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Euro de handball 2016 : pourquoi les Bleus ne gagneront peut-être pas cette fois-ci

DÉCRYPTAGE - Champions en titre de tout (Euro, Mondial, JO), les "Experts" de Claude Onesta ne sont pour une fois pas les immenses favoris en Pologne.

Nikola Karabatic et Michaël Guigou le 7 janvier 2016
Nikola Karabatic et Michaël Guigou le 7 janvier 2016 Crédit : AFP/C.Triballeau
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et AFP

L'équipe de France de handball a pris son envol international avec la 3e place des "Bronzés" aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Trois ans plus tard, les "Barjots" décrochaient le premier titre mondial de l'histoire des sports collectifs français. Leur succédèrent les "Costauds", champions du monde en 2001 et d'Europe en 2006. Depuis 2008, le public Français vit au rythme des "Experts", ces joueurs qui gagnent tout ou presque, ont rendu l'exploit banal, dans le sillage de Nikola Karabatic.

JO 2008 et 2012, Mondiaux 2009, 2011 et 2015, Euro 2010 et 2014 : à chaque fois ce fut une médaille d'or. Autrement dit, seulement deux titres majeurs leur ont échappé sur les neuf derniers : l'Euro 2012 et le Mondial 2013. C'est donc logiquement que le peuple tricolore est en droit d'attendre un nouveau sacre des hommes de Claude Onesta en Pologne, le dimanche 31 janvier prochain. Pourtant, cette 12e édition du championnat d'Europe des nations pourrait en décevoir certains.

1. Pas d'obligation de résultat

Premier élément d'explication : les Bleus n'ont pour une fois pas d'obligation de résultat en vue des prochaines échéances. D'une part, ils sont déjà qualifiés pour les Jeux Olympiques de Rio (5-21 août) en tant que champions du monde 2015 au Qatar (le vainqueur de l'Euro décrochera son billet pour le Brésil). D'autre part, la France organisera le prochain Mondial, en 2017 (11-29 janvier). Là encore, elle n'a donc pas besoin de terminer dans les trois premiers en Pologne.

Corollaire de cette situation, les adversaires des Français, eux, joueront leur avenir sur cette compétition. Parmi eux, l'Espagne, 3e en 2014 et championne du monde 2013, se présente comme un prétendant sérieux au titre. Le Danemark, maltraité par les "Bleus" en match amical (28-36) et en finale en 2014 (32-41 à domicile), vise un troisième trophée après ceux de 2008 et 2012. La Pologne, chez elle, espère rééditer le coup du Mondial 2015 où elle avait terminé troisième. La Croatie et la Hongrie font office d'outsiders.

2. Une hécatombe de blessures

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C'est une situation inédite pour ces "Experts" : blessés, pas moins de six joueurs majeurs ont renoncé à cet Euro, dont les champions du monde William Accambray, Mathieu Grébille, Jérôme Fernandez ou encore Xavier Barachet, touché au genou droit, que le sélectionneur, prudent, a préféré ne pas emmener à Cracovie. Un tiers du groupe va donc disputer sa première compétition internationale. Et quatre d'entre eux n'avaient encore jamais été appelés il y a trois mois. La profondeur de banc, souvent décisive dans les grands compétitions, ne sera, a priori, pas aussi élevée.

Sans la cascade de blessés, les arrières Nedim Remili, 20 ans, et Théo Derot, 23 ans, inconnus avant la préparation, n'auraient pas été conviés au voyage vers Cracovie. Adrien Dipanda, à 27 ans, aurait encore attendu son tour.  Ludovic Fabregas (19 ans), et le benjamin Benoît Kounkoud (18 ans) seraient sans doute repassés par la case "Bleuets". Olivier Nyokas, sélectionné pour la première fois à 29 ans, n'aurait pas pu imiter son frère jumeau Kévynn, champion d'Europe en 2014 (et du monde en 2015), absent sur blessure cette année. 

Nedim Remili, Claude Onesta, son assistant Didier Dinart et Cédric Sorhaindo le 7 janvier 2016
Nedim Remili, Claude Onesta, son assistant Didier Dinart et Cédric Sorhaindo le 7 janvier 2016 Crédit : AFP/C.Triballeau

Certes, la France conserve une équipe-type capable de battre n'importe qui, avec cinq membres déjà présents il y a dix ans en Suisse lors du premier sacre européen : Nikola Karabatic, Thierry Omeyer, Daniel Narcisse, Luc Abalo et Michaël Guigou. Cédric Sorhaindo, Luka Karabatic et Valentin  Porte complètent le tableau. Kentin Mahé a lui pris de l'envergure. Mais Claude Onesta l'a plusieurs fois répété : il sera hors de question de solliciter les cadres à outrance. "Si ça risque de coûter trop cher, peut-être qu'il arrivera un moment où on dira 'on ne joue pas ce risque-là, ou on va le jouer autrement". 

3. Les JO et le Mondial 2017 objectifs prioritaires

Le sélectionneur ne l'a pas caché pas non plus : des trois compétitions qui arrivent, avec les Jeux et le Mondial 2017 en France, cet Euro est le moins important. "Parfois, à vouloir gagner à tout prix demain, c'est s'empêcher de gagner après-demain", a prévenu l'Albigeois de 58 ans. Si les Karabatic, Guigou et Narcisse ont assuré qu'ils étaient des compétiteurs, que leur soif de victoire restait intacte, c'est peut-être surtout une partie du processus de renouvellement de l'équipe de France qui se jouera en Pologne.

"La 'machine' continue de produire des éléments de grande qualité, a expliqué Onesta. Mais la phase de transition était menée de manière raisonnée jusqu'à présent avec beaucoup de tranquillité et de lucidité. Cette année, on est un peu bousculés. On risque d'avoir moins la main sur les événements et sur le temps et d'être moins efficaces". Entre sa première cape et sa première grande compétition, un joueur peut ainsi attendre un, deux, trois, voire plus de quatre ans, comme Kentin Mahé, appelé en octobre 2010 et "incorporé" lors du Mondial 2015 dans un rôle de remplaçant.

4. Seule la Suède a conservé son titre

Enfin, ce n'est que purement statistique, mais jamais les Bleus n'ont réussi à conserver leur trophée continental - ce que seule la Suède, détentrice du record (4 titres), a réalisé, en 2000 en Croatie (nouveau titre en 2002 à domicile). Ils n'ont d'ailleurs non plus jamais remporté l'Euro avant de s'imposer aux JO. Ce fut le cas en 2008, avec une 3e place en Norvège, et en 2012, avec une déroute (11e) en Serbie.
Il faut dire que le championnat d'Europe est sûrement la plus relevée des compétitions, avec les nations phares du jeu, que l'on retrouve aux premières places aux Mondiaux comme aux JO. Le tournoi n'offre aucun match facile, et donc l'obligation de répondre présent d'entrée, sans montée en régime. "Des équipes comme la Macédoine savent pertinemment que si elles veulent faire des exploits, cela doit être lors des deux premiers matches. Elle va jouer le coup à fond", a ainsi prévenu Claude Onesta.

Les 17 Français pour l'Euro

Gardiens : Thierry Omeyer (PSG, 39 ans, 328 sélections), Vincent Gérard (Montpellier, 29 ans, 25 sélections)
Arrières gauche :
Olivier Nyokas (Balingen/GER, 29 ans, 6 sélections), Théo Derot (Nantes, 23 ans, 3 sélections)
Arrières droit : Valentin Porte (Toulouse, 25 ans, 48 sélections), Nedim Remili (Créteil, 20 ans, 3 sélections), Adrien Dipanda (Saint-Raphaël, 27 ans, 7 sélections)
Demi-centres : Nikola Karabatic (PSG, 31 ans, 252 sélections), Daniel Narcisse (PSG, 36 ans, 280 sélections), Kentin Mahé (Flensbourg/GER, 24 ans, 42 sélections)
Ailiers gauche : Michaël Guigou (Montpellier, 33 ans, 218 sélections), Samuel Honrubia (PSG, 29 ans, 79 sélections)
Ailiers droit : Luc Abalo (PSG, 31 ans, 196 sélections), Benoît Kounkoud (PSG, 18 ans, 5 sélections)
Pivots : Cédric Sorhaindo (FC Barcelone/ESP, 31 ans, 150 sélections), Luka Karabatic (PSG, 27 ans, 42 sélections), Ludovic Fabregas (Montpellier, 19 ans, 7 sélections) 

Euro 2016 : résultats et programme

Premier tour :

Groupe A (à Cracovie) :
Vendredi 15 janvier :France - Macédoine : 30-23Pologne - Serbie : 29-28
Dimanche 17 janvier :Serbie - France : 26-36Macédoine - Pologne : 23-24
Mardi 19 janvier :Macédoine - Serbie : 27-27France - Pologne : 25-31
Groupe B (à Katowice) :Vendredi 15 janvier :
Croatie - Bélarus : 27-21Islande - Norvège : 26-25
Dimanche 17 janvier :Bélarus - Islande : 39-38Norvège - Croatie : 34-31
Mardi 19 janvier :Bélarus - Norvège : 27-29Croatie - Islande : 37-28
Groupe C (à Wroclaw) :
Samedi 16 janvier :Espagne - Allemagne : 32-29Suède - Slovénie : 23-21
Lundi 18 janvier :Slovénie - Espagne : 24-24Allemagne - Suède : 27-26
Mercredi 20 janvier :Allemagne - Slovénie : 25-21Espagne - Suède : 24-22
Groupe D (à Gdansk) :
Samedi 16 janvier :Hongrie - Monténégro : 32-27Danemark - Russie : 31-25
Lundi 18 janvier :Russie - Hongrie : 27-26Monténégro - Danemark : 28-30
Mercredi 20 janvier :Russie - Monténégro : 28-21Danemark - Hongrie : 30-22
   
Tour principal :
Les trois premiers des groupes A et B sont reversés dans le groupe 1 à Cracovie et les trois premiers des groupes C et D dans le groupe 2 à Wroclaw. Les points acquis au premier tour contre les autres équipes qualifiées sont conservés.

Groupe 1 (à Cracovie) :
Jeudi 21 janvier : France - Bélarus : 34-23Macédoine - Croatie : 24 -34

Samedi 23 janvier :France - Croatie : 32-24Pologne - Norvège : 28-30
Lundi 25 janvier :Macédoine - Norvège : 31-31Pologne - Bélarus : 32-27
Mercredi 27 janvier :16 h : Macédoine - Biélorussie18h15 : France - Norvège
20h30 : Pologne - Croatie  
   
Groupe 2 (à Wroclaw) :
Vendredi 22 janvier :Allemagne - Hongrie : 29-19
Suède - Russie : 28-28
Dimanche 24 janvier :Allemagne - Russie : 30-29
Espagne - Danemark : 23-27
Mardi 26 janvier :18h15 : Espagne - Hongrie
20h30 : Suède - Danemark
Mercredi 27 janvier :16h : Suède - Hongrie
18h15 : Allemagne - Danemark
20h30 : Espagne - Russie    

Demi-finales le 29 janvier à Cracovie
Finale le 31 janvier à Cracovie

Le podium des dix dernières éditions

2014 (Danemark) : 1. France, 2. Danemark, 3. Espagne
2012 (Serbie) : 1. Danemark, 2. Serbie, 3. Croatie ... 11. France2010 (Autriche) : 1. France, 2. Croatie, 3. Islande2008 (Norvège) : 1. Danemark, 2. Croatie, 3. France2006 (Suisse) : 1. France, 2. Espagne, 3. Danemark2004 (Slovénie) : 1. Allemagne, 2. Slovénie, 3. Danemark ... 6. France2002 (Suède) : 1. Suède, 2. Allemagne, 3. Danemark ... 6. France2000 (Croatie) : 1. Suède, 2. Russie, 3. Espagne ... 4. France1998 (Italie) : 1. Suède, 2. Espagne, 3. Allemagne ... 7. France1996 (Espagne) : 1. Russie, 2. Espagne, 3. Yougoslavie ... 7. France

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