4 min de lecture Festival de Cannes

Festival de Cannes 2014 : 5 Palmes d'or inoubliables

VIDÉOS - Joie, déception et colère ont rythmé les différentes attributions de la Palme d'or lors du festival. À quelques jours de la 67ème édition, le 14 mai, retour sur les récompenses cannoises les plus marquantes.

Robert De Niro dans "Taxi Driver".
Robert De Niro dans "Taxi Driver".
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

Le festival de Cannes a souvent été synonyme de polémique, scandale et audace. Depuis sa création en 1946, les différents jury ont osé récompenser des films désapprouvés par la critique, l'Église ou l'opinion publique. Ils sont aujourd'hui devenus des classiques du cinéma. 

1 - "La Dolce Vita" de Federico Felini (1960)

Le festival de Cannes prend un risque en récompensant La Douceur de vivre de Federico Felini, tant ce film a fait polémique.

Le réalisateur italien dresse le portait d'une Italie aussi légère que désabusée. Le héros, Marcello Rubini (Marcello Mastroianni), est chroniqueur pour un magazine à sensations. Il se laisse très souvent distraire par les femmes.

La scène d'ouverture montre une statue du Christ, retirée du Vatican, transportée à travers Rome par hélicoptère. La statue a les bras tendus comme si elle bénissait toute la ville. L'Église catholique est persuadée que cette scène est une parodie blasphématoire de l'avènement du Christ. 

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Son sacre à Cannes fait scandale. Le Vatican menace d'excommunier Federico Fellini. Le film est également resté célèbre pour la "scène de la fontaine". 

2 - "Taxi Driver" de Martin Scorsese (1976)

Taxi Driver est considéré comme le premier film montrant les conséquences psychologiques de la guerre du Vietnam. Travis Bickle (joué par Robert de Niro) incarne un vétéran, devenu chauffeur de taxi à New York. Il sombre peu à peu dans la folie. Le film a été pointé du doigt pour sa violence.

Succès commercial et critique (nommé quatre fois aux Oscar en plus de la Palme d'or), Taxi Driver inscrit Martin Scorsese et Robert De Niro parmi les grands noms d'Hollywood.

Le drame révèle également la jeune Jodie Foster (14 ans) au grand public. Une réplique, improvisée par De Niro, est restée dans les annales du cinéma : "You talkin' to me? (C'est à moi que tu parles ? )"

3 - "Sous le soleil de Satan" de Maurice Pialat (1987)

C'est l'une des Palmes d'or les plus polémiques de l'histoire du festival. Cette année-là, l'événement cannois compte des futurs classiques du cinéma parmi sa sélection, dont Les Ailes du désir de Wim Wenders.

Ce dernier est donné favori, tandis que le drame de Maurice Pialat avec Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire est descendu en flèche par la critique.

L'histoire est celle débridée de Mouchette, une jeune fille de 16 ans, incarnation du péché. Le curé de la paroisse échoue à la remettre dans le droit chemin. Contre toute attente, le jury de Yves Montant attribue la récompense suprême à Pialat, à l'unanimité.

Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus

Maurice Pialat
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Le réalisateur français récupère son prix sous les sifflets de l'audience. Son discours, déclaré poing levé à l'adresse des journalistes, est inoubliable. "Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus".

4 - "Pulp Fiction" de Quentin Tarantino (1994)

Le sacre de Pulp Fiction à Cannes marque la reconnaissance d'un nouveau genre de cinéma, incarné par Quentin Tarantino

Le style décousu de Pulp Fiction, mélange de violence, d'humour et de références à la culture populaire, s'impose, même si la plupart des festivaliers penchent plutôt pour des films plus conventionnels en compétition.

Le jury de Clint Eastwood se démarque en choisissant l'anti-conformisme de Tarantino. Le réalisateur américain se fait huer par quelques journalistes au moment de recevoir sa palme. Il répond à ces provocations par un doigt d'honneur.

5 - "La Vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche (2013)

À la demande du président du jury, Steven Spielberg, la Palme d'or revient pour la première fois à un réalisateur et à ses actrices.

Le cinéaste franco-tunisien Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sont donc tous les trois récompensés pour La Vie d'Adèle

Durant le festival, le film fait polémique. En pleine législation de l'union homosexuelle, les opposants au "mariage pour tous" dénoncent cette Palme d'or. "On est envahis de gays", dira même Christine Boutin (parti chrétien-démocrate) en réaction au film.

Autre scandale à avoir touché le film en plein festival, celui des conditions de tournage. Le Syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma (Spiac-CGT) dénonce dans un communiqué un "climat lourd" et "des comportements proches du harcèlement moral"

Julie Maroh, l'auteure de la bande-dessinée qui a inspiré La Vie d'Adèle, s'est, quant à elle, déclarée déçue par la version de Kechiche.

Elle reproche au réalisateur ses scènes de sexe lesbien maladroites. Elle dénonce également le comportement du cinéaste, qui ne lui aurait plus adressé la parole une fois les droits de la bande-dessinée cédés. 

La Palme d'or 2014 sera-t-elle aussi polémique ? Réponse le 24 mai, lors de la clôture du festival de Cannes. 

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