemand sur la scène internationale. Au Brésil, l'"homme sans muscle", comme l'a affectueusement surnommé Diego Maradona, remet ça avec 5 buts inscrits avant la finale face à l'Argentine. 

Comme le personnage est complexe, ses buts ne sauraient définir seuls son apport dans le jeu de la Mannschaft, rendu indéniable par sa feuille de statistiques. Depuis le début de la compétition, Müller est directement responsable de la moitié des buts de son équipe (5 buts et 3 passes décisives sur un total de 17), 8 tirs cadrés sur 14 tentés, 75% de passes réussies et 15 occasions créées selon les statistiques d'Opta publiées par L'Équipe

En course pour devenir le meilleur buteur de l'histoire du Mondial

Auteur de 10 buts en Coupe du monde, le record détenu par Miroslav Klose n'est déjà plus très loin. S'il reste sur ces bases, l'enfant de Pähl le deviendra indéniablement, lui qui participe à sa deuxième Coupe du monde quand son compatriote a atteint les 16 réalisations en quatre participations. 

Alors qu'il aurait pu ravir son deuxième titre de meilleur buteur de la Coupe du monde consécutif, le jeune homme de 24 ans ne serait de toute façon pas contenter d'une oeuvre autodidacte. Celui qui n'existe qu'avec ses coéquipiers est donc bien plus enthousiasmé par une victoire collective et une quatrième étoile offerte à son pays qui courrait après un nouveau titre de champion du monde depuis... 24 ans. Un signe parmi tant d'autres. 

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2014-07-13 18:39:00
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