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Opéra : la chef d'orchestre Laurence Equilbey dirige une nouvelle version d'"Orphée et Eurydice"

REPLAY - Rencontre avec la chef d'orchestre Laurence Equilbey, qui dirige une nouvelle version de l'opéra "Orfeo Ed Euridice", de Gluck. Un album sorti chez Deutsche Grammophon.

La chef d'orchestre laurence Equilbey dirige une nouvelle version de l'"Orphée et Eurydice" de Gluck
La chef d'orchestre laurence Equilbey dirige une nouvelle version de l'"Orphée et Eurydice" de Gluck
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Opéra : la chef d'orchestre Laurence Equilbey dirige une nouvelle version d'"Orphée et Eurydice"
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Charlotte Latour
Charlotte Latour
Animateur

Une nouvelle version de l'opéra Orfeo Ed Euridice (Orphée et Eurydice en français) du compositeur allemand Glück. C'est la chef française Laurence Equilbey qui dirige cette oeuvre, une des plus importantes du XVIIIe siècle, achevée en 1762 et qui symbolise ce moment où l'on quitte le baroque pour aller vers le classique. On passe des airs virtuoses, pleins de vocalises, à une musique plus simple, plus directe.
Cet opéra est une histoire d'amour : Euridice meurt le jour de son mariage avec Orfeo. Orfeo est anéanti, il décide d'aller la rechercher dans les Enfers. Et quand Orfeo est triste, ça donne LE tube de cet opéra Che Faro Senza Euridice, "que ferai-je sans elle". Sauf que cet air, au lieu d'être ravagé de tristesse, est plutôt doux et apaisé.

Mais l'histoire finit bien, Orfeo ira récupérer sa belle. Ce rôle était écrit pour un castrat. Ici, il est interprété par le contre-ténor argentin Franco Fagioli. Le timbre est profond, la voix longue, proche de celle des castrats effectivement. Ce qui fait l'originalité de l'interprétation d'Equilbey, c'est qu'elle est partie de la partition d'origine, celle composée par Glück à Vienne en 1762.

Le contre-ténor argentin Franco Fagioli, ici aux Victoires de la musique classique
Le contre-ténor argentin Franco Fagioli, ici aux Victoires de la musique classique
Crédit : BORIS HORVAT / AFP

"Il écrit une partition très révolutionnaire à l'époque, avec ce librettiste qui s'appelait Calzabigi, qui était un aventurier, un peu à la Casanova, un poète fantastique qui cherchait à s'allier à un compositeur pour donner sa nouvelle version de l'opéra", explique la chef d'orchestre, interrogée par RTL. "Cela donne la première version d'Orfeo à Vienne, une version épurée où le drame est très ramassé."

Je pense qu'on ne peut pas tout embrasser muscialement. Par contre, je joue beaucoup le XVIIIe, et pour cela il faut bien connaître le XVIIe siècle.

Laurence Equilbey

Et notre chef a choisi d'ajouter à cette version de Vienne, des éléments apportés par Glück lui-même lorsqu'il modifia son œuvre à Paris 12 ans plus tard, dont l'air d'arrivée d'Orfeo dans les Champs Elysées, l'endroit des Enfers où allaient les gens vertueux. Cet enregistrement, Laurence Equilbey l'a réalisé avec son chœur Accentus qui a 20 ans déjà, et son orchestre Insula Orchestra. Ensemble, ils savent tout jouer. Tout ou presque. Elle a une théorie là-dessus.

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"Comme interprète je commence à partir de Bach, et jusqu'à aujourd'hui, ce qui fait environ 350 ans, explique Laurence Equilbey. Je pense qu'on ne peut pas tout embrasser. Par contre je joue beaucoup le XVIIIe, et pour cela il faut beaucoup connaître le XVIIe siècle."

La baguette, pas toujours indispensable

Pour diriger ces coups d'archets, il faut l'objet emblématique de tout chef. La baguette. Cela dit, ce n'est pas un indispensable pour elle… "Cela dépend de la période à laquelle l'oeuvre a été écrite, et du son que vous voulez obtenir, car la baguette change beaucoup le son. Jusqu'au début du XVIIIe, moi je préconise de ne pas prendre de baguette, car le langage ne s'y prête pas. mais si vous avez un ensemble assez vaste, la baguette devient utile car elle est un prolongement du bras", explique la chef d'orchestre.
Artistiquement comme techniquement, Laurence Equilbey est toujours en quête de perfection, très portée sur les nouvelles technologies, elle a toujours plusieurs projets à la fois qu'elle mène à bout avec succès. Une femme qui avance et n'a qu'une conviction : il ne faut jamais être sûr de rien. Une chose est sûre : cette version d'Orfeo est très réussie. Vous la trouvez chez Archiv Produktion, un label de Deutsche Grammophon.

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