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"Engrenages", "Borderline", "L'Emprise"... Pourquoi les séries télé françaises cartonnent

REPLAY - À l'heure où Netflix vient de produire sa première série 100% française, retour sur le succès des fictions "made in France".

Cela fait dix ans à peu près que la série française a considérablement évolué.
Cela fait dix ans à peu près que la série française a considérablement évolué.
"Marseille", "Borderline", "L'Emprise"... Pourquoi les séries télé françaises cartonnent
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Laurent Marsick & Loïc Farge

Voilà dix ans à peu près que la série française a considérablement évolué. Pendant des années, la fiction "bien de chez nous" c'était des histoires de familles qui se terminaient bien. C'était un héros positif qui sauvait la société. C'était la vie rêvée, pas la réalité crue. Il faut rendre à Canal+ ce qui est à Canal+ : ce sont eux qui ont ouvert la voie à un nouveau type de séries. Enfin on osait le sombre avec Engrenages, le sulfureux avec Maison close, la violence avec Braquo. Ça a marché et certains ont eu des envies de rupture. TF1, par exemple, avec L'emprise. Le sujet est lourd puisque c'est celui des femmes battues. Ça a marché 8,9 millions de téléspectateurs à la télé, plus de 10 millions en comptant la télé de rattrapage.

Les chaînes sont devenues moins frileuses. Ça a longtemps été un point de friction entre les scénaristes et les décideurs. Résultat, la qualité est là. Mercredi (4 mai) Gérard Depardieu, héros de la série Marseille, s'est confié sur les séries. "Je ne visionne que des séries, je vais très peu ou jamais au cinéma (...) C'est vrai que les séries m'intéressent, et j'en trouve de très très bonnes", a déclaré le comédien. "C'est une fenêtre très intéressante qui est différente du cinéma. Car maintenant le cinéma c'est une économie", a-t-il ajouté.
Il faut dire aussi que l'influence de la série américaine n'y est pas pour rien. Avec, encore une fois, cette vision cru et parfois très violente de la vie. 24 Heures chrono, The Shield et ses flics corrompus, Lost, Les Experts... Les Américains ont contribué à pousser les chaînes française à oser ce qu'elles n'osaient pas. Mais ils ont aussi apporté une autre méthode de travail : pool d'auteurs, show-runner (c'est lui qui donne le "la" sur un tournage). Du coup, ce niveau d'excellence a attiré les gens du cinéma. Sur Marseille, que lance Netflix ce jeudi (5 mai), Florent Siri et Thomas Gilou, deux réalisateurs de renom, ont été engagés pour la série.

Le 52 minutes est désormais la règle

Une dernière chose a changé, et pas des moindres : on s'est adapté au format américain. Le 52 minutes est désormais la règle. Il y a quelques semaines, le CNC publiait son enquête annuelle sur la fiction. En 2015, les fictions de 52 minutes occupent plus de 70% du nombre total de soirées de fiction à la télé, contre une peu plus de 27% pour les fictions de 90 minutes.

Elles s'exportent mieux. Même si nous avons un retard considérable à combler mais, ça commence à frémir dans le bon sens. Selon le CNC, en 2015 les ventes de fictions françaises ont bondi de plus de 49%. Tout se vend : Versailles, Engrenages, Profilages, Les Revenants. Quarante chaînes étrangères ont diffusé cette dernière série, qui a même eu droit à un remake américain. Même Un village français, qui traite pourtant un thème franco-français, a été vendue en Corée du Sud et en Scandinavie.

"French touch"

Longtemps la seule série qui se vendait bien, c'était Sous le soleil, le soap créé en 1996 pour TF1. Un homme connait bien le sujet : c'est le producteur de cette série, c'est aussi lui qui vient de produire Marseille pour Netflix. "La France a une carte extraordinaire à jouer sur le marché mondial de l'exportation. J'ai été longtemps le premier exportateur de séries, je sens aujourd'hui un bouillonnement extraordinaire", explique Pascal Breton. "On est en train de vivre un âge d'or qui est fabuleux. il y a une 'french touch' sur le marché mondial", poursuit-il.

Preuve que la série française a le vent en poupe : la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a annoncé il y a quelques semaines son intention de créer un festival de Cannes des séries télé pour l'an prochain.

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