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Cyclisme : l'ancien champion italien Felice Gimondi est décédé

Il est l'un des sept coureurs de l'histoire du cyclisme à avoir gagné les trois grands tours. Au total, il a remporté 135 courses.

L'Italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France en 1965, se protège du soleil, avant le départ d'une étape du Tour de France en juillet 1969
L'Italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France en 1965, se protège du soleil, avant le départ d'une étape du Tour de France en juillet 1969 Crédit : STAFF / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

L'ancien champion italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France 1965, est décédé vendredi 16 août à l'âge de 76 ans d'une crise cardiaque alors qu'il se baignait en Sicile. "Un grand champion qui a rendu notre sport plus humain nous quitte, une grand homme", a salué la fédération italienne de cyclisme.

Gimondi, l'un des sept coureurs de l'histoire du cyclisme à avoir gagné les trois grands tours (Giro, Tour de France, Vuelta), a trouvé la mort alors qu'il se baignait à Giardini Naxos, près de Taormine (Sicile). Le Bergamasque a incarné durant près de cinq décennies le cyclisme italien, champion de classe devenu un responsable écouté et influent.

Vainqueur du Tour de France dès sa première année dans le peloton professionnel en 1965, un an après s'être révélé en gagnant le Tour de l'Avenir, le Bergamasque parvint à se construire un palmarès d'exception malgré la concurrence du champion de référence, le Belge Eddy Merckx, son éternel adversaire.

Quand Gimondi bat Poulidor

Le Tour d'Italie (par trois fois) et le Tour d'Espagne s'ajoutèrent au Tour de France (il est l'un des cinq coureurs de l'histoire à avoir réalisé cet exploit) sur les lignes d'un palmarès riche aussi de "monuments", Milan-Sanremo, Paris-Roubaix et le Tour de Lombardie entre autres grandes classiques.

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Le Tour ? Il le gagna en tant que remplaçant... titularisé par Luciano Pezzi après le forfait d'un coéquipier souffrant d'un genou.

Pour le courir, Felice dut obtenir le feu vert de sa mère Angela, une postière de Sedrina où il était né le 29 septembre 1942 ("C'est elle qui m'a appris à faire du vélo", disait-il), et de son père dirigeant une petite entreprise de transports. Trois semaines (et trois succès d'étape) plus tard, il condamnait Raymond Poulidor à une nouvelle deuxième place, à 2,40 min au classement final.

L'obstacle Merckx

Son sommet ? Gimondi l'atteignit peut-être au Championnat du monde 1973 sur le circuit catalan de Montjuich.

Ce jour-là (2 septembre), l'élégant capitaine de la Squadra réglait au sprint un trio somptueux, dans l'ordre le Belge Freddy Maertens, l'Espagnol Luis Ocana et l'inévitable Merckx, celui-là même qui l'avait devancé deux ans plus tôt pour le maillot arc-en-ciel sur le circuit de Mendrisio (Suisse). 

"L'élégance, je ne l'ai pas cherchée à tout prix mais j'ai essayé de regarder autour de moi pour améliorer mon aspect", expliquait Gimondi, qui fut exposé au début de sa carrière à la concurrence d'un autre grand espoir italien, Gianni Motta, à la trajectoire aussi éblouissante que brève.

Coureur complet, opiniâtre et intelligent, le Bergamasque excella dans la dimension stratégique du cyclisme et ses jeux d'alliance sous les différents maillots de marque qu'il endossa (Salvarani, Bianchi). Au crépuscule de sa carrière, il parvint à gagner une troisième fois le Giro en 1976, neuf ans après son premier succès. Entre-temps, Merckx, sur lequel il buta si souvent, s'était imposé à cinq reprises dans la course-symbole du cyclisme italien.

135 courses remportées

Le vélo raccroché à la fin de la saison 1978, celui qui avait porté deux années durant le maillot de champion d'Italie ouvrit une compagnie d'assurances mais continua à œuvrer dans le cyclisme.

Ambassadeur très respecté de la Bianchi, cet homme au vrai charisme conseilla même un temps Marco Pantani, le premier Italien vainqueur du Tour après lui en 1998. Quand on l'interrogeait, Gimondi, d'une courtoisie sans faille, insistait sur les sacrifices qui font l'austère beauté du métier de coureur cycliste, un sacerdoce pour cet homme aux allures de prélat.

"Je n'ai pas eu de don éclatant, disait-il. Mais avec le travail, en faisant mon métier correctement, avec volonté et application, j'ai réussi. Pourtant, dans les catégories inférieures, je n'étais pas très rapide et j'avais du mal à gicler. Même pro, j'avais un problème dans les changements de rythme. Mon battement de cœur était trop lent." 

Ce qui n'empêcha pas ce champion authentique de gagner un total de 135 courses et de continuer à résider près de Bergame, la ville d'art de l'opulente Lombardie, où il habitait dans un château du XIXe siècle.

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